Psautier d'Ingeburge

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Psautier d'Ingeburge
Ingeborg Psalter1.jpg
Folio 8 du manuscrit : Les Rois mages
Artiste
Anonyme, dit le Maître du Psautier d'Ingeburge
Date
entre 1195 et 1214
Technique
Enluminure sur parchemin
Dimensions (H × L)
30,4 × 20,4 cm
Format
197 folios reliés
Localisation
Musée Condé, Cabinet des livres, Chantilly (Drapeau de la France France)
Propriétaire
Numéro d’inventaire
Ms.9

Le Psautier d'Ingeburge est un manuscrit conservé au musée Condé à Chantilly. Datant de la fin du XIIe ou du début du XIIIe siècle, il est composé de 197 feuillets, les 27 premiers comportant 51 miniatures. Il fut sans doute réalisé pour la reine de France, Ingeburge de Danemark.

Historique du manuscrit[modifier | modifier le code]

La réalisation du manuscrit date sans doute de la fin du XIIe ou du début du XIIIe siècle. Les désinences et certaines expressions montrent que le livre était destiné à une femme. Il s'agit sans doute d'Ingeburge de Danemark, femme de Philippe Auguste. Le calendrier comporte en effet trois mentions nécrologiques qui lui sont proches : l'une est consacrée à Éléonore de Vermandois, qui appartenait à l'entourage proche de la reine, la seconde au père d'Ingeburge, Valdemar Ier de Danemark et la troisième à sa mère, la reine Sophie. Le calendrier fait enfin mention de la victoire de son mari lors de la bataille de Bouvines, le 27 juillet 1214.

À sa mort en 1236, le manuscrit reste sans doute dans les collections royales puisqu'une mention au revers d'un feuillet du calendrier datant du XIVe siècle indique « Ce psaultier fu saint Loys », soit Louis IX de France. Il est mentionné en 1380 dans l'inventaire des biens meubles de Charles V qui confirme cette propriété de saint Louis. Un autre inventaire de 1418 le mentionne encore au château de Vincennes, mais il est indiqué comme manquant dans l'inventaire de 1420. On ne retrouve sa trace qu'au début du XVIIe siècle en Angleterre. Un faussaire fait ajouter un historique falsifié en introduction pour expliquer son parcours pendant les trois siècles et son passage outre-manche. Il est alors rapporté en France par l'ambassadeur Pierre de Bellièvre en 1649 puis est acquis par la famille de Mesmes. Celle-ci le conserve jusqu'au début du XIXe siècle. Il passe dans les mains par héritage aux comte de Puységur puis au comte de Lignac. Ce dernier le vend au duc d'Aumale en 1892 pour 47 000 francs, sur les conseils de Léopold Delisle.

Composition[modifier | modifier le code]

Le manuscrit est composé de plusieurs parties distinctes :

  • un calendrier en 6 feuillets, décorés de lettres d'or, noires et de couleur
  • 27 feuillets comprenant 51 grandes peintures pleines pages, un feuillet ayant disparu
  • le psautier proprement dit, décoré d'une grande initiale paginale et de 163 autres lettrines dans le texte
  • plusieurs prières : des cantiques, l'oraison dominicale, le symbole des apôtres, du symbole de saint Athanase, des litanies des saints et de plusieurs oraisons.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Léopold Delisle, « Notice sur le psautier d'Ingeburge », Bibliothèque de l'école des chartes, vol. 28,‎ , p. 201-210 (lire en ligne)
  • J. Duportal, « Le Psautier de la Reine Ingeburge du Musée Condé et les vitraux de Chartres », in La Revue de l’Art, LII/290, 1927, pp. 193-208 [lire en ligne]
  • (de) Florens Deuchler, Der Ingeborgpsalter, éd. Walter de Gruyter, Berlin, 1969, 218 p.
  • (de) Florens Deuchler, [éd.], Le Psautier d’Ingeburge de Danemark, 2 volume : t.1 : « Facsimile der Ingeberg Psalter: vollständige Faksimile-Ausgabe im Originalformat der Handschrift Ms 9 olim 1695 aus dem Besitz des Musée Condé-Chantilly », 200 ff. ; t.2 : « Commentarium: Kommentar der Ingeberg Psalter: vollständige Faksimile-Ausgabe im Originalformat der Handschrift Ms 9 olim 1695 aus dem Besitz des Musée Condé-Chantilly » (XV+218 p.; LXIV p. de planches), Graz, Akademische Druck- und Verlagsanstalt [«Codices selecti» LXXX], 1985.
  • François Avril, « L’atelier du Psautier d’Ingeburge: problèmes de localisation et de datation », in Art, objets d'art, collections : études sur l'art du Moyen Âge et de la Renaissance, sur l'histoire du Goût et des collections : Hommage à Hubert Landais, éd. Blanchard, 1987, p. 16-21.
  • Francis Salet, « Autour du psautier d'Ingeburge », Bulletin Monumental, t. 145, no 4,‎ , p. 415-416 (lire en ligne).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]