Raoul Pugno

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Raoul Pugno
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Le pianiste français Raoul Pugno

Nom de naissance Stéphane Raoul Pugno
Naissance
Montrouge, Drapeau de la France République française
Décès (à 61 ans)
Moscou, Drapeau de l'Empire russe Empire russe
Activité principale Compositeur, pianiste
Activités annexes organiste, chef de chœur
Collaborations Nadia Boulanger
Formation École Niedermeyer de Paris
Conservatoire de Paris
Maîtres Georges Mathias, Ambroise Thomas
Enseignement Conservatoire de Paris

Raoul Pugno, né le à Montrouge, et mort à Moscou le est un compositeur et pianiste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

D'origine italienne[1], mais né en France à Montrouge[2], Raoul Pugno se forme d'abord à l'École Niedermeyer de Paris[2], puis obtient son premier prix au Conservatoire à l'âge de quatorze ans[2]'[3].

D'orientation révolutionnaire, il est nommé, à 18 ans, membre de la Commission d'aide à l'art musical et aux artistes, le 12 mai 1871, par la Commune de Paris. Deux de ses pièces sont proposées pour être jouées à l'Opéra le 22 mai 1871.

Élève de Georges Mathias et d'Ambroise Thomas, puis enseignant au Conservatoire à son tour (harmonie, piano), il prend Nadia Boulanger sous son aile, jouant notamment sous sa direction sa Rhapsodie variée pour piano et orchestre, et composant avec elle un certain nombre d’œuvres en collaboration dont, en 1909, le cycle de mélodies des Heures claires. Ils conçoivent ensemble l'opéra La Ville morte, sur un livret de Gabriele D'Annunzio, qui sera représenté à l'Opéra comique.

Raoul Pugno a été organiste à l'Église Sainte-Eugène (1872-1892) et chef de chœur au Théâtre Ventadour(1878-1892). Il a enseigné l'harmonie au Conservatoire de Paris (1892-1896), puis a été nommé professeur de piano , poste dont il démissionne le .

Malgré une excellente technique de jeu et doué d'une profonde inspiration, ce n'est qu'à partir de la quarantaine que Pugno se lance sérieusement dans une carrière de concertiste. Il donne des récitals de sonates dans le monde entier (Angleterre en 1894). En 1897, il part aux États-Unis avec le violoniste belge Eugène Ysaÿe avec qui il interprète notamment les sonates de Beethoven. Il conquiert tous les publics « par le charme de son jeu, dont la légèreté surprenait lorsqu'on voyait ce gros homme barbu, solidement assis sur une chaise, renforcée par des chevilles de cuivre[4] ».

Sa dernière tournée s'achève en Russie en 1914, avant que la Première Guerre mondiale n'éclate. Il meurt brusquement à Moscou le [2]. Il est enterré à Gargenville où il fut maire de 1904 à 1908.

Le pianiste était aussi un grand amateur d'art, collectionneur éclairé et habitué des salles de l'Hôtel Drouot.

Pugno a édité les œuvres de Chopin et de Robert Schumann pour les éditions Universal à Vienne.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Opéras[modifier | modifier le code]

  • Ninetta, opéra comique (Paris, 23 décembre 1882)
  • Le Sosie, opéra-bouffe (7 octobre 1887)
  • Le Valet de cœur, opérette (18 avril 1888)
  • Le Retour d'Ulysse, opérette (1er février 1889)
  • La vocation de Marius opéra-bouffe (29 mars 1890)
  • La Petite Poucette, opérette (1891)
  • Tai-Tsoung, opéra (1894)

Musique de scène[modifier | modifier le code]

Ballets[modifier | modifier le code]

  • Les Papillons"" (1884)
  • La Danseuse de corde"" (5 février 1892)

Oratorio[modifier | modifier le code]

  • La Résurrection de Lazare (1879)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Raoul Pugno, ca. 1890
  1. E. Rapin, Histoire du piano et des pianistes, p. 471
  2. a, b, c et d Marc Honegger, Dictionnaire de la musique : Tome 2, Les Hommes et leurs œuvres. L-Z, Bordas, , 1232 p. (ISBN 2-04-010726-6), p. 886
  3. Le Miroir, 1914 (nécrologie)
  4. Le Miroir, loc. cit.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Caroline Potter, « Nadia Boulanger's and Raoul Pugno's La ville morte », The Opera Quarterly, 2000, n° 16 (3), p. 397-406
  • Joël-Marie Fauquet (direction) (préf. Joël-Marie Fauquet), Dictionnaire de la Musique en France au XIXe siècle, Paris, Fayard, , 1 405 p. (ISBN 2-213-59316-7), p. 1 022
  • Theodore Baker et Nicolas Slonimsky (trad. Marie-Stella Pâris, préf. Nicolas Slonimsky), Dictionnaire biographique des musiciens [« Baker's Biographical Dictionary of Musicians »], t. 3 : P-Z, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », (réimpr. 1905, 1919, 1940, 1958, 1978), 8e éd. (1re éd. 1900), 4 728 p. (ISBN 2-221-07778-4), p. 3 308
  • (fr) Eugène Rapin, Histoire du piano et des pianistes, Georges Bridel, Lausanne ; A. Bertout, Paris, 1904, p. 471
  • (fr) « La France a perdu un grand pianiste », Le Miroir, 18 janvier 1914 (nécrologie)

Liens externes[modifier | modifier le code]