Ordre maçonnique mixte international « le Droit humain »

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Ordre maçonnique mixte international « le Droit humain »
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Forme juridique Association loi 1901
But Obédience maçonnique
Fondation
Fondation 1901
Origine Drapeau de la France France Grande Loge symbolique écossaise
Identité
Siège 5 rue Jules-Breton 75013 Paris
Personnages clés Maria Deraismes, Georges Martin
Président Yvette Ramon
Site web Le Droit humain.org

L'Ordre maçonnique mixte international « le Droit Humain » ou le Droit Humain international est une obédience maçonnique mixte fondée en 1901, évolution structurelle à vocation internationale de la première obédience mixte créé en 1894 par Georges Martin et Maria Deraismes sous le nom de « Grande Loge symbolique écossaise - Droit humain » . Créé pour affirmer l'égalité de l'homme et de la femme devant l'initiation maçonnique, et permettre l'accession des femmes en franc-maçonnerie sans restriction. L'obédience est en 2016 présente dans plus de 60 pays dans le monde, et sur les cinq continents.

Histoire[modifier | modifier le code]

Fondation[modifier | modifier le code]

En 1880, douze loges maçonniques rompent avec la Grande Loge centrale du Suprême Conseil de France, regroupant les loges des trois premiers degrés rattachées au Suprême Conseil de France, et constituent une nouvelle obédience, sous le nom de Grande Loge symbolique écossaise. Certaines de ces loges approuvent le principe de l'initiation des femmes, mais ne peuvent aller plus loin[1].

La loge « Les Libres Penseurs » du Pecq qui fait partie des loges fondatrices proclame son autonomie le 9 janvier 1882, afin d'initier le , selon les pratiques du Rite écossais ancien et accepté, Maria Deraismes, journaliste et militante féministe, remarquée par les frères pour ses talents de conférencière et son engagement militant pour la reconnaissance des droits des femmes et des enfants[2].

Maria Deraismes devient la première femme française admise dans une loge masculine. Les difficultés que connaît la loge après cette initiation qui défraie les chroniques maçonniques poussent quinze membres à signer une demande de réintégration à la GLSE, choix qui amène à l'exclusion du frère Houbron. La réintégration de la loge « Les Libres Penseurs » actée en 1884, Maria Deraismes reste franc-maçonne sans loge d'appartenance pendant près de douze années[3].

Georges Martin, porté par ses convictions humanistes et féministes, continue de réclamer et d'argumenter pour une initiation égalitaire des femmes dans la franc-maçonnerie, appuyant ses convictions lors de conférences maçonniques sur la place que tiennent celles-ci dans la société, la famille et l'éducation. En janvier 1890, il expose un projet de création de loge mixte qualifiée d’expérimentale sous le titre « Droit des femmes » et sollicite l'avis de la GLSE. Si quelques loges se montrent favorable à cette création, le conseil exécutif de l'obédience oppose un refus officiel[4]. Il élabore alors avec Maria Deraismes la mise œuvre d'une structure indépendante pour recevoir des femmes[5].

Après plusieurs rencontres informelles de préparation, entre 1891 et 1893, se tient le la première réunion qui va aboutir à la création d'une nouvelle obédience en France. Dans ces réunions qui prennent la forme de tenues maçonniques et revêtue de son cordon de maître, Maria Deraismes initie et élève successivement aux grades de compagnon puis de maître seize profanes[6]. Toutes sont des femmes engagées dans les luttes d'émancipation et dans la défense des valeurs républicaines[7]. Georges Martin est symboliquement affilié à cette loge féminine « sauvage ». Le , les quinze sœurs présentent et Georges Martin tous membres fondateurs installent au Rite écossais, la première obédience maçonnique mixte du monde, qui prend le nom de « Grande Loge symbolique écossaise le Droit humain » (GLSE-DH). Maria Deraismes est élue première présidente de l’obédience qu'elle déclare ouverte à tous, sans distinction de races, de sexes ou de religions[8].

La reconnaissance nécessaire pour pérenniser et étendre la franc-maçonnerie mixte du Droit humain s'accomplit non sans difficultés dans le premier quart du XXe siècle. La création d'un « Suprême conseil universel mixte » voulu par Georges Martin se réalise avec l'aide discrète du franc-maçon féministe Joseph Décembre porteur du 33e du Rite écossais ancien et accepté[9]. Cette création permet au Droit humain de se structurer pour devenir une puissance maçonnique à vocation internationale et donne la possibilité aux membres de l'ordre d'accomplir leur parcours maçonnique du premier au dernier degré dans l'obédience[10]. Le , l'Ordre maçonnique mixte international « le Droit humain » (OMNI) publie ses constitutions et devient l'organisme central qui délivre les patentes constitutives aux fédérations nationales[9].

Fondateurs[modifier | modifier le code]

Les fondateurs de la première loge mixte qui prend le nom de Grande Loge symbolique écossaise - Le Droit humain qui devient en 1901 le Droit Humain international sont[11] :

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

Principes[modifier | modifier le code]

En créant « Le Droit humain » les fondateurs affirment l'égalité de l'homme et de la femme devant l'initiation maçonnique. Leur volonté est également de transcender, par-delà les frontières, les ethnies, les cultures et les religions.

Depuis, le Droit humain s'étend sur tous les continents où il œuvre pour les droits de la femme et de la citoyenne. Il comporte des fédérations, juridictions et loges pionnières en fonction de l'importance de son développement dans les différents pays. Son but est de rapprocher et de défendre de façon égale les deux moitiés du genre humain qui ont les mêmes besoins et les mêmes intérêts, dans la famille comme dans la société. Il s'agit pour lui de dépasser les particularismes, germes de ségrégation, d'exclusion et de barbarie et de lutter pour la Paix entre les nations.

Le Droit humain se distingue des autres obédiences maçonniques françaises par trois spécificités : « La mixité - l'internationalisme - la continuité initiatique des 33 degrés du REAA ».

Le siège social de l'ordre est situé à Paris, au 5 rue Jules-Breton, dans le 13e arrondissement.

Constitution et règlement général[modifier | modifier le code]

Le Droit humain s'est doté d'une Constitution internationale affirmant ses valeurs. La première version fut promulguée au convent international de 1920.

Liste des dirigeants du Droit humain[modifier | modifier le code]

Depuis sa création l'ordre est dirigé par un grand-maitre élu[12] :

Portrait de Georges Martin. Avec Maria Deraismes, il fonde en 1893 une première loge mixte, la Grande Loge Symbolique Écossaise « Le Droit Humain ».
  • 1903 à 1914 : Marie-Georges Martin (1850 - 1914). Épouse de Georges Martin et premier grand maître de l'ordre[13].
  • 1914 à 1918 : Marie Bonnevial (1841 - 1918). Institutrice, militante socialiste et présidente de la Ligue pour le droit des femmes.
  • 1918 à 1921 : Eugène Piron (1863 - 1928). Autodidacte chimiste, militant socialiste et premier président du Conseil de la Fédération française en 1921[14].
  • 1928 à 1934 : Lucien Lévi (1882 - 1935). Chimiste et enseignant à Angers.
  • 1934 à 1947 : Henri Petit (1868 - 1955). Expert en assurance et président du Conseil de la Fédération française en 1928.
  • 1947 à 1954 : Marguerite Martin (1877 - 1956). Initiée à la Grande Loge mixte symbolique de France[15], elle assure la reprise des activités du Droit Humain au lendemain de la guerre.
  • 1954 à 1969 : Charles Cambillard (1892 -1986). Professeur d'anglais, il consolide l'ordre et assure son expansion[16].
  • 1969 à 1976 : André Clément (1897 - 1986). Initié au Grand Orient de France, il crée le Grand Conseil de la Fédération française en 1939[17].
  • 1976 à 1990 : Jacques Choisez (1910 - 1998). Ingénieur belge, fondateur du premier centre de planning familial de Belgique, il assure deux mandats[18].
  • 1990 à 1997 : Marc Grosjean (1918 - 2012). Historien et syndicaliste militant, initié au Grand Orient de France[19].
  • 1997 à 2007 : Njördur Njardvik (1936) : Islandais, docteur en philologie et universitaire.
  • 2007 à 2012 : Danièle Juette : médecin psychiatre ancienne présidente du conseil national et grand maitre adjoint.
  • Depuis 2012 : Yvette Ramon. Institutrice, conférencière et ancienne présidente du Grand Conseil de la Fédération française[20].

Le Suprême Conseil universel mixte « le Droit humain »[modifier | modifier le code]

La conservation des principes de l'Ordre Maçonnique mixte international « Le Droit humain » est confiée au Suprême Conseil, seule autorité initiatique pour l'ordre tout entier.

Il désigne, auprès de chaque fédération (ou juridiction) du Droit humain son représentant national, un « Puissant Souverain Grand Commandeur », qui est l'intermédiaire obligé entre la fédération, les organismes nationaux et le Suprême Conseil.

Rites du Droit humain[modifier | modifier le code]

Tablier maçonnique au grade de Maître du Rite écossais ancien et accepté.

L'Ordre maçonnique mixte du Droit humain est fondé sur la structure complète du Rite écossais ancien et accepté dont les 33 degrés culminent dans un Suprême Conseil. Toutefois, le caractère international du Droit humain a conduit celui-ci à prendre en considération les rites pratiqués ailleurs qu'en France, en particulier dans les pays où s'est développée la franc-maçonnerie anglo-saxonne. Ainsi, le Rite émulation (ou Rite Anglais), avec ses diverses variantes est très répandu dans les pays sous influence anglo-saxonne[21].

Pratique des « hauts grades maçonniques »[modifier | modifier le code]

L'ordre, conformément aux fondements mêmes de l'Écossisme, est structuré du 1er au 33e degré sans discontinuité dans la voie initiatique. En France, la gestion administrative des grades symboliques est déléguée à un Conseil national, et celle des hauts grades (du 4e au 30e) à la commission des hauts grades (membres du Conseil National dotés du 30ème degré et délégués du Grand Conseil).

Présence internationale[modifier | modifier le code]

Qu'elles soient loges pionnières, juridictions ou fédérations :

  • en Afrique : Maroc (Rabat), Bénin (Cotonou), Rwanda, Sénégal (Dakar), Congo, Côte d'Ivoire, Cameroun (Douala, Yaoundé), Togo, Nigéria, Tchad, Mali, Burkina Faso, Guinée, Afrique du Sud (Le Cap, Durban, Johannesbourg, Prétoria), La Réunion, Madagascar, Île Maurice ;
  • en Amérique : Canada (Québec, Montréal, Toronto), États-Unis, Mexique, Guadeloupe, Martinique, Guyane, Brésil, Argentine, Chili (Santiago, Valparaiso), Colombie, Paraguay, Pérou, Uruguay, Venezuela ;
  • en Asie-Océanie : Liban, Israël, Japon ; Australie, Nouvelle-Calédonie, Tahiti ;
  • en Europe : Islande, Finlande, Danemark, Suède, Norvège, France, Belgique, Luxembourg, Grande-Bretagne, Suisse[22], Allemagne, Autriche, Italie, Espagne, Portugal, Lituanie, Estonie, Bulgarie, Roumanie, République Tchèque, République Slovaque, Pologne, Ukraine, Hongrie, Grèce, Chypre (Nicosie), Russie. Aujourd'hui l'ordre international couvre les cinq continents avec un total de 816 loges symboliques implantées dans 57 pays. Cet ordre est à l’image de nations unies.

Classement aux monuments historiques[modifier | modifier le code]

Siège de l'Ordre maçonnique mixte international « le Droit humain », au 5, rue Jules-Breton, Paris 13e

Au Journal officiel du 8 mai 2014 : " Paris 13e arr. – Le siège du Droit humain international sis 5, rue Jules-Breton, en totalité (cad. AR. 36, cf. plan annexé à l’arrêté) : inscription par arrêté du 1er juin 2013." Cet immeuble était la demeure de Georges Martin, le co-fondateur de l'Ordre. (legs)

Ce bâtiment construit entre 1912 et 1914 est l’œuvre de l'architecte Charles Nizet. L’Égypte était à la mode à cette époque comme en témoigne le Palais de l’Égypte qui a été érigé à l'occasion de l'Exposition universelle de Paris de 1900 et qui a peut-être inspiré l'architecte. La façade soutenue par des colonnes palmiformes, est ornée de triangles ailés qui symbolisent Horus.
Plusieurs inscriptions ornent la façade :

  • « LE DROIT HVMAIN ».
  • « DANS L'HVMANITE LA FEMME A LES MEMES DEVOIRS QVE L'HOMME ELLE DOIT AVOIR LES MÊMES DROITS DANS LA FAMILLE ET DANS LA SOCIETE »
  • Au-dessus de la porte d'entrée la devise de l'Ordre : « ORDO AB CHAO ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Prat et Loubatière 2013, p. 15.
  2. Daniel Ligou, Histoire des francs-maçons en France de 1815 à nos jours, Privat, , p. 154.
  3. Gisèle Yves Hivert-Messeca, p. 312.
  4. Prat et Loubatiere 2013, p. 28.
  5. Gisèle Yves Hivert-Messeca, p. 349.
  6. Gisèle Yves Hivert-Messeca, p. 350.
  7. Prat et Loubatiere 2013, p. 29.
  8. Gisèle Yves Hivert-Messeca, p. 351.
  9. a et b Prat et Loubatière 2013, p. 31-32.
  10. Gisèle Yves Hivert-Messeca, p. 373.
  11. Prat et Loubatière 2013, p. 21.
  12. Andrée Prat et Colette Loubatière, L'ordre maçonnique le Droit Humain, PUF, coll. « Que sais-je », (ISBN 9782130625520, lire en ligne), p. 120-121 (inscription nécessaire) – via Cairn.info.
  13. « Georges Martin », sur http://www.droithumain-france.org
  14. « Grands maîtres (présidents du Suprême conseil). », sur https://www.archivesportaleurope.net
  15. Scission du Droit humain de 1913 à 1922, elle travaille et opère la réunification des deux obédiences
  16. « Charles Cambillard (1892 - 1982) », sur http://www.droithumain-france.org
  17. « HISTOIRE DU DROIT HUMAIN », sur http://www.droithumain-france.org
  18. « Droit Humain International : le siège classé monument historique. », sur http://lamaconne.over-blog.com
  19. Marc Grosjean, Le Droit Humain International - 1913-1947 De l'éveil à la mise en Œuvre, Detrad aVs, (ISBN 2-905-319-75-5).
  20. « Yvette Ramon devient Très Puissant Souverain Grand Commandeur et Grand Maître de la Fédération Internationale Mixte le Droit Humain. », sur http://www.jlturbet.net
  21. Prat et Loubatière 2013, p. 127.
  22. « L'Ordre Maçonnique Mixte International "Droit Humain" en Suisse », sur ledroithumain.ch, (consulté le 13 novembre 2016)

Annexes[modifier | modifier le code]

Il existe une catégorie consacrée à ce sujet : Le Droit humain.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Document utilisé pour la rédaction de l’article Gisèle Hivert-Messeca et Yves Hivert-Messeca (préf. Cécile Révauger), Femmes et franc-maçonnerie : trois siècles de franc-maçonnerie féminine et mixte en France (de 1740 à nos jours), Dervy, coll. « L'univers maçonnique », , 2e éd., 476 p. (ISBN 978-1-0242-0113-0).
  • Document utilisé pour la rédaction de l’articleAndrée Prat et Colette Loubatière, L'ordre maçonnique, le Droit humain, PUF, coll. « « Que sais-je » », (ISBN 9782130625520, lire en ligne) (inscription nécessaire) – via Cairn.info.
  • Roger Dachez, Histoire de la franc-maçonnerie française, Paris, PUF, coll. « « Que sais-je » », (ISBN 9782130631491, lire en ligne) (inscription nécessaire) – via Cairn.info.
  • Daniel Ligou (sous la direction de), Histoire des francs-maçons en France, tome 2 : 1815-2000, Privat, Toulouse, 2000 (ISBN 2-7089-6839-4).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]