Peter L. Berger

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Peter L. Berger
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Peter Ludwig Berger, né le 17 mars 1929 à Vienne en Autriche et mort le à Brookline (Massachusetts)[1], est un sociologue et un théologien américain d'origine autrichienne, se définissant lui-même comme appartenant à la tradition libérale protestante.

Biographie[modifier | modifier le code]

Peter L. Berger est le fils de George William Berger et de Jelka Loew. Il immigre aux États-Unis en 1946 et est naturalisé citoyen américain en 1952. Il est marié à Brigitte Kellner le 28 septembre 1959 et a deux garçons, Thomas Ulrich et Michael George.

Berger obtient une licence (B.A., 1949) au Wagner College, avant de faire une maîtrise (M.A., 1950) et un doctorat (Ph.D., 1954) à la New School for Social Research.

Sa carrière de sociologue débute en 1954 à l'université de Georgie à Columbus. Par la suite, il occupera des postes d’enseignant dans plusieurs universités. Il enseigne à l'Evangelic Academy de Bad Boll en Allemagne de 1955 à 1956, puis au Women’s College de l’Université de Caroline du Nord (actuellement University of North Carolina at Greensboro) de 1956 à 1958] avant de passer au Hartford Seminary Foundation de Hartford au Connecticut, de 1958 à 1963 ; puis au New school for Social Research à New York City de 1963 à 1970, à la Rutgers University de 1970 à 1979 et au Boston College de 1979 à 1980. En 1981, il devint professeur à la Boston University.

À partir de 1985, il est le directeur l'Institute on Culture, Religion and World Affairs (CURA) de la Boston University[2] qu’il a fondé, et professeur de sociologie et de théologie au College of Arts and Sciences and School of Theology[3].

Travaux[modifier | modifier le code]

Les travaux de Peter Berger s'inscrivent dans le courant de la sociologie phénoménologique initiée par le sociologue d'origine autrichienne Alfred Schütz, dont Berger lui-même ainsi que son collègue Thomas Luckmann ont suivi les enseignements. C'est avec ce dernier qu'il écrit The Social Construction of Reality (1966), un ouvrage qui propose une nouvelle approche de la sociologie de la connaissance et qui aura une influence sur le constructivisme dans les sciences sociales.

Son héritage est entaché par ses collaborations rétribuées[4] avec l'industrie du tabac, qu'il estimait victime de la loi et de l'activisme anti-tabac. Dans le chapitre « A Sociological View of the Antismoking Phenomenon » du livre Smoking and Society: Toward a More Balanced Perspective), il décrit le mouvement anti-tabac sous l'angle d'une secte (a “health cult”) dans lequel les médecins sont des “priests”, les hopitaux des “sanctuaries”, et où « toute menace sur la santé est vue comme l'intervention du démon » (« any threat to health must take on a devilish quality »[5]). Plaçant le débat sur le plan politique, il voit dans les campagnes anti-tabac une insupportable limitation des libertés individuelles et une voie ouverte au totalitarisme[6]. Il prête sa voix et son image pour un film de Philip Morris[7], et assiste à au moins une réunion de haut niveau de la firme[8]. Selon le sociologue Mark Carrigan, il fait partie d'un vaste mouvement de « marchands de doutes »[9].

Principales publications[modifier | modifier le code]

  • 1963 : Invitation to Sociology : A Humanistic Perspective
  • 1966 : The Social Construction of Reality, avec Thomas Luckmann. Traduit en français sous le titre : La construction sociale de la réalité. Paris : Méridiens Klincksieck, 1986. - IV, 288 p.,
  • 1967 : The Sacred Canopy
  • 1970 : Rumors of Angels: Modern Society and the Rediscovery of the Supernatural
  • 1977 : Facing up to Modernity. Excursions in Society, Politics and Religion, traduit en français sous le titre : Affrontés à la modernité, éd. du Centurion Paris 1980.
  • 1979 : The Heretical Imperative, traduit en français sous le titre : L’impératif hérétique. Les possibilités actuelles du discours religieux, Paris, Van Dieren, 2005.
  • 1986 : The Capitalist Revolution : Fifty Propositions about Prosperity, Equality, and Liberty
  • 1995 : Modernity, Pluralism and the Crisis of Meaning, avec Thomas Luckmann,
  • 1997 : Redeeming Laughter: The Comic Dimension of Human Experience
  • 1999 : The Desecularization of the World: Resurgent Religion and World Politics, avec Jonathan Sacks, David Martin, Tu Weiming, George Weigel, Grace Davie, et Abdullahi A. An-Naim.
  • 2003 : Questions of Faith: A Skeptical Affirmation of Christianity
  • 2003 : Many Globalizations: Cultural Diversity in the Contemporary World, avec Samuel P. Huntington.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « RIP: Founding Director of CURA, Prof. Peter Berger, Dies at 88 », sur bu.edu, 28 juin 2017
  2. (en) Boston University:Institute on Culture, Religion and World Affairs (CURA)
  3. (en) www.bu.edu/sth/faculty/staff/berger
  4. (en) « Lettre de 1979 de K. Hoel à Peter Berger: 4125$ pour avoir participé à un colloque », sur Industry Documents Library (consulté le 6 juillet 2017)
  5. (en) Chester Nelson Mitchell, The Drug Solution, McGill-Queen's Press - MQUP, (ISBN 9780886291167, lire en ligne)
  6. (en) « Prise de position personnelle (1982) », sur Industry Documents Library (consulté le 6 juillet 2017)
  7. (en) « Philip Morris Europe Training Series on Smoking Issues 1. Environmental Tobacco Smoke Shooting Script. Transcript. May, 1993. 12 pp. Bates No. 2501361394/1405 », sur Industry Documents Library, (consulté le 6 juillet 2017)
  8. (en) « Program M.I.T. - Philip Morris Round Table. Agenda. February 5, 1981. Bates No.1000217458/7459 », sur Industry Documents Library, (consulté le 6 juillet 2017)
  9. (en) « peter berger – Mark Carrigan », sur markcarrigan.net (consulté le 6 juillet 2017)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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