Jacques Desoubrie

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Jacques Desoubrie
Alias
Jean Jacques, Pierre Boulain, Jean Masson, Jacques Leman, Capitaine Jacques
Naissance
Luingne
Décès
Arcueil, Fort de Montrouge
Nationalité Drapeau : Belgique Belge
Pays de résidence Belgique
Autres activités
Collaborateur à la solde de l'Abwehr

Jacques Desoubrie né à Luingne, le , fusillé le était un agent de pénétration (V-Mann) de la Geheime Feldpolizei qui dépendait de l’Abwehr. Desoubrie, sous différents noms d'emprunt : Jean Jacques, Pierre Boulain, Jean Masson, Jacques Leman, Capitaine Jacques, infiltrait les filières d'évasion alliées et les réseaux de résistance pour en dénoncer les membres.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jacques Desoubrie, fils illégitime d'un médecin, naît en Belgique. Il est électricien de formation et vit dans la région de Tourcoing à la frontière franco-belge.

Desoubrie commence sa carrière en effectuant de petites enquêtes suscitées par des lettres de dénonciation. Il pénètre ensuite le mouvement La Vérité française. Introduit dans le groupe parisien Les Petites Ailes (précurseur de Combat), il devient l'homme de confiance de l'un de ses dirigeants, Charles Le Gualès de la Villeneuve, qui l'emploie comme agent de liaison.

En 1942, il infiltre le réseau Hector, ce qui lui permet également d'identifier le "groupe de Compiègne", réseau de résistance créé en 1941 à Compiègne et qui s'était rapproché dès la fin 41 d'Hector. Il parvient ainsi à faire arrêter 17 résistants de ce groupe compiègnois le 3 mars 1942. La plupart seront déportés et plusieurs n'en reviendront pas[1].

Les informations de Jacques Desoubrie et d'Henri Devillers, autre agent de pénétration de la Geheime Feldpolizei, permettent aux polices allemandes de mettre fin aux activités de Combat en zone occupée. Ses informations conduiront également à l'arrestation à Paris le 18 septembre 1943 d'André Grandclément, chef de l'O.C.M. pour tout le Sud-Ouest, en fuite depuis l'arrestation de son épouse. Desoubrie poursuit sa carrière jusqu'à la Libération, infligeant de terribles pertes à la Résistance. Les réseaux Comète, Picourt et Hunter, en particulier, payèrent un lourd tribut à la suite de sa traîtrise.

En avril 1943, Desoubrie propose ses services au réseau Comète en tant que guide sur la ligne Bruxelles-Paris. Jouant de malchance, Desoubrie attire rapidement les soupçons sur lui. En mai 1943, on le surprend en présence d'un autre traître notoire : Prosper Dezitter. Il est écarté mais reviendra à deux reprises, sous de fausses identités, en janvier et février 1944. À cette époque, le réseau bruxellois fut quasiment entièrement démantelé[2].

Il participa également en 1943 à l'infiltration du réseau Turma Vengeance, qui venait d'être intégré au mouvement Ceux de la Libération, ce qui permit notamment l'arrestation de plusieurs de leurs cadres en janvier 1944.

Arrestation[modifier | modifier le code]

Après guerre, Jacques Desoubrie, ayant fui en Allemagne, est formellement identifié. Il sera arrêté par les troupes américaines à Augsbourg le et remis aux autorités françaises. Son jugement se tint en juillet 1949. Il avait dénoncé 168[3] aviateurs tentant de regagner l'Angleterre et conduisit à l'arrestation de plus d'un millier de personnes. Condamné à mort, il fut exécuté dans les fossés du fort de Montrouge le à 8h34 non sans lancer un dernier « Heil Hitler »[2].

Documentaire[modifier | modifier le code]

  • Michael Dorsey, Gerald Baron, The Lost Airmen of Buchenwald, USA, 2011, documentaire[4].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  1. Voir sur ce sujet, la conférence de Patrice de Larrard, Jacques Desoubrie, un agent d’infiltration de la Gestapo à Compiègne, Société historique de Compiègne, 3 mai 2014 [1]
  2. a et b Forced landing, L'infiltration d'un agent double
  3. The national WWII museum of New Orleans.
  4. IMDB.com

Liens externes[modifier | modifier le code]