Rocher des Doms

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Rocher des Doms
Image illustrative de l'article Rocher des Doms
Plan d'eau avec une Nymphe
(bronze de Félix Charpentier)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Commune Avignon
Quartier Intramuros
Histoire
Création XVIIe siècle
Caractéristiques
Type jardin à l'anglaise et jardin à la française
Localisation
Coordonnées 43° 57′ 10″ nord, 4° 48′ 28″ est

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Rocher des Doms

Le rocher des Doms est un éperon rocheux sur la rive gauche du Rhône qui a servi de protection pour la fondation puis le développement de la ville d'Avignon. Son sommet est couvert d'un jardin public.

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Stèle anthropomorphe, dite le plus vieil Avignonnais

Ce site fut occupé dès le Néolithique comme l'ont prouvé les chantiers de fouille du rocher des Doms et du quartier de la Balance[1].

En 1960 et 1961, des fouilles dans la partie nord du rocher des Doms dirigées par Sylvain Gagnière ont mis au jour une petite stèle anthropomorphe (hauteur : 20 cm) qui fut trouvée dans une zone de terre remaniée[2]. Sculptée dans de la molasse burdigalienne, elle a la forme d'une « stèle funéraire » avec sa face gravée d'une figure humaine très stylisée et sans bouche dont les yeux sont marqués par des cupules. Sur la partie inférieure, décalée légèrement sur la droite, a été creusée une cupule profonde d'où partent huit traits formant une représentation solaire, découverte unique sur ce type de stèle.

Par comparaison avec des figurations solaires identiques[N 1], cette stèle représentant le « premier avignonnais » a été classée dans une période s'étalant entre l'âge du cuivre et le bronze ancien qui correspond au chalcolithique méridional[N 2].

Cela a été confirmé par les trouvailles faites dans ce déblai, situé près du grand réservoir d'eau sommant le rocher, où ont été mis au jour deux haches polies en roche verte, une industrie lithique caractéristique des « pasteurs des plateaux », quelques objets de parures chalcolithiques et une grande abondance de tessons de poterie hallstattienne indigène ou importée (ionienne et phocéenne).

Haut Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Un historien maghrébin du XVIIe siècle, a publié une vieille chronique qui peut être datée vers 725[3]. Elle indique que la cité d'Avignon était alors cantonnée uniquement sur le Rocher des Doms :

« ...de la communauté musulmane aux Francs[N 3]...
Des musulmans sont venus dans le pays des Francs et se sont avancés en pillant jusqu'au fleuve Rhône, point extrême de l'influence arabe et ultime contrée des Arabes chez les Francs.
Les expéditions de Tariq et de ses troupes ont permis la conquête des villes de Barcelone, de Narbonne, du Rocher d'Avignon et du fort de Lyon sur le fleuve Rhône. Cette armée s'est éloignée du littoral d'où elle était entrée. Rappelons que la distance entre Cordoue et Narbonne, dans le pays des Francs, est de 335 (?) ou 350 (?) selon d'autres.
Lorsque les musulmans sont entrés à Narbonne, ils se sont heurtés à Charles, le roi des Francs de ce grand pays[N 4]. Irrité par leur conquête, il a mobilisé de nombreuses troupes et est allé à leur rencontre pour les contrer.
Quand il est arrivé au fort de Lyon, et que les Arabes ont appris qu'il y avait un grand nombre de troupes, ils se sont écartés de son chemin. Charles s'est avancé jusqu'au Rocher d'Avignon et il n'a trouvé personne. Les musulmans avaient installé leur camp, loin devant, dans les collines avoisinant la ville de Narbonne[4] »

— Al Maqqari.

Même si les faits se sont plutôt passés ainsi : « En 725, le nouveau gouverneur d’Espagne Cho’eim El Kelbi envahit la Provence jusqu’à la vallée du Rhône puis Abderahman el Ghafiqi (Abdéraman) continue sur Châlons, Mâcon, Besançon, Beaune, Auxerre jusqu’à Luxeuil (monastère) et Sens, Lyon, Autun, Valence et Vienne sont envahies[5]. », cette chronique du VIIIe siècle confirme l'état de régression dans lequel se trouvait Avignon dont les habitants avaient trouvé refuge sur le rocher des Doms.

Statues du jardin des Doms[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Des représentations solaires identiques existent sur des parois rocheuses ou des sites rupestres le long de la côte provençale, au Mont-Bego, dans la péninsule ibérique et au Sahara marocain.
  2. En Provence, ces stèles anthropomorphes (Lauris, Orgon, Senas, Trets, Goult, Isle-sur-la-Sorgue, Avignon), datées entre - 3 000 et - 2 800, sont rattachées à la « civilisation de Lagoza ». Elles sont les témoins d’une agriculture qui est devenue prédominante dans les basses vallées du Rhône et de la Durance.
  3. Phrase amputée.
  4. Erreur, il s'agissait du duc Eudes d'Aquitaine, et Charles n'était que Maire du Palais.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) page dédiée à l'histoire d'Avignon
  2. S. Gagnière et J. Granier, Stèle anthropomorphe trouvée à Avignon (Vaucluse) « Ogam », T. XIII, fasc. 6, 1961, et Catalogue raisonné des stèles anthropomorphes chalcolithiques du musée Calvet d'Avignon, Avignon, 1976.
  3. Al Maqqari, Analectes sur l'histoire et la littérature des Arabes en Espagne par al-Makkari, publiés par R. Dozy, G. Dugat, L. Krehl et W. Wright, Leyde (1855-1861) et reprint Amsterdam, 1967.
  4. Cité par Philippe Sénac, Une source arabe sur l'histoire d'Avignon, in Avignon au Moyen Âge, texte et documents, IREBMA, Avignon, 1988, p. 5.
  5. (fr) Docteur Dalil Boubakeur, Recteur de l’Institut Musulman de la mosquée de Paris, La Septimanie.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Jules Courtet, Dictionnaire géographique, géologique, historique, archéologique et biographique du département du Vaucluse, Avignon, 1876.
  • Joseph Girard, Avignon, histoire et monuments, Éd. Dominique Seguin, Avignon, 1924.
  • Joseph Girard, Évocation du vieil Avignon, 1958 - ré-édité Éd. de Minuit, Paris, 2000 (ISBN 2-7073-1353-X).
  • Sylvain Gagnière, Histoire d'Avignon, 1979.
  • Robert Bailly, Dictionnaire des communes du Vaucluse, Éd. A. Barthélemy, Avignon, 1986.
  • René Moulinas, Histoire de la Révolution d’Avignon, Avignon, Aubanel, 1986.
  • Pierre-Marie Danquigny, La ville d'Avignon à travers les textes grecs et latins du IIe siècle avant n.è. au VIe siècle, revue Avignon, Rhône et Comtat, n° 4, Imp. Scribe, L'Isle-sur-la-Sorgue, 1986.
  • Pierre Grava (sous la direction de), Avignon au Moyen Âge, textes et documents, IREBMA et alii, Publication de la Faculté de Lettres d'Avignon, 1988.
  • Fernand Benoit, Avignon au double visage, rééd. Équinoxe, Barbentane, 1996.
  • Jacques Rossiaud, Le Rhône au Moyen Âge, Paris, Aubier, Collection historique, 2007. (ISBN 978-2-7007-2296-3) (notice BnF no FRBNF41030471)