Phloroglucinol

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Phloroglucinol
Phloroglucinol structure.pngPhloroglucinol-3D.png
Identification
Nom UICPA benzène-1,3,5-triol
No CAS 108-73-6
No ECHA 100.003.284
No CE 203-611-2
No RTECS UX1050000
Code ATC A03AX12
PubChem 359
SMILES
InChI
Apparence Poudre cristalline blanche à beige clair
Propriétés chimiques
Formule C6H6O3  [Isomères]
Masse molaire[1] 126,11 ± 0,006 1 g/mol
C 57,14 %, H 4,8 %, O 38,06 %,
pKa 8,45[réf. souhaitée]
Propriétés physiques
fusion 218,5 °C[réf. souhaitée]
Solubilité 110,6 g l−1 eau à 20 °C[réf. souhaitée].
Sol. dans l'acétone, l'éthanol, l'éther et la pyridine
Précautions
SIMDUT[2]

Produit non contrôlé
Directive 67/548/EEC
Irritant
Xi


Écotoxicologie
DL50 4 550 mg kg−1 souris oral
991 mg kg−1 souris s.c.
4 050 mg kg−1 souris i.p.[réf. souhaitée]
Considérations thérapeutiques
Classe thérapeutique Antispasmodique
Voie d’administration Oral, rectal

Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire.
Une boîte de Spasfon-LYOC (phloroglucinol) 80 mg sous forme de lyophilisats oraux.

Le phloroglucinol ou benzène-1,3,5-triol est un composé aromatique, utilisé dans la synthèse de produits pharmaceutiques et d'explosifs. C'est un antispasmodique entrant dans la composition de médicaments génériques du même nom, ou encore du Spasfon.

Chimie[modifier | modifier le code]

Il est l'un des trois isomères du benzènetriol et existe sous deux formes tautomériques : le 1,3,5-trihydroxybenzène qui a une structure de phénol et la 1,3,5-cyclohexanetrione (phloroglucine) qui est une cétone :

Phloroglucin Tautomerie.svg

Ces deux tautomères sont en équilibre avec une proportion plus importante de la forme trihydroxybenzène qui est stabilisée par l'aromaticité du noyau benzénique. Le phloroglucinol est un intermédiaire réactionnel utile car il est multifonctionnel.

Dans l'eau, le phloroglucinol cristallise sous forme d'un dihydrate qui a un point de fusion de 116 à 117 °C ; la forme anhydre fond à 218220 °C. Il se décompose à sa température d'ébullition mais il est possible de le sublimer.

Ce triphénol possède deux isomères :

Le phloroglucinol n'est pas chiral et ne possède pas d'atome stéréogène.

Préparation et réactions[modifier | modifier le code]

Le phloroglucinol a été isolé originellement à partir d'écorce d'arbres fruitiers, il apparaît naturellement dans certaines plantes. Par exemple, lui et certains de ses dérivés, dont des acyles, sont présents dans les frondes de Dryopteris arguta[3]. Il a été synthétisé par de nombreuses voies, une des plus représentatives est celle partant du trinitrobenzène[4] :

Phlorosynth.png

Cette synthèse est remarquable car les dérivés ordinaires d'aniline sont inertes face à l'hydrolyse. C'est parce que le triaminobenzène existe aussi sous la forme imine tautomérique, qu'il est sensible à l'hydrolyse.

On peut également le préparer à partir du 2,6 dichlorophénol sur lequel on fait réagir de la potasse, formant ainsi le sel de phloroglucinol, qu'on acidifie par la suite. C'est alors une réaction de cinésubstitution.[réf. nécessaire]

Le phloroglucinol réagit comme une cétone dans sa réaction avec l'hydroxylamine, formant le tris(oxime) mais il se comporte aussi comme un triphénol (Ka1 = 3,56 × 10−9, Ka2 = 1,32 × 10−9) comme dans la réaction qui méthyle les trois groupes hydroxyle pour former le 1,3,5-triméthoxybenzène[4].

Médecine[modifier | modifier le code]

Le phloroglucinol est un antispasmodique musculotrope de la famille des triphénols. Il fut découvert par Gérard Glauert et Jacques Fleuret.

Il est fréquemment prescrit afin d'atténuer les spasmes dans les troubles fonctionnels digestifs (colites), les coliques néphrétiques ou hépatiques ainsi que dans certaines douleurs gynécologiques. Dans la plupart des indications, le service médical rendu est considéré comme faible par la Haute Autorité de Santé (HAS)[5]. Une étude de 2018 trouve les preuves d'une efficacité insuffisantes dans le traitement des douleurs abdominales[6] et une de 2019 insuffisantes dans le traitement des douleurs d'origine obstétrique ou gynécologie[7].

Le phloroglucinol est commercialisé en France sous l'appellation « Spasfon » et sous le nom « Phloroglucinol » pour les médicaments génériques, sous diverses formes galéniques : comprimés, lyophilisat (« Spasfon Lyoc »), suppositoires, soluté injectable. Ces différentes spécialités ne contiennent pas les mêmes principes actifs dans les mêmes proportions. Le phloroglucinol y est associé avec son dérivé triméthylé, insoluble dans l'eau, le 1,3,5 triméthoxybenzène. Ce dérivé triméthoxylé, probablement actif, est absent du lyophilisat et en quantité imperceptible dans l'injectable.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  2. « Phloroglucinol » dans la base de données de produits chimiques Reptox de la CSST (organisme québécois responsable de la sécurité et de la santé au travail), consulté le 24 avril 2009.
  3. C. Michael Hogan, 2008, Coastal Woodfern (Dryopteris arguta), GlobalTwitcher, éd. N. Stromberg.
  4. a et b Helmut Fiege, Heinz-Werner Voges, Toshikazu Hamamoto, Sumio Umemura, Tadao Iwata, Hisaya Miki, Yasuhiro Fujita, Hans-Josef Buysch, Dorothea Garbe et Wilfried Paulus, Phenol Derivatives, Ullmann's Encyclopedia of Industrial Chemistry, Wiley-VCH, Wienheim, 2005, DOI 10.1002/14356007.a19_313.
  5. « Spasfon (phloroglucinol/ triméthylphloroglucinol) », sur Haute Autorité de santé (consulté le ).
  6. (en) « Efficacy of phloroglucinol for treatment of abdominal pain: a systematic review of literature and meta-analysis of randomised controlled trials versus placebo », European Journal of Clinical Pharmacology (en),‎ (DOI 10.1007/s00228-018-2416-6)
  7. (en) « Efficacy of phloroglucinol for the treatment of pain of gynaecologic or obstetrical origin: a systematic review of literature of randomised controlled trials », European Journal of Clinical Pharmacology (en),‎ (DOI 10.1007/s00228-019-02745-7)