Odile de Vasselot
| Directrice Lycée Sainte-Marie d'Abidjan | |
|---|---|
| - |
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Nom de naissance |
Odile Jeanne Marie de Vasselot de Régné |
| Nationalité | |
| Formation | |
| Activités |
Résistante, enseignante du second degré, agente de renseignement, principale |
| Famille | |
| Père |
Gaston de Vasselot de Régné (d) |
| Mère |
Chantal de Cugnac (d) |
| Fratrie |
| Ordre religieux | |
|---|---|
| Membre de | |
| Conflit | |
| Distinctions |
Odile de Vasselot, née le à Saumur et morte le à Paris, est une résistante française et laïque consacrée de la communauté apostolique Saint-François-Xavier. Elle est aussi la fondatrice et première directrice du lycée Sainte-Marie d'Abidjan.
Biographie
[modifier | modifier le code]Odile de Vasselot de Régné naît le [1] à Saumur[2]. Elle est fille et petite-fille de militaires[3].
Elle obtient son baccalauréat en 1940[4].
Activité de résistante
[modifier | modifier le code]En 1940, alors dans le donjon du château familial du Poitou, elle écoute l'appel du 18 Juin du général de Gaulle. Son père est fait prisonnier de guerre à Nuremberg. Elle participe à la manifestation du 11 novembre 1940[4]. Elle ment à sa mère pour entrer dans la Résistance, d'abord comme agente de liaison au service de renseignement Zéro avec comme nom de code « Danièle ». Elle devait prendre le train chaque fin de semaine pour remettre courriers et documents fournis par le service dans une « boîte à lettres » à Toulouse. Le réseau est démantelé en avril 1943[4].
En mars 1944, Odile de Vasselot intègre le réseau Comète. Sous le pseudonyme de Jeanne, elle était chargée d'exfiltrer par le train des aviateurs alliés tombés dans les pays contrôlés par le Reich[5]. Grâce à elle, de nombreux aviateurs ont pu rejoindre l'Espagne puis par la suite l'Angleterre[4].
En août 1944, elle participe à la Libération de Paris[4].
Plus tard, sollicitée pour témoigner de son expérience de résistante, elle donne de nombreuses conférences, notamment dans des écoles. Elle écrit ses mémoires de guerre en 1999[6] et 2000[7].
Activité d'enseignement
[modifier | modifier le code]Après la Libération, Odile de Vasselot poursuit ses études. Ayant obtenu une licence d'histoire à la Sorbonne[4], elle devient enseignante dans le secondaire à Sainte-Marie de Neuilly, collège fondé par Madeleine Daniélou, puis dirige le collège Sainte-Marie de Passy, proche du Trocadero, depuis transféré à Rueil-Malmaison et renommé centre Madeleine-Daniélou. Odile de Vasselot entre comme laïque consacrée au sein de la communauté apostolique Saint-François-Xavier en 1947[3].
Madeleine Daniélou voulait créer un collège hors de France. Après avoir envisagé le Japon, puis le Cameroun, la communauté apostolique Saint-François-Xavier envoie en 1959 Odile de Vasselot en Côte d'Ivoire fonder le collège Sainte-Marie d'Abidjan[4]. Ce projet rejoignait le souhait du président Félix Houphouët-Boigny d'éduquer les femmes ivoiriennes. Le collège ouvre ses portes en 1962 à Adjamé, puis s'installe cinq ans plus tard en 1967 dans ses locaux définitifs de Cocody, et devient lycée en 1970. Ce lycée accueille dès l'origine des jeunes filles ivoiriennes aussi bien qu'étrangères. Cela donne à Odile de Vasselot l'occasion de fréquents contacts avec des personnalités, parmi lesquelles le président Félix Houphouët-Boigny, dont la résidence se trouvait à côté de l'établissement[Note 1].
Retraite
[modifier | modifier le code]Revenue en France en 1988, outre ses interventions dans des établissements scolaires pour raconter son parcours durant la guerre, elle distribue des repas aux personnes dans le besoin via la Banque alimentaire. Elle passe ensuite sa retraite avec d'autres religieuses à Paris[3].
Le , à 101 ans, elle est invitée, au côté du résistant Henri Becker, au défilé militaire dans un tableau commémorant la création en 1943, par le général de Gaulle, de la médaille de la Résistance française.
Le , Odile de Vasselot reçoit à l'Élysée, des mains d'Emmanuel Macron, alors président de la République, la décoration de grand officier de l'ordre national du Mérite[8].
Elle meurt à 103 ans le [9] à Paris[4].
Décorations
[modifier | modifier le code]
Commandeur de la Légion d'honneur[3] (décret du )
- Officier le [10]
Grand officier de l'ordre national du Mérite (élevée par décret du [11])
- Commandeur du [11]
Croix de guerre -[3]
Médaille de la Résistance française (décret du )[3]
Chevalier de l'ordre de Léopold II (Belgique)
Croix de guerre (Belgique)
Médaille de la Liberté (États-Unis)
King's Medal for Courage in the Cause of Freedom (Royaume-Uni)
Œuvres
[modifier | modifier le code]- Tombés du Ciel : histoire d'une ligne d'évasion, édité à compte d'auteur en 1999, réédité par les éditions du Félin en 2005.
- Sous l'occupation... J'avais 20 ans, édité à compte d'auteur, 2000.
- Lycée Sainte-Marie d'Abidjan, Naissance et premières années, édité à compte d'auteur en .
Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
[modifier | modifier le code]- ↑ En 1988, la télévision ivoirienne relaye la nouvelle de son départ au journal télévisé, signe de l'aura qu'elle a acquise en vingt-six ans.
Références
[modifier | modifier le code]- ↑ Jérôme Cordelier, « Odile de Vasselot : « Je n’ai pas peur de la mort… Mais je ne suis pas pressée » », sur Le Point, (consulté le ).
- ↑ « Odile de Vasselot de Régné | Chemins de mémoire », sur cheminsdememoire.gouv.fr (consulté le ).
- Guyonne de Montjou, « Odile de Vasselot, agent de liaison », Le Figaro, cahier « Le Figaro et vous », 4-5 septembre 2021, p. 39 (lire en ligne).
- « La résistante Odile de Vasselot est morte, à 103 ans », Le Monde, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Odile de Vasselot, Tombés du Ciel : histoire d'une ligne d'évasion, n° (ISBN 2-86645-5835), collection Résistance-Liberté-Mémoire, éditions du Félin, 2005.
- ↑ Tombés du Ciel : histoire d'une ligne d'évasion, ouvrage édité à compte d'auteur en 1999, et réédité par les éditions du Félin en 2005, où Odile de Vasselot fait part de son engagement dans le réseau Comète.
- ↑ Sous l'occupation… J'avais 20 ans, ouvrage édité à compte d'auteur, où Odile de Vasselot évoque l'ensemble de son expérience de la guerre et de ses activités de résistance, qui dépassent le seul réseau Comète décrit dans son précédent ouvrage. Elle entre dans les détails de la vie de sa famille, afin de rendre son témoignage plus concret pour le premier lectorat qu'elle vise alors : ses neveux et nièces.
- ↑ Archives télévisuelles du palais de l'Élysée.
- ↑ Victor Boiteau, « Mort de la résistante Odile de Vasselot, ancienne agente de liaison durant la Seconde Guerre mondiale », sur Libération (consulté le ).
- ↑ « Décret du 8 novembre 2021 portant promotion dans l’ordre national de la Légion d’honneur en faveur des militaires n’appartenant pas à l’armée active » [PDF], sur legiondhonneur.fr (consulté le ).
- Décret du 7 juin 2024 portant élévation aux dignités de grand'croix et de grand officier de l'ordre national du Mérite [lire en ligne (page consultée le 2024-06-08)].
Pour approfondir
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]
- Ressource relative aux militaires :
- Notice dans un dictionnaire ou une encyclopédie généraliste :
- Faire quelque chose, film de Vincent Goubet, 2000. Dans ce film, le réalisateur recueille le témoignage de 34 résistants dont Odile de Vasselot.
- Conférence d'Odile de Vasselot, Youtube. Odile de Vasselot, résistante du réseau d'évasion « Comète » de la Belgique aux Pyrénées, évoque Andrée de Jongh, fondatrice de ce réseau.
- Naissance en janvier 1922
- Naissance à Saumur
- Résistante française
- Étudiant de la faculté des lettres de Paris
- Enseignement en Côte d'Ivoire
- Laïc consacré
- Famille de Vasselot
- Membre du réseau Comète
- Communauté apostolique Saint-François-Xavier
- Officier de la Légion d'honneur promu en 2021
- Grand officier de l'ordre national du Mérite
- Titulaire de la médaille de la Résistance française
- Titulaire de la croix de guerre 1939-1945
- Centenaire française
- Décès à 103 ans
- Décès dans le 14e arrondissement de Paris
- Décès en avril 2025
