Saintes (Belgique)

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Saintes
L’église Sainte-Renelde
L’église Sainte-Renelde
Administration
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région wallonne Région wallonne
Communauté Drapeau de la Communauté française de Belgique Communauté française
Province Drapeau de la province du Brabant wallon Province du Brabant wallon
Arrondissement Nivelles
Commune Tubize
Code postal 1480
Zone téléphonique 02
Démographie
Gentilé Saintois(e)
Géographie
Coordonnées 50° 42,25′ nord, 4° 09,61′ est
Superficie 1 593 ha = 15,93 km2 [1]
Localisation

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Saintes (Sint-Renelde en néerlandais, Sinternele en wallon) est un village de la commune de Tubize, à l'extrémité ouest du Brabant wallon (Région wallonne de Belgique). C'était une commune à part entière avant la fusion des communes de 1977.

En 1977, lors de la réforme, la majeure partie de son territoire fut regroupée avec Tubize. Une petite portion — dont le hameau de Wisbecq — fut rattachée à la nouvelle entité de Rebecq, permettant ainsi de relier Bierghes, Rebecq-Rognon et Quenast.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le village de Saintes faisait autrefois partie du comté de Hainaut. Il dépendait alors de la châtellenie de Braine-le-Comte. Après la Révolution française, il passa dans le Département de la Dyle, puis dans la Province de Brabant (arrondissement de Bruxelles jusqu'en 1963, de Nivelles dès cette date).

Des traces d'occupation aux époques préhistorique et gallo-romaine ont été mises au jour sur le territoire de Saintes. La tradition lie le village à la figure de Renelde, sainte locale ayant vécu au VIIe siècle. Ce serait elle qui aurait fait don à l'abbaye de Lobbes du domaine mérovingien qu'elle possédait à Saintes. L'abbaye de Lobbes possédait effectivement le village au IXe siècle et y exploitait un vaste domaine, décrit dans le célèbre polyptyque de l'abbaye (868-869). À l'époque féodale, les avoués de Saintes usurpèrent progressivement droits et biens de l'abbaye de Lobbes. Ni le règlement d'avouerie de 1173, ni l'accord de 1465 avec l'abbaye ne les empêchèrent de devenir les véritables seigneurs de la localité. L'abbaye conserva toutefois une très importante seigneurie foncière sur environ deux tiers du territoire. La cense du Laubecq ou ferme de sainte Renelde en était le centre. Une autre abbaye, celle de Ninove, y possédait également un domaine d'une certaine importance, la seigneurie d'Herbecq. Enfin, il existait aussi des seigneuries laïques, Mussain, Pont-à-Wisbecq, et Ramelot.

La fontaine Sainte-Renelde (1861).

Jusqu'à ce qu'il s'y construise un château (2e moitié du XVIIe siècle), le seigneur de Saintes exerçait la justice dans la grande salle du corps de logis de la cense du Laubecq, lors des trois plaids généraux annuels. Il possédait également un moulin à vent (aujourd'hui disparu), dont l'existence est attestée au XIVe siècle et qu'il ne faut pas confondre avec le moulin de Saintes actuel, construit en 1775. Le village de Saintes resta essentiellement rural jusque dans la seconde moitié du XXe siècle. Ensuite, il se mua progressivement en village-dortoir, se couvrant de lotissements où se sont installés en majorité des naveteurs travaillant à Bruxelles. Jusqu'à nos jour, le cœur de village bat au rythme de la plus ancienne de ses traditions, le 'Tour Sainte-Renelde', le dimanche de la Trinité. Cette procession à cheval, inchangée depuis l'époque médiévale, accompagne le char de procession et les reliques de sainte Renelde au cours d'un périple de près de 30 km dans les campagnes environnantes. Saintes a toujours été un lieu de pèlerinage important. On y vient encore de nos jours pour y puiser de l'eau au puits Sainte-Renelde, réputé miraculeux, en particulier pour les maladies de la peau et des yeux[2].

Patrimoine et Tourisme[modifier | modifier le code]

Saintes était autrefois cité comme l'un des plus beaux villages de Belgique. Si son caractère rural tend aujourd'hui de plus en plus à disparaître, il n'en demeure pas moins un joli village aux confins des pays brabançons et hennuyers. Plusieurs de ses monuments sont classés : la tour de l'église Sainte-Renelde (1553), l'Arbre de la Liberté (1830) sur la place du village, le char de procession de sainte Renelde (1773), le Puits miraculeux Sainte-Renelde (XVIe siècle - 1861) et le moulin à vent de Saintes ou d'Hondzocht (1775). Du point de vue touristique, le village de Saintes est compris dans l'aire géographique couverte par la Maison du Tourisme du Roman Païs (Nivelles). L'Office du tourisme et du Patrimoine local est celui de Tubize, logé dans les bâtiments du Musée "de la Porte".

L'église Sainte-Renelde[modifier | modifier le code]

Au centre de la jolie place du village se dresse l'église Sainte-Renelde, remarquable édifice gothique hennuyer du milieu du XVIe siècle. Sa tour massive a été érigée dès 1553, comme l'atteste le millésime inscrit sur la clé de voûte. Une partie des murailles de l'église est plus ancienne, notamment celles du chœur, qui remontent à l'époque romane. La riche chapelle Sainte-Renelde, ajoutée au XVIIe siècle sur le flanc sud du chœur, conserve la châsse avec les reliques de Sainte-Renelde. L'intérieur du chœur a été entièrement rénové dans la seconde moitié du XVIIIe siècle et la sacristie date de cette époque. L'église de Saintes, centre d'un pèlerinage encore fréquenté, recèle un très riche mobilier, souvent en relation avec le culte de la patronne locale. On épinglera, dans la chapelle Sainte-Renelde, outre la châsse (1811) dont les statuettes en argent repoussé remontent au milieu du XIVe siècle, un retable (malheureusement mutilé par un vol) de la fin du XVe ou du début du XVIe siècle, attribuable aux ateliers Borman de Bruxelles. Pièce rarissime, le tableau généalogique de Sainte-Renelde (1569) attirera certainement l'attention. La porte d'entrée de la chapelle est surmontée d'une magnifique statue de Sainte-Renelde, datée des environs de 1500 et ayant la même origine que le retable. Un intéressant triptyque représentant une descente de croix, de 1600, vient d'être restauré et a été judicieusement installé dans le bras du transept nord de l'église, face à l'autel de la Vierge. Enfin, terminons avec le char de procession de Sainte-Renelde, remisé au fond de l'église, qui chaque année à la Trinité promène la châsse lors du Grand Tour.

La place du village et l'Arbre de la Liberté[modifier | modifier le code]

Sur la place, l'Arbre de la Liberté, un platane planté en 1830 par les volontaires Saintois qui participèrent à la révolution belge, commémore l'indépendance de notre pays. En 1830, un groupe de patriotes Saintois, emmené dit-on par Jean-Baptiste Fontaine, participa aux combats qui chassèrent les Hollandais du pays. À leur retour au village, ces valeureux Saintois décidèrent de commémorer ces événements et plantèrent un platane sur la place du village. Cet arbre majestueux est aujourd’hui connu sous le vocable d’ « Arbre de la Liberté ». La petite histoire raconte qu’au cours de la nuit suivant sa plantation, un orangiste (partisan des Hollandais) aurait coupé la cime de l’arbre, ce qui ne l’empêcha cependant pas de se développer et de déployer ses frondaisons. En récompense des bons et loyaux services des patriotes Saintois, en 1831, le gouvernement belge offrit à la Commune de Saintes un drapeau commémoratif qui existe toujours. Restauré par le Musée de Tubize, il orne aujourd’hui un mur de la salle des mariages de la Maison communale. La place du village est, par la suite, devenu un parking asphalté, hypothéquant ainsi les chances de survie de cet arbre remarquable. Récemment, un aménagement particulier lui a rendu espoir alors qu’il commençait à dépérir. Espérons qu’il pourra ainsi poursuivre encore longtemps sa vie symbolique. Le caractère tout à fait remarquable de cet arbre lui a valu d’être classé comme Monument historique dès 1940.

Le Puits Sainte-Renelde[modifier | modifier le code]

Le puits Sainte-Renelde, encadré par les fermes de Fournehaut et de Sainte-Renelde ou du Laubecq, qui était à l'origine une fontaine, est l'objet d'un pèlerinage thérapeutique encore fort couru de nos jours. Il est coiffé d'une imposante structure en fonte datant du milieu du XIXe siècle, surmonté par la statue de Sainte-Renelde. Des fouilles archéologiques, pratiquées en 2000, ont permis d'établir qu'il n'est probablement pas antérieur au XVIe siècle, mais qu'une fontaine plus ancienne devait avoir existé à quelques mètres de là. Ces structures, repérées par sondage, n'ont pas encore été fouillées. Restauré dans le cadre des fouilles, le puits est aujourd'hui illuminé la nuit.

Les châteaux[modifier | modifier le code]

Le village de Saintes comptait jadis plusieurs châteaux. Les deux plus anciens, d’origines médiévales, étaient ceux de Mussain et de Pont-à-Wisbecq. Ce dernier château existe encore aujourd’hui. Il est au centre du hameau de Wisbecq, jadis dépendance du village de Saintes, rattaché depuis la fusion des communes à Rebecq. Il faut encore mentionner le château de Saintes, édifice résidentiel communément appelé le château de Poederlé. Les documents anciens qualifient parfois de château le logis seigneurial de la cense de Ramelot. Enfin, les avoués de Saintes ont probablement possédé au XIIe siècle une demeure qu’ils fortifièrent et dont il ne reste aujourd’hui plus aucune trace.

La demeure fortifiée des avoués de Saintes[modifier | modifier le code]

Les avoués de Saintes, premiers seigneurs de la localité, déjà mentionnés dès la fin du XIe siècle, avaient reçu en bénéfice de l'abbaye de Lobbes une fraction de l'antique domaine de Saintes où ils avaient établi leur habitat. Selon toute vraisemblance, cet habitat est à situer à proximité immédiate de l'actuelle ferme de Froyes. Dans la seconde moitié du XIIe siècle, l'avoué Gillard de Saintes se vit imposer un règlement d'avouerie par l'abbaye de Lobbes, aidée par le comte de Hainaut qui entendait certainement affirmer par ce biais son autorité sur Saintes et ses environs. L'avoué de Saintes se voyait interdire toute fortification de sa demeure, établie au sein du domaine lobbain de Saintes. À bien lire le texte de ce règlement d'avouerie de 1173[3], il semblerait que celle-ci était déjà entourée d'un fossé rempli d'eau qui devait normalement disparaître selon les termes de l'accord. Les premiers seigneurs de Saintes disposaient donc au sein même du domaine saintois d'une maison fortifiée, sans doute un simple site fossoyé entouré d'eau et d'une palissade, première étape vers un château d'importance plus grande. Si, au niveau de la limitation des droits seigneuriaux de l'avoué, l'efficacité de ce règlement d'avouerie a été toute relative, il semble qu'en ce qui concerne l'évolution de l'habitat des seigneurs locaux, il fut plus efficace. L'embryon de fortification ne s'est pas développé par la suite et ne fut pas à l'origine d'un château, comme ce fut le cas à Mussain et à Pont-à-Wisbecq.

Ramelot, simple logis seigneurial ou véritable château ?[modifier | modifier le code]

La ferme de Ramelot était au centre d'une modeste seigneurie relevant de la Neuve Rue à Nivelles. Les seigneurs de Ramelot y construisirent un logis que l'on peut sans doute qualifier de maison-forte. La vue des Albums de Croy pour Saintes (vers 1600) présente, quelque peu à l'Est du village un ensemble composé de bâtiments d'exploitation en matériaux périssables, d'une construction en moellons qui semble être une ancienne tour ronde, et d'un édifice carré ou rectangulaire à plusieurs niveaux (tour ?) plus récent en briques. Les cartes du XVIIIe siècle (Naudin, Villaret, chevalier de Beaurain, Ferraris) indiquent toutes un logis seigneurial entouré de fossés remplis d'eau et citent parfois cet ensemble comme le "château de Ramelot". L'expression est certainement exagérée et indiquait simplement qu'il s'agissait d'un logis seigneurial. L'édifice en briques est vraisemblablement le noyau du corps de logis remanié et agrandi dans le courant du XVIIIe siècle, dont les dernières traces étaient encore visibles avant la rénovation récente de la ferme. On peut donc imaginer que le site de Ramelot était occupé par une tour de chevaliers, un de ces "donjons" qu'affectionnait particulièrement la petite noblesse de nos campagnes. Cette tour de pierre existait toujours mais était déjà abandonnée vers 1600. Une demeure plus confortable en briques, encore proche typologiquement de la tour, avait remplacé l'antique donjon. Cette nouvelles demeure était néanmoins encore entourée d'eau, ce qui lui donnait des allures de maison-forte. Au XVIIIe siècle, lorsque les bâtiments d'exploitation en matériaux périssables furent remplacés par des dépendances agricoles en briques, le logis du XVIe siècle fut intégré dans un logis plus vaste et les fossés comblés.

Le château de Mussain et son parc[modifier | modifier le code]

En descendant la rue de la Station, on aperçoit, de l’autre côté du chemin de fer, le parc du château de Mussain. Un château médiéval occupa il y a bien longtemps le site. Il fut remplacé au XVIIIe siècle par un château résidentiel démoli à son tour après la Seconde Guerre mondiale. Les bâtiments de la ferme castrale subsistent et ont été transformés en habitation cossue.

À l'origine du château, on trouve une motte entourée d'eau. À la fin du XIIe siècle, un lignage de chevaliers - les Mussain - est solidement installé dans le nord du village de Saintes, sur l'un de ses alleux. Il y a établi une motte entourée d'eau, encore mentionnée dans un dénombrement de fief de 1506. Selon toute vraisemblance, une basse-cour, peut-être également entourée de fossés ou de palissandes, complète le dispositif. La vue de Mussain, dans les Albums de Croÿ (vers 1600), présente encore un habitat seigneurial fortifié d'allure ancienne, dont la tour occupant une des extrémités de l'édifice présente toutes les caractéristiques des tours seigneuriales du XIIIe ou du XIVe siècle. Le château médiéval fut vraisemblablement abandonné assez tard, dans le courant du XVIIIe siècle. En tous cas, le vieux château ne fut rasé qu'après 1745-1748 car il apparaît encore sur la carte de Villaret (levés gravés par le chevalier de Beaurain), et avant 1771-1778 car c'est déjà le château résidentiel néoclassique qui est figuré sur la carte de Ferraris. Cet édifice du XVIIIe siècle, connus par diverses cartes postales, n'existe plus de nos jours. Il a été à son tour rasé après la Seconde Guerre mondiale[4].

Le château de Saintes, dit de Poederlé[modifier | modifier le code]

Les seigneurs de Saintes, étrangers au village depuis le XIVe siècle, n'y élevèrent pas de château avant la seconde moitié du XVIIe siècle. C'est Hélène-Robertine van Maele dite de Malinez, dame de Saintes, qui racheta des terres proches de l'église du village pour y construire un château de plaisance et une ferme attenante. Un plan de ce premier château, daté de 1662, a heureusement été conservé. Ce premier édifice fut vraisemblablement remplacé par le noyau du château actuel au XVIIIe siècle par les Olmen de Poederlé, devenus seigneurs de Saintes. Le bâtiment a encore été modifié, apparemment après 1920, pour lui donner un peu plus d'allure. Situé au centre d'un parc arboré, le château actuel est une gentilhommière de style néoclassique. Le dernier seigneur de Saintes, Eugène d'Olmen de Poederlé, botaniste de réputation européenne à son époque, acclimata dans le parc de son château de Saintes de nombreuses espèces d'arbres inconnues jusque là dans notre pays. Il y pratiqua aussi les plus anciennes mesures météorologiques du pays. Le château et son parc doivent le nom qu'ils portent (château de Poederlé) à ce dernier seigneur de la localité.

Le moulin à vent[modifier | modifier le code]

Le long de la chaussée, sur la gauche en allant d’Enghien vers Halle, le moulin à vent de Saintes ou moulin d’Hondzocht, se dresse toujours fièrement. Contrairement à ce qui a parfois été affirmé, il ne remonte pas au-delà de 1775, date de sa construction. Il s’agit néanmoins d’un remarquable exemple de moulin en brique sur tertre avec calotte tournante. Son mécanisme d’origine est intégralement conservé. Il fera prochainement l’objet d’une restauration complète qui lui permettra de tourner et de moudre à nouveau et d’accueillir les collections rurales du musée communal de Tubize. Une très bonne brasserie typiquement Belge partage d'ailleurs le très grand parking du moulin, un bonne raison de plus pour s'y rendre dès aujourd'hui

Les fermes anciennes[modifier | modifier le code]

Le village de Saintes est resté essentiellement agricole jusque dans la seconde moitié du XXe siècle. Cela explique le nombre important de ferme qu'on y retrouve encore en activité ou dont les bâtiments ont été maintenus[5].

La ferme du Laubecq ou de sainte Renelde[modifier | modifier le code]

Saintes ressortissait jadis au comté de Hainaut. Plusieurs seigneuries se partageaient alors le terroir. La principale seigneurie foncière appartenait à l'abbaye Saint-Pierre de Lobbes. Elle s'étendait sur environ 3/5e du terroir saintois. La ferme du Laubecq, également appelée ferme de sainte Renelde en était le centre. De nos jours, elle dresse encore sa silhouette élancée au milieu des prairies et des champs, à proximité immédiate du puits miraculeux Sainte-Renelde. Avant qu'il ne construise un château dans la localité (2e moitié du XVIIe siècle), le seigneur de Saintes ou son bailli y rendait la justice trois fois par an, lors des plaids généraux. C'était également dans cette ferme que les redevances seigneuriales dues à l'abbaye étaient acquittées. Cette imposante ferme clôturée, la plus ancienne de l'entité, groupe autour d'une cour rectangulaire pavée des bâtiments en briques, arkose et calcaire, couverts de bâtières de tuiles. Les parties les plus anciennes remontent au XVIe siècle, le reste a été profondément remanié au cours des siècles suivants. La grange en long construite en moellons d'arkose date du XVIe siècle. Elle a été en partie restaurée en brique en 1743. Le corps de logis se présente en trois parties bien distinctes. Les soubassements en moellons d'arkose remontent au XVIe siècle. Ils sont exhaussés de briques dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. La partie centrale du logis (XVIe-XVIIe siècles) a été fortement remaniée au XIXe siècle. elle comporte deux niveaux dont le profil est caractéristique des corps de logis de fermes seigneuriales des XVIe et XVIIe siècles. Ils se posent en effet avec une verticalité accrue par rapport aux autres composantes qui s'en tiennent à la dominante horizontale. Ils renvoient ainsi sensiblement aux donjons du Moyen Age. La fonction symbolique est ici évidente. Il est fort probable que c'est dans cette "tour" que le seigneur de Saintes, l'abbé de Lobbes ou bien leurs représentants logeaient lors de leurs visites dans la localité, tandis que le censier s'accommodait de la partie basse directement voisine.

La Basse-Cour du Château de Saintes[modifier | modifier le code]

Les seigneurs haut-justiciers de Saintes possédaient une grosse exploitation agricole dans la localité jusqu'au XIVe siècle (la ferme de Froyes). Par la suite, la seigneurie passa aux mains de seigneurs qui ne résidaient plus à Saintes. Leur domaine foncier fut transformé en tenures qui furent cédées en mainferme à des paysans moyennant redevances seigneuriales. Il fallut attendre le XVIIe siècle pour que Héléne-Robertine van Male dite Malinez, dame de Saintes, ne décide de construire un château à Saintes (à l'emplacement de l'actuel château dit de Poederlé). Elle construisit également une Basse-cour à proximité immédiate de son château. Cette ferme existe toujours, mais son état actuel est bien postérieur et n'offre qu'un modeste intérêt architectural. Les seigneurs de Saintes possédaient également une autre petite ferme, la ferme du Tiembecq, aujourd'hui disparue.

La Basse-Cour de Mussain[modifier | modifier le code]

La seigneurie de Mussain, située dans la partie nord de la paroisse, comptait également un château et une Basse-cour. Le château, autrefois situé au milieu d'un vaste parc, a aujourd'hui disparu, mais la ferme datant du XVIIIe siècle, malgré de profonds remaniement aux XIXe et XXe siècles, existe toujours. Certaines dépendances ont en effet été transformées en une confortable habitation. La remarquable grange en long sous bâtière à croupettes a été préservée.

La ferme de Herbecq[modifier | modifier le code]

Plus au nord encore, la ferme de Herbecq, centre de l'ancienne seigneurie du même nom, jadis propriété de l'abbaye de Ninove, se détache, isolée parmi les champs. Cette ferme en quadrilatère date des XVIIIe et XIXe siècles et a fait l'objet récemment d'une profonde rénovation. Les bâtiments sont en briques et calcaire sous bâtières de tuiles disposés autour d'une cour trapézoïdale pavée. La grange est datée de 1791. Ses pignons ont été abaissés au XIXe siècle. L'ancien chartil, daté de 1752, a été fortement remanié et aménagé en habitation. L'ancien corps de logis se présente en deux parties principalement du XIXe siècle. La partie droite est constituée d'un haut logis de deux niveaux et demi présentant un volume du XVIIIe siècle retravaillé en 1830. Ici également, la fonction symbolique de cette "tour" est évidente : elle rappelle qu'il s'agit d'une ferme d'abbaye, centre d'une seigneurie. Sous l'Ancien Régime, cette exploitation était la plus vaste de toute la paroisse.

La ferme de Ramelot ou de Landas[modifier | modifier le code]

À proximité de la Chaussée d'Enghien, logée dans un petit vallon, on aperçoit la ferme de Ramelot, souvent appelée ferme de Landas du nom des derniers seigneurs qui l'habitèrent à la fin de l'Ancien Régime. C'était le centre de la petite seigneurie foncière de Ramelot qui relevait de la Neuve Rue à Nivelles. Jadis, il y avait là un château ou plutôt une tour-donjon entourée d'eau et des bâtiments de ferme. Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, les anciens bâtiments d'exploitation furent remplacés par l'imposant quadrilatère que nous connaissons et qui groupe autour d'une cour carrée des bâtiments de brique blanchies et calcaire sous bâtières de tuiles. Le logis de plan en L est d'allure hennuyère. La façade N-O ne comptait à l'origine qu'un seul niveau qui fut exhaussé d'un demi niveau au milieu du XIXe siècle. La façade S-O est plus ancienne et constitue vraisemblablement le seul vestige de l'ancien complexe. Son allure générale fait penser qu'il s'agit de la tour entourée d'eau qui existait dans la première moitié du XVIIIe siècle (bien visible sur une ancienne carte). Elle daterait de la fin du XVIIe siècle ou du début du XVIIIe siècle avec remaniement dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Les soubassements en moellon d'arkose et de calcaire sont antérieurs. Aujourd'hui dans un triste état, cette magnifique ferme est noyée au milieu d'un zonig industriel.

Les grosses fermes seigneuriales ne sont pas les seules à s'être maintenues dans le paysage. Plusieurs autres fermes en quadrilatère seraient également à mentionner. Certaines datent, du moins en partie, du XVIIIe siècle, mais les plus imposantes, celles qui offrent un véritable plan quadrilatère en ordre serré, ont été bâties au XIXe siècle.

La ferme du Humbier[modifier | modifier le code]

La ferme du Humbier, située à la sortie du village le long de la chaussée d'Enghien, date des XVIIIe et XIXe siècles. Son corps de logis ne compte qu'un seul niveau et sa grange en long a récemment été fort abaissée. Jadis elle appartenait à l'hôpital Saint-Nicolas d'Enghien.

La ferme de Fournehaut ou ferme de la Brasserie de la Fontaine[modifier | modifier le code]

La ferme et la Brasserie de la Fontaine, située face au puits Sainte-Renelde, vis-à-vis de la ferme du Laubecq, est une ferme en quadrilatère élevée aux XVIIIe et XIXe siècles autour d'une cour rectangulaire pavée. elle fut aménagée en brasserie en 1912. L'imposante grange en long en moellon d'arkose date probablement du XVIIIe siècle. Vers 1912, elle fut exhaussée et agrandie en briques côté rue et surmontée d'une bâtière de tuiles à croupettes. Sous l'Ancien Régime, cette ferme s'appelait la ferme de Fournehaut. elle brûla en grande partie au XVIIIe siècle. Une petite carrière de pierre, encore exploitée au XVIIIe siècle, faisait partie de la vaste parcelle sur laquelle fut construit l'édifice.

La ferme de Froyes[modifier | modifier le code]

À proximité de l'autoroute et maintenant du TGV, se dresse un beau quadrilatère en ordre serré jadis isolée dans les champs. Cette ferme est entièrement homogène et a été bâtie en 1856 à proximité de l'emplacement primitif de la ferme de Froye dont elle a repris le nom. La ferme de Froye, qui est déjà mentionnée au Moyen Âge, pourrait bien avoir été le centre de l'antique domaine foncier des seigneurs de Saintes.

La ferme de Quenestine[modifier | modifier le code]

La ferme de Quenestine, également du XIXe siècle, offre ici aussi un bel exemple de quadrilatère en ordre serré tout à fait homogène.

La ferme de Mont-à-Saintes[modifier | modifier le code]

Enfin, mentionnons la ferme de Mont-a-Saintes dont les première mentions remontent au Moyen Age. Au XIIIe siècle, cette exploitation était tenue en fief de l'abbaye de Lobbes par une famille de chevaliers qui en avaient pris le nom. Construite sur une hauteur dominant la campagne environnante, la ferme actuelle date des XVIIIe et XIXe siècles.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Site particulier sur l'histoire de Saintes du Musée « de la Porte » : Saintes Histoire

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dont une partie - Wisbecq - a été transféré à Rebecq en 1977
  2. On trouvera un résumé succinct et récent sur l'histoire du village dans [DELPORTE Luc], Saintes, dans Histoire & Patrimoine des communes de Belgique. Province du Brabant wallon, Bruxelles, 2008, p. 229-231.
  3. DELPORTE Luc, Saintes, 1173, dans Chartes-lois en Hainaut (XIIe-XIVe siècle). Edition et traduction, sous la dir. de J.-M. CAUCHIES et F. THOMAS, Mons, 2005. (Analectes d’histoire du Hainaut, t. 9), p. 451-457.
  4. L. Delporte, La seigneurie de Mussain. Première approche, dans Annales du Cercle d'Histoire Enghien-Brabant, t. 4, 2003, p. 3-38.
  5. DELPORTE Luc, Tubize, dans Le Patrimoine rural du Brabant wallon, ouvrage collectif édité à l’initiative du Centre culturel du Brabant wallon par Pierre WALGRAFFE, Court-Saint-Etienne, 1996, p. 214-221.

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