La Chanson du mal-aimé

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir La Chanson du mal-aimé (homonymie).
La Chanson du mal-aimé
Alcools018.jpg
Informations générales
Auteur
Langue
Publication
Date
Dédicataire

La Chanson du mal-aimé est un long poème lyrique de Guillaume Apollinaire, inspiré par l'échec de sa relation amoureuse avec Annie Playden. Ce poème est une pièce maîtresse du recueil Alcools.

Conception[modifier | modifier le code]

La conception de ce poème remonte vraisemblablement à 1904, mais sa date d'achèvement n'est pas connue. Il est publié dans le Mercure de France le 1er mai 1909, grâce au soutien de l'écrivain et critique Paul Léautaud.

Le texte prend sa forme définitive en 1913, à l'occasion de sa publication dans Alcools. C'est l'année où la compagne d'Apollinaire, Marie Laurencin, lassée d'être battue par un alcoolique[1] l'abandonne définitivement, lui préférant Nicole Groult. Apollinaire publie le texte avec une épigraphe adressée à Paul Léautaud, qui l'avait soutenu.

Il y joint aussi le passage connu sous le titre de « Réponse des cosaques zaporogues au Sultan de Constantinople ».

Analyse[modifier | modifier le code]

Dans cette fantasmagorie de 60 quintils (300 vers) octosyllabiques, Apollinaire développe une référentialité souvent mythique et épique, entre figures historiques « exotiques » (Pharaon, la femme de Mausole, les Quarante de Sébaste, les Cosaques Zaporogues mais aussi le roi « fou » Louis II de Bavière), figures mythologiques (le dieu Pan, Ulysse et Pénélope, l'indienne Sacontale) et peuples ou bestiaire inventés (les « pyraustes », les « Égypans », les « chibriapes »[2], les « Bé-Rieux »…), à quoi il mêle des descriptions de la vie urbaine moderne et l'émouvante exploration de son intimité sentimentale.

Le ton général ici est celui d'une complainte, le poète voguant entre regrets, rêveries consolatrices et la dure acceptation d'un présent douloureux. À trois reprises l'énonciation s'en écarte radicalement : bucolisme mi-ironique mi-naïf de « Aubade chantée à Laetere un an passé », agressivité moqueuse de la « réponse des Cosaques Zaporogues au Sultan de Constantinople », poésie hermétique (allusions érotiques, mystiques et alchimiques) des « Sept Épées » ; trois moments qui sont autant de poèmes dans le poème.

Postérité[modifier | modifier le code]

Léo Ferré a composé un oratorio pour voix solistes, chœur et orchestre sur ce poème en 1952-1953. L'œuvre a été créée sur scène en 1954 et enregistrée pour la première fois au disque en 1957.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. M. Jacob, Lettre à Jacques Doucet du 31 mars 1917, in Correspondance, t. 1, p. 149 et 150, Éditions de Paris, Paris, 1953.
  2. Néologisme vraisemblablement créé à partir de la fusion de « chibre », vocable désignant en argot le pénis, et de Priape, dieu latin de la fécondité, traditionnellement doté d’un pénis démesuré.

Sur les autres projets Wikimedia :