Régime (cas)

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Le cas « régime » (au sens de « ce qui est régi par un autre terme ») est, dans les déclinaisons de l'ancien français, celui qui sert à tout ce qui n'est pas sujet d'un verbe. Il s'oppose au cas sujet, équivalent du nominatif.

Opposition « sujet » / « régime »[modifier | modifier le code]

On opposait ainsi au singulier li murs (cas sujet), le mur (cas régime), et au pluriel li mur (cas sujet), les murs (cas régime). Parfois le cas sujet singulier était fort différent des autres : li cuens, le conte, li conte, les contes (conte signifiant « comte »). Les noms propres offraient des exemples fréquents : Georges / George, Gui / Guyon, Guennes / Ganelon, etc.

La forme unique du français moderne dérive le plus souvent du cas régime. Il y a cependant un certain nombre d'exceptions où c'est le cas sujet qui a survécu, concernant les noms de personnes : ex. prestre / provoire (« prêtre »), ancestre / ancessor (« ancêtre »), traïtre / traïtor (« traître »), suer / seror (« sœur ») et de nombreux prénoms. Dans quelques cas, le cas sujet et le cas régime se sont tous deux maintenus dans la langue moderne, parfois avec des sens différents : c'est le cas pour gars / garçon, copain / compagnon, sire / seigneur, pâtre / pasteur, nonne / nonnain et pute / putain.

Utilisation[modifier | modifier le code]

La déclinaison à deux cas de l'ancien français permettait des tours impossibles en français moderne ; comme elle soulignait les fonctions grammaticales, l'ordre des mots pouvait être plus libre qu'aujourd'hui. Par exemple :

Son oncle conta bonement
Son couvenant et son afere. (Huon le Roi, Le Vair Palefroi)

signifie « Il raconta bonnement à son oncle son arrangement et son affaire. » Son oncle, au cas régime, ne peut être sujet de conta (qui serait, au cas sujet, ses oncles).

De même,

Son seignor dire ne l'ose. (Chrétien de Troyes, Érec et Énide)

signifie « Elle n'ose pas le dire à son seigneur. »

Notes et références[modifier | modifier le code]


Bibliographie[modifier | modifier le code]

Petite grammaire de l'ancien français, Bonnard/Régnier, éd Magnard,1989, p. 14.