Octosyllabe

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Un octosyllabe est un vers composé de huit syllabes. Il est avec l'alexandrin, vers de douze syllabes, et le décasyllabe, vers de dix syllabes, l'un des mètres le plus ancien et le plus utilisé dans la poésie classique de langue française, qui privilégia longtemps l'emploi des vers pairs (vers où le nombre de syllabes est pair) à celui des vers impairs (vers où le nombre de syllabes est impair). On retrouve très souvent l'octosyllabe dans les poèmes à forme fixe.

En poésie française, l'octosyllabe était fréquemment employé au Moyen Âge. On situe son apparition au Xe siècle[1]. Il est d'une très grande souplesse d'utilisation, car c'est le vers courant le plus long qui n'a pas de césure obligatoire. L'octosyllabe est un vers particulièrement musical, du fait du retour fréquent de la rime, et permet ainsi une grande harmonie[2]

Du fait de sa très grande souplesse, l'octosyllabe peut être employé dans tous les genres poétiques.

Exemples d'utilisation[modifier | modifier le code]

L'octosyllabe apparaît dans la Vie de saint Léger au XIe siècle[3] et est largement utilisé tout au long du Moyen Âge : lais de Marie de France, Le Roman de la Rose, Lai et Testament de François Villon, romans de Chrétien de Troyes, branches du Roman de Renart.

Il prend une allure légère chez Ronsard : Mignonne allons voir si la rose.

Oh ! que j'aime la solitude !
Que ces lieux sacrés à la nuit,
Éloignés du monde et du bruit,
Plaisent à mon inquiétude !
Mon Dieu ! que mes yeux sont contents
De voir ces bois, qui se trouvèrent
À la nativité du temps,
Et que tous les siècles rêvèrent,
Être encore aussi beaux et verts
Qu'aux premiers jours de l'univers !
extrait de « La solitude » de Marc-Antoine de Saint-Amant (XVIIe siècle).[4],[5]

La Fontaine l'utilise soit en isométrie (les 9 quatrains de Le statuaire et la statue de Jupiter)[6], soit en hétérométrie dans les Fables. Gautier y a recours presque exclusivement dans Émaux et Camées. Paul-Jean Toulet l'emploie en hétérométrie dans Les Contrerimes.

Après dix siècles d'usage, des poètes contemporains l'utilisent toujours, quelquefois en « vers libérés »[7] :

La nuit noire de tes cheveux
Des licornes viennent y boire
Neigent nagent dans cette moire (...)
Luc Bérimont, extrait de Amoureuse, in L'Herbe à Tonnerre, Seghers 1958.

Frappé par un direct du droit
Dans un combat contre Jo King,
Le nez en sang, les bras en croix,
Amstrong s'est couché sur le rig (...)
René Varennes, Marbres et fontaines, premier quatrain, éditeur ??, année ??, p. 58.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Michèle Aquien, La versification, Que sais-je, no 1377, Presses universitaires de France.
  2. Dictionnaire de la poésie française, p. 648.
  3. Jacques Charpentreau, Dictionnaire de la poésie française, Fayart, 2006, p. 647.
  4. Source : Georges Pompidou, Anthologie de la poésie française, Paris, Le livre de poche, 1961, p. 133.
  5. Lire sur Wiksource
  6. Fables, livre IX, fable VI.
  7. Un « vers libéré » est « libéré » des règles classiques, mais garde le compte des syllabes et la rime, qui est, rigoureusement, une homophonie (Léon Warnant, Dictionnaire des rimes orales et écrites, Larousse, 1973, p. ??

Articles connexes[modifier | modifier le code]