Pendentif (architecture)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir pendentif.
Coupole reposant sur quatre pendentifs
Schéma de la conception géométrique d'une coupole sur pendentifs: les pendentifs sont quatre portions « triangulaires » d'une large voûte hémisphérique inférieure, celle-ci ayant été sectionnée par quatre arcs en plein cintre verticaux et par la base horizontale circulaire de la coupole supérieure. Le système repose ainsi sur quatre points aux coins d'un espace de plan carré dont la largeur peut être équivalente ou supérieure au diamètre de la coupole supérieure.

Le pendentif en architecture désigne une section triangulaire d’une voûte hémisphérique laissée entre les pénétrations, dans cette voûte, de deux berceaux semi-cylindriques et de la base d'une coupole. Les pendentifs permettent de suspendre une coupole circulaire sur quatre piliers autour d'un espace de plan carré[1]. Il est différent de l'écoinçon qui est un triangle plan, et de la trompe qui est un arc associé à un cul de four.

Pendentifs antiques romains, sculptés d'aigles impériaux en relief, portant la petite coupole de l'arc de Septime Sévère à Leptis Magna (Libye), un arc de triomphe de type tétrapyle datant du IIe siècle.
La coupole sur pendentifs de la basilique Sainte-Sophie de Constantinople, chef-d’œuvre de l'architecture byzantine du VIe siècle, est à la fois la plus ancienne grande coupole sur pendentifs connue et celle qui demeure la plus large du monde[2]

Pour certains auteurs, le pendentif, technique subtile et complexe à réaliser, s'oppose à la trompe, plus simple et archaïque, pour élever ce cercle superposé au carré. Pour d'autres auteurs il s'agit de deux variantes du même objet puisqu'ils ont la même fonction, la trompe est une forme de pendentif, ou bien aussi encore le pendentif est une forme de trompe[3]. En réalité trompes et pendentifs sont techniquement très différents. En effet, les trompes sont des arcs (accompagnés de culs-de-four pour les fermer), qui reposent sur quatre murs latéraux de l'espace carré à couvrir, qui doivent être épais (ces murs peuvent eux-mêmes reposer sur de solides arcs pour repartir ensuite le poids sur les quatre coins du carré), alors que les pendentifs sont des portions d'une large voûte hémisphérique qui concentrent directement le poids sur les quatre coins du carré et qui ne nécessitent aucun mur sur les côtés du carré. De plus, les trompes donnent un soutien octogonal à la base de la coupole, ce qui permet de n'y suspendre que des coupoles elles-mêmes octogonales ou des coupoles circulaires de petite dimension, alors que les pendentifs fournissent une base directement circulaire à la coupole, ce qui permet d'utiliser cette technique pour porter de très grandes coupoles circulaires, comme le prouve Sainte-Sophie de Constantinople.

Les pendentifs byzantins sont en général constitués d'assises de briques qui suivent les courbes qui les bordent, ces assises constituent et continuent les grands arcs en plein cintre sur lesquels ces pendentifs reposent. Les pendentifs des églises romanes françaises en revanche, comme à la cathédrale Saint-Front de Périgueux, qui s'inspirent pourtant à l'origine des églises byzantines, sont en général constitués d'assises superposées horizontales en pierre, c'est-à-dire formés de blocs dont le lit de pose est horizontal et en encorbellements[4].

Le pendentif de Valence, d'après le Pendentif, monument de Valence (Drôme), autrement appelé voûte ou coupole en pendentifs, est un type de voûte où les pendentifs se rejoignent pour former la voûte et ne sont pas nécessairement construits par lits horizontaux (coupole « assisée »), mais en suivant les quatre arcs en plein cintre du support, selon un appareil de plan carré (Valence), ou encore en partant des angles (« appareillage en chevrons »).

On appelle pendentif de Modène (rare) une portion de voûte d'ogives gothique comprise entre deux arcs, formant un triangle.

Ce terme pendentif désigne encore la décoration peinte sur des surfaces polygonales souvent curvilignes et comprises entre des portions de voûtes ou de baies cintrées.

En l'architecture gothique le pendentif d'une clef de voûte est le motif de décoration sculpté pour être pendant.

Le pendentif est un autre nom du cul-de-lampe qui est le support sans colonne en saillie de mur d'une colonnette départ d'arc ou d'une nervure de voûte.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) Éliane Vergnolle, La création architecturale en Franche-Comté au XIIe siècle : du roman au gothique, éd. Presses Univ. Franche-Comté, 2001, p. 335
  2. Eugène Viollet-le-Duc, Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, article "Pendentif", [1]
  3. Jean-Marie Pérouse de Montclos, Architecture, méthode et vocabulaire, éd. du patrimoine.
  4. Abel Fabre, La question byzantine et les coupoles du Périgord, Revue des études byzantines, 1914, consulté sur Persee.fr, [2]