Scardon

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le Scardon
Illustration
Le Scardon au nord-ouest du bassin de la Somme
icône image Image externe
selon l'AMEVA - syndicat mixte d'aménagement et de valorisation du bassin de la Somme & EPTB
Le Scardon dans le bassin de la Somme
Caractéristiques
Longueur 12 km [1]
Bassin 206 km2
Bassin collecteur la Somme
Débit moyen 1,4 m3/s (Abbeville)
Nombre de Strahler 2
Régime pluvial océanique
Cours
Source dans la vallée de Neuville
· Localisation Saint-Riquier
· Altitude 30 m
· Coordonnées 50° 08′ 13″ N, 1° 57′ 40″ E
Confluence la Somme
· Localisation Abbeville
· Altitude 12 m
· Coordonnées 50° 06′ 46″ N, 1° 49′ 21″ E
Géographie
Principaux affluents
· Rive gauche -néant-
· Rive droite Drucat et Novion
Pays traversés Drapeau de la France France
Département Somme
Arrondissement Abbeville
Cantons Ailly-le-Haut-Clocher, Nouvion, Abbeville-Nord
Régions traversées Hauts-de-France
Principales localités Abbeville

Sources : SANDRE:« E6480600 », Géoportail

Le Scardon, rivière de Hauts-de-France, dans le département de la Somme, est un affluent de la Somme en rive droite. Bien que d'une faible longueur, son cours, d'une remarquable stabilité dans le temps, présente un grand intérêt par les découvertes préhistoriques de Caours et le riche patrimoine de la ville de Saint-Riquier.

Géographie[modifier | modifier le code]

La Novion dans le parc de la Bouvaque.
La Novion dans le parc de la Bouvaque.
Viaduc du Scardon, près d'Abbeville, sur l'A16
Viaduc du Scardon, près d'Abbeville, sur l'A16, pont poussé de 1997.

Le Scardon prend sa source à Drugy, hameau de Saint-Riquier[note 1],[2].

Il s'écoule donc de Saint-Riquier à Abbeville à travers le Ponthieu.

Son cours se limite à 12,4 kilomètres[1], mais sa vallée, orientée nord-est / sud-ouest, se poursuit en amont, sans écoulement apparent, sur une dizaine de kilomètres.

Communes et cantons traversés[modifier | modifier le code]

Dans le seul département de la Somme, le Scardon traverse six communes[1] et trois cantons. Dans le sens amont vers aval, la rivière déroule son cours sur le territoire de Saint-Riquier (source), Millencourt-en-Ponthieu, Neufmoulin, Caours, Drucat et Abbeville.

Soit en termes de cantons, la rivière prend sa source dans le canton d'Ailly-le-Haut-Clocher, traverse le canton de Nouvion et conflue sur le canton d'Abbeville-Nord, le tout dans l'arrondissement d'Abbeville.

Toponymes[modifier | modifier le code]

La Drucat a donné son hydronyme à la commune de Drucat.

Bassin versant[modifier | modifier le code]

Grâce à ces affluents, le bassin versant du Scardon s'étend sur 206 km2 et procure à la rivière un débit de 1,4 m3/s à l'exutoire[3] dans le cadre d'un régime pluvial océanique. Ce dernier est marqué par une grande régularité en raison de la présence d'un puissant aquifère alimentant les différents cours d'eau de la région comme l'Authie, plus au nord.

Organisme gestionnaire[modifier | modifier le code]

Affluents[modifier | modifier le code]

La rivière reçoit deux petits affluents[1] à Abbeville, tous les deux en rive droite :

Rang de Strahler[modifier | modifier le code]

Donc son rang de Strahler est de deux.

Hydrologie[modifier | modifier le code]

Le Scardon dispose d'une station analysant la qualité des eaux de surface à Abbeville[1].

Aménagements et écologie[modifier | modifier le code]

La vallée du Scardon peut atteindre 700 mètres dans sa plus grande largeur (ce qui peut paraître étonnant pour un cours d'eau de cette taille). Elle est franchie par l'imposant viaduc de l'autoroute A16, construit selon la technique du béton précontraint en 1997 et long de 1 022 mètres[7].

Histoire[modifier | modifier le code]

La façade de l'église abbatiale de Saint-Riquier.
La façade de l'église abbatiale de Saint-Riquier.

Dans une région riche en vestiges préhistoriques, une découverte récente, réalisée à Caours dans la vallée du Scardon, pourrait permettre de mieux comprendre le destin de l'homme de Néandertal ou d'épaissir encore le mystère de sa disparition. La présence d'un site néandertalien de découpe d'animaux lors de la période de l'Eémien (130 000 à 115 000 ans avant notre ère) prouve, d'après les spécialistes, que Néandertal s'était parfaitement adapté au climat tempéré qui affectait la contrée à cette époque[8]. Cela remet donc en cause la théorie selon laquelle la disparition de ce formidable chasseur aurait été directement liée à son impossibilité à supporter les changements climatiques brutaux qui régnaient alors (alternance de périodes glaciaires et de périodes de réchauffement)[8].

Dans la partie supérieure de son cours, le Scardon traverse la commune de Saint-Riquier qui peut s'enorgueillir d'une riche histoire. Pagus gallo-romain, connu sous le nom de Centula, probablement capitale de la tribu des Oromensacii, la ville prit son nom actuel après la fondation au VIIe siècle d'une abbaye dédiée à Ricarius, riche personnage devenu ermite qui évangélisa une partie des populations encore païennes du nord de la France sous le règne de Dagobert Ier, roi des Francs de 629 à 639[9]. L'établissement religieux connut sa plus brillante période sous la direction de l'abbé Angilbert, conseiller de Charlemagne, qui en fit un des grands centres d'études de la chrétienté. Malgré sa destruction par les Normands en 881, le rayonnement de l'abbaye persista jusqu'au début du XIIe siècle lorsque cette dernière fut incendiée, en 1131, par un seigneur local, le comte de Saint-Pol, Hugues III de Campdavaine[10]. De nouveaux saccages, au XVe siècle et au XVIe siècle, la ruinèrent définitivement[10]. L'église abbatiale, avec sa façade exubérante dominée par une haute tour carrée, demeure un des plus beaux édifices religieux de Picardie.

Saint-Riquier fut également une des premières communes de France car, dès 1126, Louis VI le Gros accorda à la cité une charte d'indépendance[10]. Cette longue et brillante continuité historique lui a légué, en plus de l'église abbatiale, un patrimoine architectural exceptionnel pour une ville de cette taille : beffroi, ruines du château de Drugy, hôtels particuliers du XVIIe siècle et XVIIIe siècle, hospice du XVIIIe siècle, curieuse maison d'habitation d'un grognard de la Grande armée dont la façade a adopté la forme d'un bicorne napoléonien[10].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les trois sources du Scardon à Drugy sont dénommées les « Trois Pleureuses ». Selon la légende, les trois veuves de chevaliers tombés à la bataille de Crécy venaient pleurer leurs maris à cet endroit. Une source en serait née et trois arbres alimentés par leurs larmes y auraient pris racine.
  2. rd pour rive droite et rg pour rive gauche

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d et e Sandre, « Fiche cours d'eau - Scardon (E6480600) » (consulté le 24 mars 2013)
  2. Renée Gence, Jacques Dulphy, Jean-Luc Vigneux, Tchot Batisse du Pontiu, Ch'Lanchron 2017, Abbeville, imp. Leclerc, (ISSN 0247-2503).
  3. Rapport du projet de plan de prévention des risques d’inondations de la vallée de la Somme et de ses affluents, préfecture de la Somme Lire en ligne.
  4. Sandre, « Fiche cours d'eau - Drucat (E6480650) » (consulté le 24 mars 2013)
  5. Sandre, « Fiche cours d'eau - Novion (E6480660) » (consulté le 24 mars 2013)
  6. office de tourisme d'Abbeville, « le parc de la Bouvaque » (consulté le 23 octobre 2010)
  7. Le viaduc du Scardon sur Structurae.
  8. a et b Quand Néandertal s'invite à l'Eémien : découverte d'un site primordial, article de l'INRAP sur futura-sciences.com Lire en ligne.
  9. Guide bleu de Picardie, Hachette, Ed. 2003, p.131.
  10. a b c et d L'histoire de la ville et de l'abbaye, description détaillée de l'église abbatiale sur le site du Ministère de la culture.
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