Ida Bauer

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Ida Bauer
Biographie
Naissance Voir et modifier les données sur Wikidata
à VienneVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès Voir et modifier les données sur Wikidata
à New YorkVoir et modifier les données sur Wikidata
Pays de nationalité AutricheVoir et modifier les données sur Wikidata
Enfants Kurt Herbert Adler (en)Voir et modifier les données sur Wikidata

Ida Bauer, née le à Vienne et morte le à New York, est le sujet d'un cas psychanalytique célèbre, étudié par Sigmund Freud en 1905 dans Fragment d'une analyse d'hystérie : Dora et publié dans les Cinq psychanalyses.

Biographie[modifier | modifier le code]

Son père, Philip Bauer né en 1853 à Pollerskirchen, ville de l'actuelle république tchèque, et sa mère, Katharina Gerber-Bauer, elle aussi originaire de Bohême, est née à Köninginhof, tous les deux appartiennent à des familles d'industriels textiles. Ils sont installés à Vienne, où Philip Bauer dirige avec succès l'entreprise familiale et où naissent leurs deux enfants, Otto Bauer, en 1881, qui devient député puis ministre des Affaires étrangères durant la première république autrichienne, théoricien marxiste et secrétaire du Parti démocrate des travailleurs autrichiens[1] et Ida, née en 1882. Philip Bauer est atteint de la syphilis, avant son mariage, puis de la tuberculose en 1888, ce qui le décide à s'installer, avec sa famille à Merano, dans le Tyrol italien. Dans cette ville, où ils passent près de dix ans, ils se lient avec Hans et Peppina Zellenka et leurs deux jeunes enfants. Ida fait ses études chez les soeurs, à Merano ou à domicile avec des leçons privées. Son père a une liaison avec Peppina Zellenka durant ce séjour, tandis que Hans Zellenka tente d'abuser d'Ida, alors âgée de seulement 16 ans.

Quelques années après le retour de sa famille à Vienne, Ida Bauer se marie avec Ernst Adler, ingénieur et compositeur, qui travaille dans les usines de textile de la famille Bauer. Leur fils, Kurt Herbert Adler (en), né en 1905, devient chef d'orchestre, il dirige notamment l'Opéra de San Francisco. Ida Bauer se convertit au christianisme. En 1922 ou 1923, elle consulte Felix Deutsch, et lui indique qu'elle a été analysée par Freud, ce qui permet à Deutsch de l'identifier comme Dora[2]. Felix Deutsch fait d'elle un portrait peu amène, la décrivant comme une hystérique épouvantable[3], qu'il trouva incapable de se lever et en proie à des bouffées paranoïaques[4]. Ida Bauer est veuve dans les années 1930, elle reprend contact avec Peppina Zellenka, qui s'est entre-temps séparée de son mari[5]. Celle-ci l'accueille en 1938, lors de l'annexion de l’Autriche par les Nazis, avant le départ d'Ida Bauer pour Paris, puis les États-Unis. Ida Bauer meurt d'un cancer du côlon en 1945.

Le cas Dora[modifier | modifier le code]

En 1900, Freud évoque, dans une lettre à son ami Wilhelm Fliess, « un nouveau cas, celui d'une jeune fille de 18 ans »[6]. Il s'agit d'Ida Bauer, qui met fin d'elle-même à la cure en décembre 1900, après à peine trois mois. Freud rédige dès l'arrêt de la cure le cas Dora, qu'il ne publie pourtant qu'en 1905, après lui avoir ajouté des remarques et des notes[7]. Ida souffre de symptômes, notamment une toux forte et persistante, des évanouissements à répétition, des crises de dyspnée, et des accès de dépression, que Freud diagnostique comme des manifestations d'hystérie.

Article détaillé : Cinq psychanalyses.

Éditions[modifier | modifier le code]

  • Sigmund Freud, Dora : Fragment d'une analyse d'hystérie (1905), Payot, coll. « Petite Bibliothèque Payot », 2010 (ISBN 978-2-228-90496-4).
  • Sigmund Freud, Fragment d'une analyse d'hystérie : Dora (1905), Paris, PUF, coll. « Quadrige », 2006, (ISBN 2-13-055784-8)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Patrick Mahony, « Bauer, Ida », cf. bibliographie.
  2. Karin Adler, « Ida Bauer, la Dora de Freud ».
  3. Felix Deutsch, « A Footnote to Freud's Fragment of an analysis of a case of hysteria », Psychoanalytic Quaterly, XXVI, p. 159-167.
  4. Patrick Mahony, cf. bibliographie.
  5. Patrick Mahony, Dora s'en va. Violence dans la psychanalyse.
  6. Lettre du 14 octobre 1900.
  7. Fragments d'une analyse d'hystérie (Dora), in Cinq psychanalyses, Paris, PUF.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Karin Adler, « Ida Bauer, la Dora de Freud », Psychanalyse, 2007/3, no 10, p. 73-78 [lire en ligne].
  • Lisa Appignanesi & John Forrester, Freud's Women, New York, Basic Books, 1992 (ISBN 978-0753819166).
  • Patrick Mahony :
    • Dora s'en va. Violence dans la psychanalyse, Les Empêcheurs de penser en rond, 2001 (ISBN 978-2846710022).
    • « Bauer, Ida », p. 184-185, in Alain de Mijolla (dir.), Dictionnaire international de la psychanalyse 1. A/L. Calmann-Lévy, 2002, (ISBN 2-7021-2530-1).
    • « Fragment d'une analyse d'hystérie (Dora) », p. 628-630, in Alain de Mijolla (dir.), Dictionnaire international de la psychanalyse 1. A/L. Calmann-Lévy, 2002, (ISBN 2-7021-2530-1).
  • Michel Neyraut, Le Transfert. Étude psychanalytique, PUF, 2004 (5e édition), (ISBN 2-13-054801-6)
  • Michelle Moreau Ricaud, « Ida Bauer, alias Dora », Topique, 2009/3, no 108, p. 135-142 [lire en ligne] Document utilisé pour la rédaction de l’article.
  • Élisabeth Roudinesco et Michel Plon, Dictionnaire de la psychanalyse, Fayard, 2006.
  • Mikkel Borch-Jacobsen, Les Patients de Freud, Éditions Sciences humaines, 2011

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]