Monique Haas

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Monique Haas est une pianiste française, née à Paris le , et morte dans la même ville le (à 77 ans). Elle était spécialiste notamment de compositeurs de musique du XXe siècle (parmi lesquels Debussy, Ravel, Enesco et Bartók) .

Biographie[modifier | modifier le code]

Fille de l'ingénieur chimiste Louis Haas, elle entre au Conservatoire de Paris en septembre 1923, dans la classe supérieure de Lazare Lévy d'où elle sort munie d'un Premier Prix en 1927. Elle reçoit l'enseignement de Charles Tournemire (musique de chambre), Maurice Emmanuel (histoire de la musique) et Suzanne Demarquez (harmonie). Elle est ensuite également l'élève, en privé, de Rudolf Serkin à Riehen, puis Robert Casadesus et Georges Enesco.

Elle donne son premier concert en 1928 dans un récital Beethoven, Chopin, Ravel et Fauré, mais son nom est surtout assimilé à une pianiste de l'avant-garde. Elle est surtout liée au milieu des compositeurs de l'École de Paris, dont son mari Marcel Mihalovici (ami, entre autres, du philosophe et musicologue Vladimir Jankélévitch) était partie prenante, aux côtés de Bohuslav Martinů, Alexandre Tcherepnine, Alexandre Tansman, Conrad Beck et Tibor Harsanyi.

Monique Haas assure la création de plusieurs œuvres contemporaines, comme par exemple les trios de Khatchatourian et de Staempfli, des pièces de Pisk, d'Albert Roussel, Martinů, Neugeboren, Jolivet. Elle donne Les Noces de Stravinski sous la direction d’Hermann Scherchen (1935), et joue des pièces de Berg, Journeau, Manziarly, les Variations de Webern (op. 27) au moment où celles-ci étaient fort peu connues.

Juifs tous deux, son mari et elle doivent se réfugier à Cannes pendant la Seconde Guerre mondiale[1].

Sa carrière la conduit jusqu'en Australie, en passant par les États-Unis (invité par Munch à Boston en 1960), la Chine, l'URSS et l'Arménie, la Pologne (1946), la Roumanie où elle enregistre avec Ion Voicu les sonates pour violon de Prokofiev et Milhaud. Monique Haas était compagnon de route du Parti communiste français depuis ses années de résistance, sans en être membre.

Elle lègue un grand nombre d'enregistrements d'œuvres de Ravel, Mozart (concertos), Debussy (Préludes, Études, Pour le piano), Bartók, Hindemith et Mihalovici.

Après avoir donné des masters class au Mozarteum de Salzbourg, elle est professeur au Conservatoire de Paris pendant trois années, de 1967 à 1970.

Discographie complète[modifier | modifier le code]

Piano solo[modifier | modifier le code]

  • Bach, Concerto italien en fa majeur, Bwv 971 (février 1946, Decca / Thara TAH 629)
  • Bartók, Sonatine (1949, DG)
  • Chopin, Études opus 10 nos 3 & 5 (1959, DG)
  • Couperin
    • Le Tic Toc Choc ou Les Maillotins (février 1950, Decca)
    • Les Barricades Mystérieuses (février 1950, Decca)
  • Debussy
    • Œuvres pour piano (Warner/Erato 2CD)
    • Douze études pour piano, livre I & II (1951, DG)
    • Préludes, livre I & II (1962-63, DG)
    • Études pour le piano : Étude pour les huit doigts (1949, DG)
    • Pour le piano : Toccata (1949, DG)
    • Pour le piano (Prélude, Sarabande, Toccata) (mars 1957, Tahra Tah 567)
    • Préludes, livre I : La fille au cheveux de lin (1949, DG)
    • Préludes, livre II : Feux d'artifice (1949, DG)
  • Haydn
    • Sonate pour piano en fa majeur, Hob.16:23 (1959, DG)
    • Sonate pour piano en mi-bémol majeur, Hob.16:52 (1959, DG)
    • Arietta et variations, Hob.17:3 (1959, DG)
    • Fantaisie en ut majeur, Hob.17:4 (1959, DG)
  • Mihalovici
    • Ricercari, op. 46 (1941, DG)
    • Sonate pour piano, op. 90 (1972, Erato) Son dernier enregistrement
  • Rameau, Les Cyclopes (février 1946, Decca / Thara TAH 629)
  • Ravel
  • Roussel, Trois pièces, op. 49 (1949, DG)
  • Schumann, Fantasiestücke, op. 12 (1955, DG)
  • Tcherepnine, Œuvres pour clavier : Huit préludes op. 9, Vœux op. 39b, Huit pièces op. 88, Sonate pour piano no 2 op. 94 (Aulos)

Quatre mains[modifier | modifier le code]

  • Mozart, Sonates Kv 358, 381 & 448 - avec Heinz Schröter (1955 & 1957, Deutsche Grammophon)

Autre[modifier | modifier le code]

  • Wyschnegradsky, Ainsi Parlait Zarathoustra, opus 17 pour quatre pianos en quart de ton - Monique Haas, Ina Marika, Edouard Staempfli, Max Vredenburg, pianos, Dir. Ivan Wyschnegradsky (1938, Éditions de l'Oiseau-Lyre)

Musique de chambre[modifier | modifier le code]

  • Ravel, Sonate pour violon et piano - avec Max Rostal, violon (1958, DG)
  • Mihalovici, Sonate pour violon et piano no 2, op. 45 - avec Max Rostal, violon (1958, DG)

Avec orchestre[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Claude Torres. Ghettos, camps, clandestinité. Front national de la musique

Liens externes[modifier | modifier le code]