Porgy and Bess (album de Miles Davis)

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Porgy and Bess

Album de Miles Davis
Sortie
Enregistré 22 juillet, 29 juillet, 4 août et 18 août 1958
30th Street Studio à New York
Durée 50:53
Genre Jazz
Compositeur George Gershwin
Producteur Teo Macero, Cal Lampley
Label Columbia

Albums de Miles Davis

Porgy and Bess est un album studio de jazz de Miles Davis, sorti le chez Columbia Records. L'album est un arrangement de l'opéra Porgy and Bess de George Gershwin par Miles Davis et Gil Evans.

Seconde collaboration des deux musiciens après Miles Ahead (1957), Porgy and Bess est souvent considéré comme un album historique[1].

À propos de la musique[modifier | modifier le code]

En 1958, Miles Davis fait partie des nombreux musiciens frustrés par le bebop : pour lui, la complexité constante des progression d'accords est une entrave à la créativité[2]. Cinq ans plus tôt, en 1953, le pianiste et compositeur George Russell publiait son livre Le Concept chromatique lydien d'organisation tonale, qui proposait une alternative à la pratique de l'improvisation basée sur des accords[3]. Abandonnant les relations entre tonalités majeures et mineures, Russell propose une nouvelle approche basée sur des gammes ou des séries de gammes, connue dans le monde du jazz sous le nom de « modale »[3]. Pour Davis, la méthode de Russell est une alternative aux compositions « épaisses[4] » de son temps car surchargées d'accords. L'approche modale de la composition, s'appuyant sur des gammes et des modes, est ainsi un « retour à la mélodie[2] » :

Début 1958, sous l'influence des idées de Russell, Davis commence à utiliser cette approche modale avec son sextet[5]. Sa première composition modale, basée sur deux modes, est le morceau-titre de l'album Milestones, enregistré le . La seconde collaboration de Davis avec Gil Evans sur Porgy and Bess est l'opportunité de pousser plus les expérimentations sur les concepts de Russell et sur le jeu third stream[2].

« Quand Gil [Evans] a écrit les arrangements de I Loves You, Porgy, il ne m'a écrit que quelques gammes, pas d'accords... Ça donne bien plus de liberté et d'espace pour entendre des choses... Il y a moins d'accords, mais des possibilités infinies sur ce qu'on peut en faire. Les compositeurs classiques ont écrit comme ça depuis des années, mais c'est encore rare dans le jazz. »

— (en) Nat Hentoff, « An Afternoon with Miles Davis », The Jazz Review,‎ .

Forts du succès critique et public de Miles Ahead, Columbia Records accorde une grande liberté artistique au duo Miles Davis/Gil Evans. Au même moment, Otto Preminger et The Samuel Goldwyn Company préparent une adaptation cinématographique de l'opéra de George Gershwin, DuBose Heyward et Ira Gershwin qui sortira en juin 1959. La publicité autour du film est considérable, et avec la mode de la fin des années 1950 d'enregistrer des « versions jazz de... », plusieurs versions jazz de Porgy and Bess voient le jour, allant de la version big band « all-star » de Bill Potts à celle de Bob Crosby.

Suite à sa première collaboration avec Evans, Davis s'est intéressé à la musique symphonique, qui attirait alors peu de jazzmen, pendant que peu de musiciens classiques interprétaient des partitions de jazz. Davis a néanmoins engagé les membres de son sextet, dont Cannonball Adderley et Paul Chambers.

Accueil critique[modifier | modifier le code]

Figurant parmi les plus grosses ventes de Miles Davis, Porgy and Bess a été bien reçu à sa sortie, notamment par The New York Times[10] et le Los Angeles Times[11].

La réédition de 1997 confirme le statut de monument du jazz orchestral de Porgy and Bess. Pour Robert Gilbert de All About Jazz (en), « c'est un nombreux grands albums de Miles Davis [...] qui parvient encore aujourd'hui à toucher l'auditeur sur le plan musical et émotionnel[12]. » Le magazine JazzTimes décrit Porgy and Bess comme étant « certainement la meilleure collaboration de Miles et Gil Evans. Evans est à juste titre considéré comme le maître de l'orchestration moderne, et Porgy and Bess le montre à son meilleur[13]. »

L'album fait partie de la liste des « 500 albums qu'il vous fait » d'Elvis Costello[14], et il occupe la 785e place du All Time Top 1000 Albums (en) de Virgin[15].

Titres de l'album[modifier | modifier le code]

Toutes les compositions sont de George Gershwin, sauf Gone qui est de Gil Evans. Bien que Ira Gershwin et DuBose Heyward ont écrit des paroles pour l'opéra, la musique est ici instrumentale.

Titre Compositeur Date d'enregistrement Durée
Face 1
1. The Buzzard Song George Gershwin 4 mars 1958 4:07
2. Bess, You Is My Woman Now (en) George Gershwin 29 juillet 1958 5:10
3. Gone Gil Evans 22 juillet 1958 3:37
4. Gone, Gone, Gone George Gershwin 22 juillet 1958 2/03
5. Summertime George Gershwin 4 mars 1958 3:17
6. Oh Bess, Oh Where's My Bess George Gershwin 4 mars 1958 4:18
Face 2
1. Prayer (Oh Doctor Jesus) George Gershwin 4 mars 1958 4:39
2. Fisherman, Strawberry and Devil Crab George Gershwin 29 juillet 1958 4:06
3. My Man's Gone Now (en) George Gershwin 22 juillet 1958 6:14
4. It Ain't Necessarily So (en) George Gershwin 29 juillet 1958 4:23
5. Here Come de Honey Man George Gershwin 29 juillet 1958 1:18
6. I Loves You, Porgy (en) George Gershwin 18 août 1958 3:39
7. There's a Boat That's Leaving Soon for New York George Gershwin 4 mars 1958 3:23
Bonus tracks réédition CD de 1997
1. I Loves You, Porgy première prise, seconde version George Gershwin 18 août 1958 4:14
2. Gone quatrième prise Gil Evans 22 juillet 1958 3:40

Interprètes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Miles Ahead and Porgy and Bess Presentation at Zankel Hall in NYC », sur allaboutjazz.com, (consulté le 27 août 2018).
  2. a b et c (en) Ashley Kahn (préf. Jimmy Cobb), Kind of Blue : The Making of the Miles Davis Masterpiece, Da Capo Press, USA, (ISBN 0-306-81067-0, lire en ligne), p. 67–68.
  3. a et b (en) « The Lydian Chromatic Concept of Tonal Organization », sur georgerussell.com (consulté le 27 août 2018).
  4. Kahn (2001), p. 16.
  5. (en) Thom Jurek, « Milestones review », sur allmusic.com (consulté le 27 août 2018).
  6. (en) Lindsay Planer, « Porgy and Bess review », sur allmusic.com (consulté le 27 août 2018).
  7. Richard Cook, critique de Porgy and Bess, The Penguin Guide to Jazz, 2002, p. 376.
  8. (en) Nathan Brackett et Christian David Hoard, The New Rolling Stone Album Guide, Simon and Schuster, , 930 p. (lire en ligne), p. 214.
  9. (en) Colin Larkin, Virgin Encyclopedia of Popular Music, .
  10. (en) John S. Wilson, « Review: Porgy and Bess », The New York Times,‎ .
  11. (en) Wally George, « Review: Porgy and Bess », Los Angeles Times,‎ .
  12. (en) Robert Gilbert, « Miles Davis: Porgy and Bess », sur allaboutjazz.com, (consulté le 29 août 2018).
  13. Review: Porgy and Bess, JazzTimes no 106, août 1997.
  14. (en) Elvis Costello, « 500 Albums You Need », Vanity Fair,‎ (lire en ligne, consulté le 29 août 2018).
  15. (en) « The Virgin All-time Album Top 1000 List », sur rocklistmusic.co.uk (consulté le 29 août 2018).