Trompe (architecture)

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Tourelle sur trompe, à Angers
Coupole sur trompes paléochrétienne du baptistère San Giovanni in Fonte de Naples, datant du IVe ou Ve siècle (Bas-Empire). L'ensemble est recouvert de mosaïques du Ve siècle.
La coupole sur trompes du Palais d'Ardashir, architecture sassanide du IIIe siècle avec influence romaine, est la plus ancienne encore partiellement debout connue.
les coupoles sur trompes sont très fréquentes dans l'architecture byzantine et arménienne, ici la Basilique d'Odzum, VIIIe siècle.
Trompes cannelées en forme de coquille de la coupole du mihrab (vers 836) dans la Grande Mosquée de Kairouan, en Tunisie.

Une trompe est une portion de voûte tronquée formant support d'un ouvrage (voûte, coupole, tourelle, etc.) en surplomb, permettant de changer de plan d'un niveau à l'autre.

Typologie[modifier | modifier le code]

Les trompes se rangent en fonction de leur position[1] :

  • Trompe dans l'angle : qui prend appui sur deux pans de mur qui forment un angle rentrant ;
  • Trompe dans le coin : qui prend appui sur deux pans de mur qui forment un angle saillant, en couronnement d'un pan coupé.

Coupole sur trompes[modifier | modifier le code]

La technique de la coupole sur trompes est l'une des deux principales techniques (avec la coupole sur pendentifs) qui permet de suspendre une coupole à base ronde ou octogonale au dessus d'un espace carré qui la circonscrit. La trompe est la technique la plus primitive et la plus simple à réaliser, mais elle ne permet de suspendre que de petites coupoles avec de bonnes épaisseurs de mur. Le pendentif en revanche, plus complexe à réaliser, permet d'élargir considérablement le diamètre de la coupole. les trompes peuvent cependant être subdivisées et composées pour se rapprocher plus moins de la forme d'un pendentif, les deux techniques peuvent donc parfois s'apparenter[2].

La coupole sur trompes était connue des Romains dès l'Antiquité. Bien que les exemples romains encore debout qui ont pu subsister jusqu'à nos jours sont tardifs, la présence d'espaces carrés qui semblent avoir été couverts par des coupoles laisse supposer que la technique était connue très tôt. Un des plus beaux exemples est la coupole du baptistère paléochrétien San Giovanni in Fonte de Naples, dont la coupole et les trompes sont recouvertes de mosaïques du Ve siècle (la construction de baptistère a cependant commencé au IVe siècle). Le motif assez fréquent de "coquille" qu'on trouve sur les trompes byzantines, islamiques et romanes, est typiquement romain (décors de "culs de four" et tympans dans l'architecture romaine) et pourrait être un indice de sources d'inspiration antiques. L'exemple de coupole sur trompe le plus ancien connue qui est encore partiellement debout se trouve cependant dans l'architecture sassanide, dans le Palais d'Ardashir datant du IIIe siècle, monument qui présente quelques influences romaines par ailleurs.

Cette technique est très utilisée dans l'architecture byzantine et arménienne. Dans l'architecture byzantine cette technique sera rapidement concurrencée par les pendentifs, proches en apparence mais c'est en réalité une technique très différente et plus subtile, répartissant les poussés de la coupole de manière beaucoup plus directe et homogène que les trompes sur quatre piliers autour de l'espace carré à couvrir, et donc plus adaptée aux grandes coupoles. La Basilique Sainte-Sophie de Constantinople en est l'exemple le plus éclatant. Tandis que les trompes doivent reposer sur les murs épais (ces murs peuvent eux-mêmes reposer sur des arcs pour repartir le poids sur quatre piliers). Les petites coupoles sur trompe se rependent aussi dans l'architecture islamique où elles sont très fréquentes.

Dans l'architecture romane, la coupole a souvent été utilisée pour couvrir les croisées de transept. Ces coupoles n'étant le plus souvent pas de très grande dimension, la transition entre le plan carré de la croisée et le plan circulaire (ou octogonal) de la coupole est le plus souvent assurée par de simples trompes. À l'abbatiale Sainte-Foy de Conques, les trompes sont utilisées comme des niches abritant les quatre statues[3]. On trouve également des pendentifs, comme à la cathédrale Saint-Front de Périgueux qui s'inspire des grandes coupoles byzantines. Les constructeurs du moyen âge ont fait un grand usage des trompes pour porter les flèches de pierre à huit pans sur les tours carrées (Église Saint-Ours de Loches, Église Saint-Denis de Mogneville).

Les trompes sont appareillées à claveaux, soit au moyen d’une suite d’arcs concentriques, soit en forme de cône nous dit Viollet-le-Duc[4]. L'architecture islamique choisit des trompes en encorbellement orné de muquarnas.

La trompe a été utilisée par certains architectes comme un tour de force de stéréotomie :

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Noël, Technologie de la pierre de taille : Dictionnaire des termes couramment employés dans l'extraction, l'emploi et la conservation de la pierre de taille, Paris, Édition SEBTP, , 3e éd., 369 p. (ISBN 978-2-915162-33-2), p. 353-354
  2. Jean-Marie Pérouse de Montclos, Architecture, méthode et vocabulaire, éd. du patrimoine.
  3. (fr) Les sculptures de l'église Sainte-Foy de Conques
  4. Viollet-le-Duc, dans son Dictionnaire raisonné de l'architecture française du XIe au XVIe siècle

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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