Maxime Laope

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Maxime Laope est un ségatier réunionnais né en 1922 dans les Hauts de Saint-Leu et mort en juillet 2005[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Maxime Laope, né au Plate à Saint-Leu en 1922, vit à Saint-Denis depuis l'âge de 5 ans. Les quartiers de Petite-île (où il habite pendant son enfance et son adolescence), le Bas-de-la-Rivière, Camp-Ozoux, Belle-Pierre, La Source, font partie de son univers.

Depuis 1965, il habite le quartier de la SIDR de la Source. Les dionysiens connaissent tous au moins de vue ce « gramoune au chapeau », dont la renommée s'étend sur l'île entière.

Dès son plus jeune âge, il est passionné par la chanson.

Sa voix est remarquée à l'école, au catéchisme et à l'église où il est demandé pour faire partie de plusieurs chorales. On se l'arrache également dans les fêtes familiales de son quartier. À son répertoire, tous les succès des artistes qu'il admire : Tino Rossi, Luis Mariano, Reda Caire, Georges Guétary

Sa carrière publique de chanteur commence en 1947. Un copain l'avait inscrit à son insu à un radio-crochet : il se trouvait dans la foule des spectateurs lorsqu'il s'est entendu appeler sur le podium. Alors il y est allé et a obtenu le second prix. À partir de là, les concours de chants et les prix vont se succéder.

En 1949, Maxime enregistre son 1er 78T avec deux morceaux de sa composition : « Le cœur créole » et « Mi aime mon patois » .

En 1952, c'est la rencontre décisive avec Benoîte Boulard, figure féminine qui a également marqué le séga de La Réunion. D'abord concurrents à un radio-crochet, les deux chanteurs décident ensuite de s'associer.

C'est ainsi qu'en 1953 ils obtiennent le 1er prix avec ce qui est devenu depuis un standard de la musique réunionnaise « La rosée tombée » . Cette association durera jusqu'au décès de la chanteuse en 1985.

Avec ou sans Benoîte, Maxime s'est produit sur toutes les scènes de la Réunion. Il a interprété plus d'une centaine de textes (séga, maloya, romances) qui sont majoritairement de lui ou des plus grands auteurs réunionnais tels que Georges Fourcade, Antoine Nativel, Pierre Vidot, Jean Albany… Il a été accompagné par toutes les générations de musiciens de la Réunion : depuis Loulou Pitou, Jules Arlanda, Claude Vinh-San, Narmine Ducap, Le Club Rythmique, les Soul-Men, en passant par Henry-Claude Moutou, Alain Mastane, Ti-Fock, etc.

Il a chanté avec pratiquement tous les chanteurs de l'île : des anciens comme Madoré, mais aussi Jacqueline Farreyrol, La Troupe de Bernadette Ladauge, Tropicadéro, Ziskakan, Laurence Beaumarchais…

Dans les années 1960/70, l'intro de la chanson « Madina », avait été choisie comme indicatif de l'ORTF, de sorte que chaque matin pendant des années, La Réunion s'est réveillée au son de ce séga de Maxime Laope.

En plus de cette carrière bien remplie dans son île natale, Maxime a eu l'occasion de représenter La Réunion à l'extérieur :

- À plusieurs reprises à Maurice, notamment au sein de la Troupe « Bourbon i cause, Bourbon i chante », dans les années 1970.

- Aux Seychelles pour la fête de l'indépendance en 1976 : il a chanté devant la famille Royale d'Angleterre conviée à cette manifestation.

- En 1991, il est l'invité d'honneur des fêtes du 1er mai à Rodrigues.

- En 1992, « La rosée tombée » est interprétée par le Steel-Band de Trinidad.

- En 1996, il participe à une grande tournée au Canada et aux États-Unis avec la Troupe Séga-Séga.

- La même année, reçu au Sénat, il interprète « Ti fleur fanée » devant cette illustre assemblée[non neutre].

Autres cordes à son arc : membres de plusieurs chorales, dont la chorale grégorienne de l'église Saint-Jacques ; comédien : il a joué à plusieurs reprises dans La passion du Christ avec la Troupe Saint-Jacques ; dans « Les gouverneurs de la rosée » de Jacques Roumain, sous la direction de Julienne Salvat, dans Le Barbier de Séville avec la Troupe Vollard ; il a également tourné plusieurs publicités, ainsi qu'un court-métrage avec RFO.

Il a souvent chanté pour des causes humanitaires ou caritatives : pour les enfants de La Ressource, pour les malades de la Léproserie de La Montagne, pour les victimes de famine à Madagascar… Il a participé au CD « SolaSida » au bénéfice des associations de lutte contre le sida, et jusqu'en 2002 au collectif des artistes pour les sinistrés du cyclone Dina.

Cette carrière exceptionnelle a été couronnée officiellement en 1997 : Maxime a été fait Chevalier de la Légion d'honneur par le Président de la République.

Il a enregistré plus de 80 disques : 78T, 45T, 33T et CD. À son répertoire également un fonds inépuisable d'histoires, de contes et de proverbes qui font partie du patrimoine culturel réunionnais.

Autre facette moins connue de cette personnalité : Maxime a été en son temps un fervent sportif, qui a pratiqué le foot, et l'athlétisme dans différentes équipes de la ville.

En 1999, est paru aux éditions Grand Océan, un livre intitulé « Maxime Laope, un chanteur populaire – Souvenirs, textes et chansons ».

La rosée tombée[modifier | modifier le code]

Refrain
La rosée tombée
La rosée tombée wayo
La rosée tombée waya
Tombe dessis mon tête

Premier couplet
La case mon monmon
Mi mange cari volaille
La case chinois là waya
Mi mange lo rein sounouk

Deuxième couplet Dan' carreaux brèdes sonjes
Missié blanc lantaniers
Na na l'escargot i ronge
Tout'son p'tit rosier

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) « Le grand tonton de la chanson créole », Le Quotidien de La Réunion,‎ 16 juillet 2005 (lire en ligne)