Mohamed Hassan Ouazzani

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Muhammad Hassan al-Wazzani
Mohamed Hassan Ouazzani.jpg
Biographie
Naissance
Décès
Nom dans la langue maternelle
محمد بن الحسن الوزانيVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités

Mohamed Hassan Ouazzani ( à Fès - ) était une personnalité politique marocaine.
Mahjoubi Aherdane, qui l’a connu de très près durant les années de braise, affirme que « Mohamed Hassan Ouazzani a beaucoup plus souffert durant les années de l’indépendance que durant celles du protectorat ». Feu Ali Yata, autre dirigeant et fondateur de l’ancien Parti communiste marocain (aujourd’hui PPS) souligne, pour sa part, que « Mohamed Hassan Ouazzani Touhami est incontestablement l’un des pères fondateurs de la lutte nationale pour l’indépendance ».
Pour sa part, feu Abderrahim Bouabid, le leader charismatique de l’USFP, considère que le chef du Parti de la Choura et de l’Istiqlal (PI) « était une référence, un maître et un exemple pour ses compagnons de lutte. Son intégrité, sa droiture et ses attitudes audacieuses et sa sagesse à toute épreuve faisaient de lui un patrimoine commun de tous les Marocains de toutes les couches sociales, de toutes les sensibilités politiques et culturelles ».

Un demi-siècle au service de la patrie[modifier | modifier le code]

Mohamed Hassan Ouazzani est né en 1910 à Fès, fils d'un gros propriétaire terrien, il fait ses études au lycée Moulay Idriss, puis au lycée Gouraud à Rabat. Il passe son baccalauréat au lycée Charlemagne à Paris, puis entre à l'institut d'études politiques. ll suit également les cours de langues orientales et de l'institut de journalisme. A la proclamation du protectorat, il avait à peine deux ans, mais c’est à un âge précoce qu’il s’engagea dans le mouvement national.

Il a été Ministre d’Etat du Maroc le 2 juin 1961 lors du Conseil Hassan II[1].

Le 9 septembre 1978, il nous quittera au terme d’un parcours nationaliste exemplaire. Une vie vouée à la liberté, aux idées pluralistes et à la presse authentiquement indépendante.

Un demi-siècle de résistance à toutes les manœuvres colonialistes, au point de faire de Mohamed Hassan Ouazzani un phénomène immuable de la vie politique marocaine.

Dans sa démarche, la lutte pour l’indépendance était aussi celle de la démocratie, du pluralisme et l’État de droit. C’est ce qui fera de lui un précurseur avec ses nombreux compagnons de route parmi lesquels : Mohammed Cherkaoui, Abdelhadi Boutaleb, Ahmed Maaninou, Ahmed Aouad, Ahmed Bensouda, Abdellah Aouad, Abdelaziz Lahrech, Abdeslam Bensaid… Il préparera son doctorat de sciences politiques en Suisse et en profite pour créer l’une des toutes premières structures politiques, à savoir l’association des étudiants musulmans en France.

À son retour au Maroc, il fonde la Koutla de l’action nationale et rédige le texte des propositions de réforme interne réclamée dès les années trente par les pionniers du mouvement national.

Utiliser la langue de l’occupant pour le combattre[modifier | modifier le code]

  • En juillet 1932, il participe à la création de la revue « Maghreb », éditée à Paris,avec le soutien de Robert Jean Longuet. En août 1933, il crée à Fès le premier journal nationaliste marocain en langue française: L'Action du Peuple, Organe de défense des intérêts marocains. Une autre manière d’utiliser la langue de l’occupant pour le combattre.
  • Tous les cercles politiques s’accordent à considérer Mohamed Hassan Ouazzani comme étant l’authentique pionnier de la presse écrite au Maroc. C’est ainsi qu’il lancera coup sur coup plusieurs publications dont, notamment, le quotidien “Array El Am” (l’opinion publique), “Addoustour” (la Constitution) “Assyassa” (la politique) et “Assaiha” (l’appel). Mais ce qui distingua le plus Mohamed Hassan Ouazzani est la régularité de ses chroniques et textes qu’il publiait dans les différents journaux qu’il a eu l’occasion de publier durant ces années de lutte anti-coloniale puis durant les premières années de l’indépendance. Il fut le premier journaliste marocain à créer un journal francophone L'Action du Peuple.

Premier Parti marocain puis neuf années d’exil au Sahara[modifier | modifier le code]

En 1934, le dahir berbère est officiellement retiré par dahir sans jamais avoir été appliqué, ce qui donne des ailes aux nationalistes.

  1. 1934 : création de l'Action marocaine. Il fonde ce premier parti marocain avec Allal El Fassi.
  2. 1937 : scission de la Koutla de l'Action marocaine : Mohamed Hassan El Ouazzani fonde le mouvement populaire (“Haraka Al Kaoumia”)

Ce parti est interdit par le protectorat français, il sera arrêté et exilé au Sahara durant neuf années dans les pénitenciers d’Akka, de Tata, de Tagounit, de Goulmima et de Itzer. 1944; 14 janvier, ses partisans présentent un deuxième manifeste de l'indépendance et fomentent les premières grèves dans l'administration française à Rabat. 1946 : Libéré en 1946, il reprendra son action politique et il fonde le Parti de la Choura et de l’Istiqlal (le Parti de la Démocratie et de l’Indépendance PDI).

Avec l'approfondissement du conflit franco-marocain, il s'exile dès 1951 pour défendre la cause marocaine à l'étranger. Il séjourne en Suisse, en Égypte et visite pllusieurs pays asiatiques. Il se rend aux États-Unis, notamment pour présenter le dossier marocain aux Nations unies. Il poursuit inlassablement sa lutte pour l’indépendance des pays du Maghreb et pour la réalisation de ses idéaux panarabes.

On retiendra également de son itinéraire qu’il avait assuré en 1931/1932 le secrétariat du grand dirigeant arabe, Chakib Arsalane, fondateur de la revue « La Nation arabe » dans laquelle Ouazzani signe plusieurs articles relatifs à la situation au Maroc notamment à la suite du Dahir Berbère contesté en 1930 par un manifeste signé à Salé. En 1951, il est membre fondateur du Comité de libération du Maghreb Arabe au Caire qui réunissait l’élite des militants politiques marocains, algériens et tunisiens et que présidait un certain Abdelkrim El Khattabi, membre de la délégation marocaine ayant défendu la cause nationale auprès du mouvement des non-alignés à Bandoeng en 1955. L’occasion de côtoyer, entre autres, les présidents égyptien Gamal Abdel Nasser, indonésien Sukarno, indien Jawaharlal Nehru sans oublier le dirigeant tunisien Habib Bourguiba.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Fondation Mohamed Hassan Ouazzani

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]