Odile Weulersse

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Odile Weulersse
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Biographie
Naissance
Nationalité
Formation
Activités
Autres informations
A travaillé pour
Genres artistiques
Œuvres principales

Odile Weulersse, née le à Neuilly-sur-Seine, est une chercheuse et une écrivaine française. Elle a mené une carrière comme maître de conférence en études cinématographiques, mais s'est fait surtout connaître d'un public plus large par ses romans historiques pour la jeunesse, qui abordent des époques et des cultures variées.

Biographie[modifier | modifier le code]

Odile Weulersse naît le [1] à Neuilly-sur-Seine. Elle grandit dans une famille bourgeoise où l'on attend d'elle qu'elle se marie et se consacre à sa famille[2]. Son nom de mariage est Odile Larère[3]. À vingt ans, en 1958, elle est diplômée de l'Institut d'études politiques de Paris puis agrégée de philosophie en 1969. Elle devient alors professeure de philosophie et enseigne dans plusieurs collèges plus ou moins loin de Paris[2]. Elle passe en 1979 un doctorat en sciences de l'information et de la communication. Sa thèse est publiée aux éditions de l'Albatros (De l'imagination au cinéma : étude de "Violence et passion" de Visconti)[4]. Ce diplôme lui permet de devenir enseignante à l'université de Paris IV Sorbonne en tant que maître de conférences en "techniques et langage des médias" : elle enseigne sur le cinéma[2]. Elle commence aussi à écrire des scénarios pour la télévision[5].

Un jour, Pierre Miquel, enseignant à la Sorbonne, parle à Odile Weulersse d'un projet de collection de romans historiques pour la jeunesse en cours d'élaboration aux éditions Hachette. Intéressée, Odile Larère accepte d'écrire un roman situé en Égypte ancienne, une civilisation qu'elle connaît alors très mal et sur laquelle elle effectue un important travail de documentation pour son roman : c'est ainsi qu'elle publie en 1984 Les Pilleurs de sarcophages[2]. Son roman est publié sous son nom de jeune fille, Odile Weulersse, qu'elle conserve par la suite comme nom de plume[3]. Son deuxième roman, Le Messager d'Athènes, aborde un domaine qu'elle connaît déjà puisqu'il lui donne l'occasion d'évoquer les philosophes de la Grèce antique[2]. Elle devient dès lors romancière pour la jeunesse et se documente sur des cultures variées (l'Égypte ancienne, la Grèce antique, la Rome antique, les Aztèques, le Moyen Âge…). Le succès de ses romans leur vaut d'être régulièrement réédités[2]. Odile Weulersse publie des suites à certains d'entre eux, mais à de longs intervalles, ces suites n'étant jamais prévues à l'avance[2].

Son œuvre[modifier | modifier le code]

Odile Weulersse a publié de très nombreux romans pour enfants, avec des intrigues à la frontière qui sépare le roman policier du roman d'aventures. Elle s'appuie sur une importante documentation sur la vie quotidienne de l'époque, s'attache à restituer l'exactitude des détails (vêtements, topographie, etc.) pour donner à voir une société dans tous ses aspects de façon concrète[2]. Cette documentation est essentiellement livresque et sur support papier, qu'elle peut souligner, relire et annoter à volonté, même si Odile Weulersse tire aussi parti d'Internet dès son apparition[2]. Elle cherche à ce que ses personnages agissent selon des valeurs liées à leur époque, et à raconter l'histoire de telle sorte qu'on pourrait la filmer, avec beaucoup de dialogues, et la description de comportements[6] Odile Weulersse a une certaine prédilection pour les cultures éloignées dans le temps, qui stimulent davantage son imagination que la période contemporaine. Le travail de documentation et l'écriture proprement dite l'intéressent à parts égales, mais l'écriture lui semble plus difficile : afin d'inventer une intrigue, elle s'isole en général à la campagne afin de pouvoir noter immédiatement ses idées, qui peuvent surgir de façon imprévisible[2].

Les romans d'Odile Weulersse choisissent délibérément des personnages représentatifs de l'imaginaire leur époque : « Quant à mes héros, je les choisis en fonction des personnages qui sont valorisés dans l'imaginaire collectif d'une époque. En Grèce, un sportif et un sophiste, en Gaule, un chasseur, un chien et une chrétienne, en Islam, un cavalier, un poète et une esclave chanteuse (…) ». Selon elle, les émotions des personnages d'autres époques ne sont pas fondamentalement différentes de celles de la nôtre, mais les personnages les ressentent et les expriment différemment. C'est cet ensemble d'universalité et de différence qu'elle s'attache à restituer[7].

Odile Weulersse dit écrire pour découvrir et faire découvrir des cultures à ses lecteurs. Interviewée début 2014, elle indique[2] : « Il me paraît nécessaire de montrer la variété des coutumes humaines, pour lutter contre l'opinion, partagée par beaucoup, que sa propre société est supérieure aux autres. En filigrane, court toujours dans mes livres, le désir de lutter contre l'intolérance ». Elle aime aussi ménager des émotions à son futur lectorat[2].

Bibliographie pour enfants[modifier | modifier le code]

Hachette Jeunesse - Livre de poche jeunesse[modifier | modifier le code]

La trilogie égyptienne : aventures de Tétiki et Penou[modifier | modifier le code]

Romans indépendants[modifier | modifier le code]

  • Le Messager d'Athènes, 1985, illustrations et couverture d'Yves Beaujard
  • Le Serment des catacombes, 1986, illustrations d'Yves Beaujard - Grand prix des Jeunes Lecteurs de la PEEP 1987
  • Les Vagabonds de la Bastille, en 1989, illustrations d'Yves Beaujard ; en collaboration avec Hervé Luxardo
  • Le Chevalier au bouclier vert, 1990, illustrations d'Yves Beaujard
  • Le Cavalier de Bagdad, 1991, illustrations d'Yves Beaujard
  • L'Aigle de Mexico, 1992, illustrations de Christian Heinrich
  • L'Arlequin de Venise, 1994, illustrations de Laurent Berman
  • Tumulte à Rome, 1996, illustrations de Bruno Mallart
  • Le Chevalier de Jérusalem, 2004.

Flammarion[modifier | modifier le code]

  • Apomi et le grand masque, Hatier, 1993 ; Flammarion, 2005
  • Aghali, berger du désert, Hatier, 1995 ; Flammarion, 2006
  • Épaminondas (album, illustratrice : Kersti Chaplet), 1997
  • 13 contes de l'Empire mongol, 1998, avec Laure de Cazenove
  • Théodora, 2000
  • Un voleur dans le désert, 2001
  • Nasreddine (album, illustratrice : Rébecca Dautremer), 2005
  • Nasreddine et son âne (album, illustratrice : Rébecca Dautremer), 2007
  • La Fabuleuse recette de Nasreddine, illustration Olivier Latyk, 2011

Pocket junior[modifier | modifier le code]

  • Les Aventures de Mina et Alphonse :
    • L'Oasis enchantée, 1997, illustrations de Boiry
    • La Momie bavarde, 1999
    • Le Druide étourdi, 2006
  • Le Chien du roi Arthur, 1994
  • Les Chevaliers du roi Arthur, 2005
  • Les Enfants du dieu soleil paru en (rééd. Casterman, 2011)
  • L’or blanc de Louis XIV, 2010
  • La poudre d'amour de Louis XIV, 2013

Distinctions[modifier | modifier le code]

Odile Weulersse reçoit en 1987 le Grand Prix des jeunes lecteurs de l'assocation PEEP pour Le Serment des catacombes[8]. En 1996, elle reçoit le Prix Saint-Exupéry Valeurs jeunesse pour Aghali, berger du désert[9]. En 2006, elle reçoit le Prix Chrétien de Troyes pour son album Nasreddine paru chez Père Castor Flammarion[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Notice d'autorité sur le catalogue général de la Bibliothèque nationale de France. Page consultée le 15 octobre 2017.
  2. a b c d e f g h i j k et l Interview d'Odile Weulersse le 19 janvier 2014 sur le blog Histoire d'en lire. Page consultée le 15 octobre 2017.
  3. a et b Notice d'autorité d'Odile Larère sur le catalogue de la Bibliothèque nationale de France. Page consultée le 29 janvier 2019.
  4. Notice de la thèse d'Odile Larère sur le catalogue général de la Bibliothèque nationale de France. Page consultée le 15 octobre 2017.
  5. « Odile Weulersse », sur imdb.com (consulté le )
  6. « Interview de Odile Weulersse », Catalogue Hachette,‎
  7. Odile Weulersse, « La création et le roman historique », Griffon, n°99-100-101, « Regards sur l'histoire », avril-mai-juin 1996, p. 15-16. Cité par Claudine Garcia-Leblanc (1991), p. 28-29.
  8. Archives du Grand prix des jeunes lecteurs (PEEP) sur le site du Centre national de la littérature pour la jeunesse (Bibliothèque nationale de France). Page consultée le 18 octobre 2021.
  9. Archives du Prix Saint-Exupéry sur le site du Centre national de la littérature pour la jeunesse (Bibliothèque nationale de France). Page consultée le 18 octobre 2021.
  10. Archives du Prix Chrétien de Troyes sur le site du Centre national de la littérature pour la jeunesse (Bibliothèque nationale de France). Page consultée le 18 octobre 2021.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Denise Dupont-Escarpit, Nicole Du Roy, Bernard Epin, Odile Limousin, Guide des auteurs du livre de jeunesse français, Montreuil, Salon du livre de jeunesse — Paris, éditions du Cercle de la librairie, 1989, p. 136.
  • Nic Diament, Dictionnaire des écrivains français pour la jeunesse, 1914-1991, Paris, l'École des loisirs, 1993.
  • Claudine Garcia-Debanc, « Lire le Moyen-Äge ou Quels critères pour différencier roman historique et écrit d’historien ? », Pratiques : linguistique, littérature, didactique, n°69, 1991. Textes et histoire, p. 7-42. DOI:https://doi.org/10.3406/prati.1991.1630 [lire en ligne]
  • Élodie Malanda, La transmission des valeurs dans les romans pour la jeunesse sur l'Afrique subsaharienne (France, Allemagne, 1991-2010). Les pièges de la bonne intention, thèse sous la direction de Xavier Garnier soutenue le 8 février 2017 à Sorbonne Paris Cité. [lire en ligne] (Bref développement sur Apomi et le grand masque.)
  • Vassilaki Papanicolaou, « Les romans historiques d’Odile Weulersse », dans Anne Besson (dir.), Cahiers Robinson n°39 : Séries et culture de jeunesse, Artois Presses Université, 2016.
  • Odile Weulersse, « La création et le roman historique », Griffon, n°99-100-101, « Regards sur l'histoire », avril-mai-juin 1996, p. 15-16.

Liens externes[modifier | modifier le code]