Friedrich Adler (homme politique)

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Friedrich Adler
Friedrich Wolfgang Adler.jpg
Fonction
Député au Conseil national
Biographie
Naissance
Décès
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ZurichVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Lieux de travail
Activités
Père
Mère
Emma Adler (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Parti politique
Conflit
Condamné pour

Friedrich Adler (également Fritz, Vienne 1879 - Zurich 2 janvier 1960), physicien et homme politique socialiste.

Biographie[modifier | modifier le code]

Friedrich Adler était le fils aîné de Victor Adler, médecin et homme politique influent, qui fonda en 1889 et dirigea jusqu'en 1918 le Parti ouvrier social-démocrate d'Autriche, et d'Emma, née Braun. Il était par ailleurs le neveu de l'homme politique Heinrich Braun.

Victor Adler s'opposa au désir de son fils de s'engager dans une carrière politique et l'orienta vers des études techniques. Friedrich entra dans une école réale (Realschule) qu'il termina en 1897. Il suivit ensuite des études de chimie puis de physique à l'École polytechnique fédérale de Zurich (ETH). Il obtint son doctorat en 1905 puis, après une collaboration pendant deux ans au Musée allemand de Munich, il fut assistant à l'Institut de Physique de Zurich (1907-1911).

Albert Einstein était inscrit à l'EPF depuis 1896 et lui et Adler s'étaient liés d'amitié. En 1908, une chaire de Physique théorique fut créée à l'Université de Zurich. Einstein se porta candidat mais en partie à cause du prestige dont jouissait Victor Adler dans les milieux socialisants de Zurich, on préféra Adler. Mais ce dernier intervint auprès de la commission en signalant que ses capacités, comme chercheur dans le domaine de la physique, ne se laissaient pas, même de loin, comparer à celles d'Einstein. Ce plaidoyer convainquit la commission, qui nomma Einstein.

Durant ces années, Friedrich Adler eut diverses activités en politique et en sciences (en particulier, il tenta d'approfondir l'aspect théorique du marxisme par l'étude de la théorie de la connaissance d'Ernst Mach).

À la demande des socialistes Viennois, Adler retourna à Vienne en 1911 et devint l'un des 4 secrétaires du parti social démocratique autrichien. Leader de l'aile gauche du parti, il s'opposa à la politique de guerre nationaliste du parti et donna sa démission en 1914. Adler exprima son opposition véhémente à la guerre dans le journal Le Combat (Der Kampf).

Cette opposition prit un tour dramatique le 21 octobre 1916, lorsque F. Adler assassina, en tirant à bout portant, le Ministre-Président comte Stürgkh responsable selon lui de la poursuite de la guerre. Le Parti social démocrate condamna cet acte de terrorisme individuel totalement étranger à l'idéologie marxiste dont le mouvement se réclamait. Friedrich fut jugé par un tribunal d'exception et condamné à la peine de mort. Il profita de son procès pour prononcer durant 4 heures un plaidoyer contre la guerre.Il expliqua notamment: "Je ne crois pas aux actes de terrorisme individuel, je crois au pouvoir des masses. Je ne suis pas un anarchiste, je persiste à insister sur le fait que l'action des peuples est décisive. Je voulais établir les conditions psychologiques favorables à de futures actions collectives"[1]. L'Empereur Charles, ayant succédé à François-Joseph (qui s'éteignit le 22 novembre 1916), commua la peine capitale en emprisonnement à perpétuité. Durant son incarcération, il rédige un livre: "La conquête du matérialisme mécanique d'E. March" (qui sera publié en 1918). Le 12 novembre 1918 la République d'Autriche est proclamée et de nombreux prisonniers politiques sont amnistiés, dont Friedrich Adler, qui est nommé vice-président du Parti social démocrate.

Son acte l'avait rendu très populaire auprès des membres du nouveau Parti communiste d'Autriche (Kommunistische Partei Ôstereichs (KPÖ)) dont Ruth Fischer fut une des fondatrices. On lui proposa d'en devenir le Président en 1919 ce qu'il refusa. Il participa en 1921 à la fondation de l'union de Vienne (appelée également Internationale "deux-et-demie") visant à unifier les courants des deuxième et troisième Internationales. L'Union de Vienne se rallia ensuite à l'Internationale ouvrière socialiste (anciennement deuxième Internationale). Friedrich Adler en fut secrétaire à Londres (1923-27), Zurich (1927-35) puis Bruxelles à partir de 1935. Émile Vandervelde en fut le Président de 1923 à 1938.

Friedrich Adler émigra aux États-Unis en 1940. Il revint en Europe en 1946 et mourut à Zurich en 1960.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. P.I. Taibo II: "Archanges, 12 histoires de révolutionnaires sans révolution possible" (Ed. Métailié, 2012, p.92)

Bibliographie (partielle)[modifier | modifier le code]

  • Vallentin Antonina, Le drame d'Albert Einstein, Editions Plon, 1957.
  • Braunthal Julius, Victor und Friedrich Adler, WIEN,1965
  • Ardelt Rudolf G, Friedrich Adler, OBV, 1984.
  • ed. Galison P: Holton G; Scweber S,Einstein for the 21st Century,Princeton University Press, 2008
  • François Fejtö, Histoire de la destruction de l'Autriche-Hongrie, EDIMA/Lieu Commun,1988.
  • Paco Ignacio Taibo II, Archanges, 12 histoires révolutionnaires sans révolution possible, Editions Métailié, 2012.