Pacte national pour l'émergence industrielle

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Le pacte national pour l'émergence industrielle est un contrat programme visant à développer l'industrie au Maroc à travers le développement des métiers mondiaux du Maroc, à mettre à niveau le tissu de PME marocain, à améliorer la formation professionnelle et le climat des affaires. Émanation de la stratégie émergence, ce contrat programme contient cent onze engagements signés entre le gouvernement représenté par neuf ministères (voir partie Signataires) et le secteur privé représenté par la CGEM et le GPBM.

Il a été signé le 13 février 2009 à Fès sous la présidence effective du roi Mohamed VI et vise à faire du Maroc une plateforme d'investissements industriels[1].

Contexte et objectifs[modifier | modifier le code]

Dans un contexte mondial marqué par une bataille pour attirer les investissements extérieurs, la question de la compétitivité est encore plus critique. Les IDE représentent en effet le levier de développement le plus efficace pour les pays ne disposant pas de richesses naturelles. Dans ce contexte, le choix de la destination Maroc représente le baromètre le plus juste de sa compétitivité réelle.

Le contrat programme a pour objectif de favoriser le développement de l'industrie au Maroc en attirant des investissements étrangers dans les métiers pour lesquels le Maroc offre un avantage compétitif durable.

Ces investissements permettront de créer les emplois nécessaires au développement du pays.

Les signataires anticipaient lors de la signature du contrat programme en 2009 la création de 220 000 emplois industriels directs, une augmentation du PIB de 50 milliards de dirhams, la génération d’un volume supplémentaire d’exportations de 95 milliards de dirhams et la génération d’un volume supplémentaire d'investissements privés de 50 milliards de dirhams.

Cahier des charges du Pacte[modifier | modifier le code]

Préalablement à sa rédaction, une étude initiée conjointement par Ahmed Réda Chami, ministre du Commerce et de l'Industrie et Moulay Hafid Elalamy, président de la Confédération générale des entreprises du Maroc a été confiée au cabinet Mckinsey.

Le cahier des charges de cette étude comprenait cinq volets.

Volet I : Métiers Mondiaux du Maroc[modifier | modifier le code]

Il consiste à développer les métiers mondiaux du Maroc (automobile, aéronautique, électronique, offshoring, textile et cuir, agroalimentaire) et à les doter de nouveaux espaces de 3e génération : les Plateformes industrielles intégrées (P2I). Celles-ci devront offrir à tout industriel, du foncier à prix compétitif et des services mutualisés (guichet administratif unique, maintenance, restauration, formation, etc.). Ces P2I devront être intégrées à leur environnement extérieur et se positionner comme véritable poumon économique pour les villes dans lesquelles elles seront situées.

Volet II : Modernisation compétitive des PME[modifier | modifier le code]

Il s’agit de moderniser le tissu de PME[2] qui est très fragmenté et fragile.

L’objectif est d’intervenir tout le long du cycle de vie de la PME en encourageant la création d’entreprises, améliorant la compétitivité de celles existantes par de l’assistance technique et managériale et enfin en agissant sur la reconfiguration du tissu par la facilitation des mécanismes de consolidation ce qui permettra de créer des champions nationaux au niveau de la PME.

Volet III : Amélioration du climat des affaires[modifier | modifier le code]

Ce volet a pour objectif d'améliorer le climat des affaires et gagner des places dans les classements internationaux notamment à travers la réforme des processus liés à l’acte d’entreprendre[3].

L’accent a été mis sur les processus critiques à impact direct et important sur l’environnement des affaires.

Volet IV : Redynamisation de la formation[modifier | modifier le code]

Le taux de chômage urbain au Maroc[4] est très élevé alors que paradoxalement certains secteurs ne trouvent pas les ressources humaines nécessaires.

Une meilleure adéquation entre l’offre et la demande devient un impératif. La démarche a été d'inciter les opérateurs à prévoir leurs besoins par secteur[5].

Par ailleurs, l’état et le privé, conscient de la nécessité d'améliorer la qualité de la formation ont décidé de prendre comme modèle les instituts spécialisés[6] (ex IMA).

Volet V : Agence Marocaine de Développement des investissements[modifier | modifier le code]

La création de cette agence était un impératif pour renforcer l’exécution de la stratégie industrielle.

Cette Agence a été dotée des moyens humains et financiers nécessaires avec des représentations à l’étranger ayant pour mission principale d’attirer les investisseurs étrangers à l’instar de dispositifs similaires mis en place par des pays concurrents.

L'objectif est de faire de ces investisseurs des locomotives[7] suivant l'exemple de ce qui a été réalisé avec Renault à Tanger[8].

Synthèse du Pacte[modifier | modifier le code]

Mesures[modifier | modifier le code]

Le contrat programme contient 111 mesures dont 56 portant sur les métiers mondiaux du Maroc[9], 48 portant sur la compétitivité des PME et 7 relatives à la gouvernance et l’exécution des actions.

Signataires[modifier | modifier le code]

Afin de s'assurer de sa mise en œuvre , le Pacte a été rédigé avec l'ensemble des départements ministériels concernés[10] et a été signé par le ministère de la Justice, le ministère de l’Intérieur, le ministère de l’Économie et des Finances, le ministère de l’Agriculture et des Pêches maritimes, le ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur, de la Formation des cadres et de la Recherche scientifique, le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle, le ministère de l’Industrie, du Commerce et des Nouvelles Technologies, le ministère du Commerce extérieur, le ministère délégué aux Affaires économiques et générales. Le secteur privé était représenté par la Confédération générale des entreprises du Maroc et le Groupement professionnel des banques du Maroc.

Gouvernance[modifier | modifier le code]

Un mode de gouvernance propre au Pacte a été instauré afin de rassembler les différentes parties prenantes.

Un Comité de pilotage présidé par le Premier ministre[11] avec pour mission de fixer les priorités, de résoudre les éventuels points d'arbitrage et de valider et communiquer sur l'avancement de la mise en œuvre du Pacte.  

Des Comités de suivis publics-privés dédiés au pilotage et au suivi de chaque domaine du Pacte[12](représentants du secteur privé) :

  • Comité de suivi automobile (Larbi Belarbi) ;
  • Comité de suivi aéronautique (Hamid Benbrahim Andaloussi) ;
  • Comité de suivi électronique (Said Tanta) ;
  • Comité de suivi offshoring (Moncef Benabdeslam) ;
  • Comité de suivi textile et cuir (El Mostapha Sajid) ;
  • Comité de suivi agroalimentaire (Amine Berrada Sounni)[13] ;
  • Comité de suivi compétitivité des PME (Hicham Chebihi Hassani et M. Salaheddine Kadmiri[14]) ;
  • Comité national de l’environnement des affaires (Hicham Naciri)[15],[16] ;
  • Comité stratégique formation (Karim Zaz) ;
  • Directeur délégué de la CGEM (Mehdi El Idrissi).

Réalisations[modifier | modifier le code]

Volet I : Métiers Mondiaux du Maroc[modifier | modifier le code]

Atlantic Free Zone a été inaugurée en 2012. Sur une superficie totale de 345 ha dont 198 bénéficiant du statut de zone franche, elle accueille notamment les implantations de Saint-Gobain[17], Delphi[18], Sews[19] et a été sectionnée pour accueillir l’usine de Peugeot[20].

Création de Midparc P2I dédiée à l’aéronautique sur une superficie de 125 ha[21]. La zone accueille notamment les implantations d'Airbus , Bombardier, Safran[22].

Volet II : Modernisation compétitive des PME[modifier | modifier le code]

Adoption d'une nouvelle définition de la PME.

Création de fonds d'investissement en capitaux propres spécialisés en capital amorçage avec abondement par l'État[23].

Volet III : Amélioration du climat des affaires[modifier | modifier le code]

Volet IV : Redynamisation de la formation[modifier | modifier le code]

Volet V : Agence Marocaine de Développement des investissements[modifier | modifier le code]

Réformes abandonnées ou reportées[modifier | modifier le code]

Volet I : Métiers Mondiaux du Maroc[modifier | modifier le code]

Volet II : Modernisation compétitive des PME[modifier | modifier le code]

Volet III : Amélioration du climat des affaires[modifier | modifier le code]

Volet IV : Redynamisation de la formation[modifier | modifier le code]

Volet V : Agence Marocaine de Développement des investissements[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Plan Emergence : Un moyen de relance industrielle », sur Maghress (consulté le 2 février 2016)
  2. « Emergence industrielle acte II Le package PME », sur www.lecomoniste.com (consulté le 2 février 2016)
  3. « M. Nizar Baraka : Des réalisations importantes accomplies grâce au Pacte National pour l’Emergence Industrielle », sur www.lopinion.ma, L'Opinion (consulté le 2 février 2016)
  4. « Maroc : le taux de chômage repasse au-dessus de la barre des 10 % », sur usinenouvelle.com, L'Usine nouvelle, (consulté le 2 février 2016)
  5. MAP, « Le pacte Emergence a favorisé l'implication des professionnels dans la formation », sur Lemag.ma : Portail d’information dédié au Maroc (consulté le 2 février 2016)
  6. MAP, « Pose de la première pierre pour la construction de l'Institut des métiers de l'aéronautique », sur Aeronautique.ma (consulté le 2 février 2016)
  7. « La sous-traitance au cœur de la nouvelle stratégie industrielle du Maroc », sur Conjoncture.info (consulté le 2 février 2016)
  8. « Le Maroc accueille les industriels comme des rois », sur Les Échos Business (consulté le 2 février 2016)
  9. « Emergence industrielle acte II 50 milliards de DH de plus au PIB industriel », sur www.lecomoniste.com (consulté le 2 février 2016)
  10. MAP, « Mohammed VI préside à Fès la signature du contrat-programme relatif au Pacte national pour l'émergence industrielle », sur Lemag.ma (portail d’information dédié au Maroc) (consulté le 2 février 2016)
  11. « Pacte national pour l'émergence industrielle : Une 1ère réunion », sur Maghress (consulté le 2 février 2016)
  12. « Offshoring Le meilleur élève », sur Maghress (consulté le 2 février 2016)
  13. « Food Magazine, n° 16, décembre 2009, p. 34-35 », sur fr.1001mags.com (consulté le 2 février 2016)
  14. « Salaheddine Kadmiri, PDG de Schiele Maroc », sur Lavieeco (consulté le 2 février 2016)
  15. « La création de la Commission nationale de l'environnement des affaires dédiée au renforcement de l'attractivité du pays (Baraka) », sur Maghress (consulté le 2 février 2016)
  16. « Maroc : qui est Me Naciri, l’homme qui a négocié avec les deux journalistes français ? », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  17. « Atlantic Free Zone : Saint-Gobain s’étend à Kénitra », sur www.aujourdhui.ma (consulté le 4 février 2016)
  18. « Avec l'ouverture à Kénitra de son troisième site de câblage, Delphi va employer près de 10 000 salariés au Maroc », sur usinenouvelle.com, L'Usine nouvelle, (consulté le 4 février 2016)
  19. Kisito Ndour, « AFZ de Kénitra : 10 500 emplois créés, 2 MMDH d'investissement », sur www.leseco.ma (consulté le 4 février 2016)
  20. « La future usine PSA au Maroc en 15 points clés », sur usinenouvelle.com, L'Usine nouvelle, (consulté le 4 février 2016)
  21. « Casablanca : La P2I de Nouaceur se dessine », sur www.lecomoniste.com (consulté le 4 février 2016)
  22. « Aéronautique : Après Bombardier et Stelia, l'américain Hexcel s'implante au Maroc », sur Al Huffington Post (consulté le 4 février 2016)
  23. Afifa Dassouli, « Entretien avec M. Houcine Itaoui, DG de la Caisse Centrale de Garantie », sur La Nouvelle Tribune (consulté le 9 février 2016)