Ouled Bou Sbaa

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Les Ouled Bou Sbaa (variantes Bousbaa, Besbaa, littéralement « du lion ») sont une tribu de Maures nomades de langue hassanya vivant au Maroc et en Mauritanie, ainsi que dans le territoire du Sahara occidental. Ils pratiquent le commerce du Sénégal à Marrakech. Tribu arrivée la plus récemment dans la région, elle revendique une origine chorfa[1].

La tribu des Ouled Bou Sbaa, dont l'influence était historiquement importante dans le paysage des tribus mauritaniennes dans le Nord et le Sud-Ouest, influence notamment attestée par les écrits occidentaux [2]. Le général Mohamed Ould Abdel Aziz et le colonel Ely Ould Mohamed Vall, cousins germains et membres des Ouled Bou Sbaa, ont joué un rôle actif et influent dans la vie militaire, politique et économique mauritanienne après 2005 jusqu'à ce que le premier devienne président de la République islamique de Mauritanie.

Histoire[modifier | modifier le code]

La première trace historique des Ouled Bou Sbaa date de 1782, lorsque le sultan Mohammed ben Abdallah les expulsa de Marrakech vers le Sahara[3],[4]. Ils s'installent alors dans le Río de Oro et se lancent avec succès dans le commerce caravanier jusqu'au sud du Sénégal.

Premiers sahraouis à s'armer de fusils à tir rapide dans la seconde moitié du XIXe siècle, ils se lancent dans des rezzou victorieux contre leurs voisins, et sont à plusieurs reprises en guerre contre les Kountas de Tombouctou entre 1860 et 1870, puis contre les Oulad Delim en 1899 et contre Ouled Biri en 1905. Les conflits qui les opposèrent aux Reguibat de 1905 à 1910 se soldèrent par des pertes importantes des deux côtés.

Au début du XXe siècle et jusqu'aux colonisations françaises et espagnoles, ils établissent une relative hégémonie commerciale et militaire sur la partie occidentale du Sahara[5] mais, en bute constamment à la vive concurrence des autres tribus, les Ouled Bou Sbaa n’ont pas réussi à se constituer un territoire tribal stable et se sont vus contraints à la dispersion[6].

Cette dispersion va finir par devenir un atout majeur puisqu'une partie de la tribu va s'installer au Sénégal, d'où elle va pouvoir organiser un commerce fructueux avec la Mauritanie avant d'étendre ce réseau à d'autres pays[6]. Ils seront ainsi les premiers à introduire les moyens de transport modernes, notamment le camion, en Mauritanie, et gardent un contrôle important sur le secteur stratégique des transports[6].

La lente ascension de cette tribu numériquement faible et arrivée récemment en Mauritanie depuis le Sud marocain, l'a amenée jusqu'au sommet du pouvoir avec le coup d'État de 2005 et l'élection d'un de ses membres, le président Mohamed Ould Abdelaziz.

Les Ouled Bou Sbaa aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui, les Ouled Bou Sbaa jouissent d’une solide réputation d’hommes d’affaires qualifiés. Dans le monde tribal traditionnel de la Mauritanie, le prestige est basé sur le pouvoir militaire et politique détenu par les tribus "Hassanes" qui fondèrent les Emirats de l'Adrar, du Trarza, du Brakna notamment, et le pouvoir religieux détenu par les tribus maraboutiques "Zwaya" [7]. Les Oulad Bousbaa, arrivés plus tard dans ce qui sera l'actuel Mauritanie, on été plutôt classifiés dans la première catégorie bien que n'étant pas une tribu Hassane. Certains d'entre eux sont des intellectuels réputés, dont l'ancien ministre des Affaires étrangères, Mohamed Mahmoud Ould Mohamedou, Abdallahi Ould Benhmeida et d’autres poètes et juges tels que les Leaweissi, Ghadoury et Moctar Hassen. Au Maroc, ils possèdent des Ecoles de savoir religieux dans la région de Marrakech.

La partie mauritanienne des Ouled Bou Sbaa, bien que répartie dans tout le pays et au Sénégal, avec une présence plus marquée dans la wilaya (Région) de l'Inchiri. Au nord, ils sont présents dans la ville marocaine de Marrakech et au Sahara occidental. Au sud, ils sont basés près de Rosso, la ville dont est originaire le sénateur Ouled Bou Sbaa Mohsen Ould El Hadj. Mohamed Ould Abdel Aziz et Ely Ould Mohamed Vall ont grandi à Louga, au Sénégal et leur cousin Malainine Ould Tomi a ses affaires à Saint-Louis. Beaucoup d'Ouled Bou Sbaa dans le sud parlent couramment le wolof.

La tribu des Ouled Bou Sbaa a acquis une influence dans l'armée par Mohamed Ould Abdel Aziz et avant lui Ely Ould Mohamed Vall, colonels à l'époque et respectivement commandant du Bataillon de la Sécurité Présidentielle (BASEP) et directeur de la Sureté nationale (Police nationale) de 1987 à 2005. C'est a priori Ely Ould Mohamed Vall qui avait établi une relation privilégiée avec le président Maaouiya Ould Taya et sa tribu Smasside, grâce notamment à sa sœur, Lemliha Mint Eleya, qui était mariée à Sid'Ahmed Ould Taya. Ely a ensuite aidé Abdel Aziz à rejoindre l'armée et plus tard ce dernier s'est retrouvé épouser la fille d'un membre influent de la tribu Smasside. Les deux hommes rompront en 2008 avec l'élection de Mohamed Ould Abdel Aziz.

Personnalités[modifier | modifier le code]

  • Mohamed Ould Abdel Aziz, président mauritanien jusqu'au 1er août 2019 auquel a succédé Mohamed Ould Ghazouani
  • Ely Ould Mohamed Vall, ancien chef de l'État (2005-2007) et ancien directeur de la Sureté nationale (Police nationale) de 1987 à 2005
  • Mohamed Ould Bouamatou, une des plus grosses fortunes mauritaniennes, vivant en exil depuis 2009
  • Mohamed Mahmoud Ould Mohamedou, ancien ministre des Affaires étrangères et universitaire international
  • Mohamedou Ould Mohamed Mahmoud, père du ministre des Affaires étrangères et ancien président de la chambre de commerce
  • Malainine Ould Tomi, ancien chef de mission du haut conseil d'État
  • Mohsen Ould El Hadj, sénateur de Rosso en 2008
  • Ould Benhmeida, gouverneur de la banque centrale mauritanienne en 2008
  • Mohamed Lemine Ould El Mamy,hommes d'affaires
  • Ahmed Ould Ghadda, homme d'affaires
  • Azizi Ould El Mamy, homme d'affaires

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Attilio Gaudio, Les Populations du Sahara occidental, Karthala, 1993, p. 75
  2. Cdt Frèrejean, Mémoires de randonnées et de guerre au pays des Beidanes, Karthala, édition présentée et annotée par Geneviève Désiré-Vuillemin, 1995.
  3. Attilio Gaudio, op. cit., p. 161
  4. Capitaine Henri Martin, « Les OULAD BOU SBA », Bibliothèque numérique sur la Mauritanie,
  5. Attilio Gaudio, op. cit., p. 166
  6. a b et c Ali Bensaâd, « Aux marges du Maghreb, des tribus mondialisées », Méditerranée, no 116,‎ , p. 25-34 (lire en ligne, consulté le 26 août 2018).
  7. Paul Marty, L'émirat des Trarzas, Paris : E. Leroux, 1919, Collection de la Revue du monde musulman

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Anthony G. Pazzanita, Historical Dictionary of Western Sahara, The Scarecrow Press,