Poste de secours

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Un poste de secours est un dispositif préventif mis en place pour couvrir un événement saisonnier (par exemple surveillance de plages) ou ponctuel (manifestation sportive ou culturelle, foire, concert, grand rassemblement…). Il est tenu par des secouristes. Contrairement à une infirmerie, il n'y a pas d'infirmier(e), mais le concept en est proche. Les secouristes prennent en charge les éventuels blessés et malaises, effectuent les gestes de premiers secours et préviennent la régulation médicale (Samu) si nécessaire (demande de renfort, d'avis médical, évacuation d'une personne vers un hôpital si le médecin régulateur le juge nécessaire).

L'intérêt d'un poste de secours est double. Premièrement, la prise en charge d'une victime est très rapide (l'équipe est sur place), or, la rapidité est primordiale pour les détresses graves — notamment pour les hémorragies, l'inconscience et les arrêts cardio-respiratoires (les défibrillateurs automatiques se généralisent dans les pays développés). De plus, ils servent de filtre pour la régulation médicale. En traitant sur place les cas les plus bénins et en donnant des informations pertinentes au médecin régulateur, ils permettent de réduire les interventions inutiles et les attentes aux urgences de l'hôpital.

On a donc :

  • un gain de temps et de confort pour les victimes ;
  • un gain d'argent pour le système public de secours ;
  • des véhicules de service public plus disponibles pour les « vraies » détresses.

En France[modifier | modifier le code]

Dans le cas général[modifier | modifier le code]

En France, les postes de secours « généralistes » sont aussi appelés « dispositif prévisionnel de secours » (DPS), à la suite de la loi de modernisation de la sécurité civile[1], mais ils doivent être signalisé par un écriteau « poste de secours »[2]. Leur mise en place est définie par le Référentiel national de missions de sécurité civile — Dispositifs prévisionnels de secours[3] (RNSC-DPS).

Entre 1991 et 2006[modifier | modifier le code]

Avant la parution du RNSC-DPS, le fonctionnement des postes de secours était décrit par plusieurs textes :

  • le module E1 « L’équipe de secouristes  » des Fiches pédagogiques et techniques CFAPSE[4] ;
  • la circulaire NOR : INTE8800157C du 20 avril 1998 relative à la sécurité des grands rassemblements [extrait en ligne]
  • la circulaire NOR : INTE9300226C du 4 octobre 1993 relative aux conditions de participation à des opérations de secours [lire en ligne].

Lorsque l'on est en présence d'un événement particulièrement important ou risqué (par exemple pour les sports mécaniques), le préfet ou le maire peut arrêter un dispositif spécifique, c'est alors lui qui fixe le dimensionnement et la position des équipes et du matériel. Sinon, cela est fait de manière contractuelle entre l'association de secourisme et l'organisateur (le contrat porte souvent le nom de « convention de poste »).

En dehors des cas où le dispositif est organisé par la préfecture, aucun texte n'oblige à la tenue d'un poste. Dans certains cas, la tenue d'un poste peut être une exigence de la compagnie d'assurance ou d'une fédération sportive. Dans ce dernier cas, il reste à la charge du demandeur.

On distingue quatre types d'intervenants :

Le cadre est alors assez flou : les fiches CFAPSE sont des textes édités par une entreprise privée, qui n'est pas cité par l'arrêté fixant le programme du diplôme[6], les circulaires sont des textes donnant des consignes aux services de l'État mais ne s'étendant pas aux associations. Dans le cadre de ce dispositif, on distingue deux types de postes :

  • les postes de secours sous la responsabilité d'une autorité ayant un pouvoir de police (préfet, maire) : tous les intervenants doivent être secouristes, puisque le CFAPSE est la condition sine qua non pour participer aux secours organisés sous le contrôle des autorités publiques[7] ;
  • les manifestations sous la responsabilité de l'organisateur, pour lesquels l'effectif peut comporter pour moitié des sauveteurs.

L'équipe de secouristes est composée d'au moins un chef et deux équipiers, tous secouristes, le chef étant majeur et désigné par l'organisme d'emploi (association de secourisme). L'emploi des sauveteurs qualifiés n'est pas défini.

Les organismes fournissant la prestation « poste de secours » n'ont pas besoin d'agrément (seul existe un agrément pour la formation). On voit apparaître au début des années 2000 des sociétés privées fournissant cette prestation.

La situation évolue en 2001 avec une circulaire décrivant, à titre expérimental, une procédure pour dimensionner un poste de secours et faisant apparaître la notion de point d'alerte et de premiers secours (PAPS)[8]. Par ailleurs, cette année-là, le recyclage des CFAPSE est remplacé par une formation continue annuelle. On distingue alors :

  • le secouriste (anciennement « sauveteur qualifié »), titulaire de l'AFCPSAM et à jour de sa formation continue sur l'utilisation du défibrillateur semi-automatique (DSA)[9] ;
  • l'équipier secouriste (anciennement « secouriste »), titulaire du CFAPSE et à jour de sa formation continue.

Le PAPS est constitué de deux intervenants secouristes dont au moins un équipier secouriste (donc soit deux équipiers secouristes, soit un équipier secouriste et un secouriste) et d'un minimum de matériel dont un moyen d'alerte des secours publics.

Les postes de secours, quant à eux, comportent au minimum une équipe de secouristes constituée d'un chef et d'au moins trois équipiers secouristes ; l'équipe minimale passe donc de 3 à 4 personnes.

Depuis 2006[modifier | modifier le code]

D'un point de vue des personnels, le référentiel distingue dans les intervenants secouristes :

  • Les secouristes, titulaires du PSE 1 à jour de leur formation continue ;
  • Les équipiers secouristes, titulaire du PSE 2 à jour de leur formation continue ;
  • Le chef d'équipe, aussi appelé chef d'intervention et, lorsqu'il y a plusieurs équipes, le chef de poste ; ce sont des équipiers secouristes majeurs nommés à ce poste par l'autorité d'emploi (l'association).

Lorsque la manifestation présente un risque faible (public calme et peu nombreux, activité sans risque spécifique) et se situe dans un lieu proche d'un hôpital, le dispositif prévisionnel peut se réduire à un point d'alerte et de premiers secours (PAPS). Le PAPS est constitué de deux intervenants secouristes dont au moins un équipier secouriste (donc soit deux équipiers secouristes, soit un équipier secouriste et un secouriste) et d'un minimum de matériel dont un moyen d'alerte des secours publics.

Les autres dispositifs prévisionnels sont constitués d'au moins quatre intervenant secouristes dont un chef et au moins deux équipiers secouristes (le quatrième peut être un secouriste ou un équipier secouriste), et muni de matériel permettant de traiter au moins une victime grave, ou plusieurs victimes légères simultanément (une par équipier). L'équipe peut comporter au plus un intervenant mineur, et peut accueillir en plus un stagiaire (titulaire du PSC1).

Les décrets d'application de la loi de modernisation de la sécurité civile mettent en place :

  • des postes de secours obligatoires ;
  • un mode de dimensionnement fait par la préfecture et en rapport avec les textes de loi
  • la possibilité d'évacuation faites par les associations agréées de sécurité civile, qui étaient jusque là soumis au régime des ambulances (nécessité d'avoir un agrément de transport sanitaire et un ambulancier titulaire du CCA) ;
  • attention, depuis le 2 septembre 2006, seules les associations disposant d'un agrément de sécurité civile peuvent mettre en place des dispositifs prévisionnels de secours.

Surveillance de baignade[modifier | modifier le code]

La surveillance de baignade (piscine ou plage) relève d'un dispositif spécifique.

En Suisse[modifier | modifier le code]

En Suisse, l'alliance des samaritains parle de « poste sanitaire ». Pour chaque poste sanitaire, elle évalue un niveau de risque compris entre 1 et 5 en fonction d'une check-list qui lui permet de déterminer le nombre de samaritains nécessaires ainsi que leur degré de qualification[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Loi no 2004-811 du 13 août 2004 de modernisation de la sécurité civile, art. 37
  2. Eric Dufès, Dispositifs prévisionnels de secours : référentiel national missions de sécurité civile, Ministère de l'Intérieur, , 1e éd., 83 p. (ISBN 2-11-09 6226-7, lire en ligne), p. 21
  3. Arrêté du 7 novembre 2006 fixant le référentiel national relatif aux dispositifs prévisionnels de secours
  4. Formation aux activités de premiers secours en équipe : Fiches pédagogiques et techniques, France Sélection, , 2e éd., 254 p. (ISBN 2852660571, lire en ligne)
  5. par la Note d’information n° 1112 SC/8/JMP du 27 juin 1994 relative à la réforme du secourisme - Incidence du retour d’expériences [lire en ligne]; certaines préfectures continueront à exiger le BNPS étant donné qu'une note d'information n'a aucun caractère réglementaire et ne saurait abroger une disposition d'un décret
  6. arrêté du 8 novembre 1991 relatif à la formation aux premiers secours (NOR : INTE9100463A)
  7. art. 8 du décret no 91-834 du 30 août 1991 relatif à la formation aux premiers secours (NOR : INTE9100325D)
  8. Circulaire n°00344 du 23 mai 2001 concernant le dimensionnement des dispositifs préventifs de secours — Expérimentation
  9. le DSA est introduit auprès des sauveteurs qualifiés et des secouristes en 1998 par la création d'une attestation de formation complémentaire (AFUDSA), la formation devient désormais totalement intégrée à l'AFCPSAM et au CFAPSE
  10. Règlement OC355.20 : annexe au Manuel pour postes sanitaires, Olten, Alliance suisse des samaritains, , 12 p. (lire en ligne), p. 4

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]