Mignonne, allons voir si la rose

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Rose « Pierre de Ronsard »

Mignonne, allons voir si la rose est l'un des poèmes les plus célèbres de Pierre de Ronsard, écrit en 1545.

Historique[modifier | modifier le code]

Cette ode, inspirée d'Ausone, est composée en 1545 après la rencontre de Pierre de Ronsard, âgé de 20 ans, avec Cassandre Salviati, fille d'un banquier italien. Ce poème fait partie du premier livre des Odes, 17, et évoque la jeunesse qui passe comme le temps d'une fleur.

Texte[modifier | modifier le code]

Mignonne, allons voir si la rose

À CASSANDRE
Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avait déclose
Sa robe de pourpre au soleil,
A point perdu cette vesprée,
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vôtre pareil.
Las ! voyez comme en peu d’espace,
Mignonne, elle a dessus la place
Las! las! ses beautés laissé choir !
Ô vraiment marâtre Nature,
Puis qu’une telle fleur ne dure
Que du matin jusques au soir !
Donc, si vous me croyez, mignonne,
Tandis que vôtre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez votre jeunesse :
Comme à cette fleur la vieillesse
Fera ternir votre beauté.
Ronsard (1524, Vendômois)
Odes, I,17

Musique[modifier | modifier le code]

Fichier audio
Interprétation en quatuor de la polyphonie de Guillaume Costeley. (info)

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  • Ce poème de l'Ode à Cassandre a inspiré une célèbre chanson polyphonique à Guillaume Costeley (1530-1606) et une autre à Jean de Castro (1540-1600)[1], pendant cette même période de la Renaissance.
  • Mignonne, allons voir si la rose a aussi été mis en musique, toujours au XVIe siècle, par Jehan Chardavoine, qui en a fait une chanson populaire à une voix, publiée dans son Recueil des plus belles et excellentes chansons en forme de voix de ville tirées de divers autheurs et poètes françois tant anciens que modernes ausquelles a été nouvellement adaptée la musique de leur chant commun[2]. C'est le premier recueil de chansons populaires françaises à avoir été imprimé (1576).
  • Ce poème a été une nouvelle fois mis en musique au XIXe siècle par Richard Wagner (1813-1883), lors de son séjour à Paris en 1839-1841 (sous la forme d'un lied pour une voix et piano WWV 57). Il l'a encore été par Cécile Chaminade (1857-1944).
  • Le groupe français de musique médiévale Les Ménestriers propose sa propre interprétation de la version de Jehan Chardavoine dans son tout premier album, intitulé Les Ménestriers, et paru en 1971[3].

Analyse[modifier | modifier le code]

Dans ce poème, Ronsard invite sa bien-aimée, Cassandre, à aller voir une rose en espérant qu'elle soit restée aussi belle qu'au matin. C'est la première strophe. Dans la deuxième, il se désespère de voir que la fleur est fanée (« ses beautés laissées choir » → ses beautés laissées tomber). Enfin, dans la dernière strophe, il en tire une leçon pour sa bien-aimée en lui disant que si aujourd'hui, elle est jeune, plus tard, elle sera certainement laide et vieille et il faut donc qu'elle profite de sa jeunesse pour l'aimer (« Cueillez, cueillez votre jeunesse » → profitez de votre jeunesse)[travail inédit ?].

Cette injonction à profiter de sa jeunesse est une affirmation hédoniste. En effet, Ronsard, comme beaucoup de poètes de la Renaissance française, s'inspire des auteurs grecs et latins, dont la philosophie se résume parfaitement dans le Carpe Diem d'Horace. D'une manière générale, la plupart des auteurs de la Pléiade s'inspirent des auteurs anciens redécouverts à leur époque par les italiens via les Arabes [réf. nécessaire].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ronsard et les Néerlandais, sur le site allmusic.com, consulté le 25 octobre 2014
  2. partition de l'ode à cassandre, sur le site Gallica de la BNF.
  3. album "Les Ménestriers", sur le site discogs.com

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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