Jean Albany

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Jean Albany
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Jean Albany est un poète et peintre réunionnais né à Saint-Denis le et mort à Paris le [1]. Inventeur du mot « créolie », il est l'auteur du célèbre Zamal, un recueil de 41 poèmes écrit en français paru en 1951.

Biographie[modifier | modifier le code]

En 1937, Jean Albany quitte la Pointe des Aigrettes à Saint-Gilles et voyage jusqu'à Paris pour y poursuivre ses études en droit et en chirurgie dentaire. La Seconde Guerre mondiale éclate et l'amène finalement à servir dans l'artillerie comme élève officier à l'école de Fontainebleau. C'est de là qu'il écrit ses premiers poèmes qui seront publiés en 1985 à titre posthume dans Amour oiseau fou.

Démobilisé, Jean Albany retourne à La Réunion. Il effectue le voyage entre Marseille et le Port de la Pointe des Galets sur La Ville d'Amiens de novembre 1945 à janvier 1946. Il relate ce voyage quelques mois plus tard dans un autre ouvrage qui ne sera publié qu'à titre posthume, La Croix du Sud. On peut lire à travers les lignes qu'il s'ennuie sur l'île natale.

Aussi, Jean Albany retourne en métropole. Il obtient sa licence de droit et un doctorat d'économie politique. Il passe alors deux années à l'Institut d'études politiques de Paris tout en continuant ses études de dentisterie. Au Quartier latin de Paris, il fréquente de nombreux poètes et des académies de peinture mais reste volontiers marginal.

Publié en 1951, Zamal est le premier recueil qu'il publie. Repère de la poésie réunionnaise contemporaine à La Réunion, cet ouvrage établit la possibilité d'une créolité que la suite de l'œuvre s'attelera à explorer. Son titre est le nom donné au chanvre indien dans l'île.

Jean Albany reçoit en 1965 le Grand Prix des Mascareignes. Il s'achète grâce à lui un magnétophone à cassettes. Il le met en marche la nuit par réflexe et vagit des poèmes comme un somnambule. Bleu mascarin paraît en 1969. C'est son premier recueil qui privilégie de fait le créole comme langue d'expression poétique.

Âgé de 53 ans en 1970, le chirurgien dentiste amateur de courses de chevaux et de peinture se voit mourir. Choqué par cette vision, il a l'idée d'écrire pour sa nouvelle langue fétiche un Petit Glossaire et se met à y travailler dans son petit appartement de Saint-Germain-des-Prés. Il recrée à partir de sa mémoire et de ses lectures son enfance insulaire. L'ouvrage paraît en 1974. Il le complètera en 1983, toujours installé au même endroit.

Désireux de voir ses textes mis en musique, Alain Gili, Alain Séraphine et son ami Pierrot Vidot jouent les intermédiaires et le mettent en relation avec de jeunes musiciens, parmi lesquels Alain Péters, Jean-Michel Salmacis, Hervé Imare. Il en résulte en 1978 la publication de la cassette Chante Albany par l'ADER (association des écrivains réunionnais)[2], la première cassette éditée à La Réunion. Pour la réaliser, Alain Gili a obtenu d'utiliser gratuitement le Studio Royal de Saint-Joseph, dans les sous-sols du cinéma Casino Royal créé par André Chan Kam Shu.

Mort dans la capitale en 1984, il est enterré à La Réunion, précisément à La Saline-les-Hauts, un lieu-dit près de Saint-Gilles.

Les archives de Jean Albany[3] (bibliothèque, correspondances, objets) ont fait l'objet d'un dépôt à la bibliothèque droit-lettres de l'Université de La Réunion (Espace Océan Indien)[4].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Zamal, 1951.
  • Miel vert, à compte d'auteur, 1963.
  • Outre-Mer, à compte d'auteur, 1966.
  • Vavangue, à compte d'auteur, 1972.
  • Le Petit Glossaire, 1974.
  • Le Supplément au Petit Glossaire, 1983.
  • Amour oiseau fou, Azalées Éditions, 1985.
  • La Croix du Sud.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Éditions sonores[modifier | modifier le code]

Films[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Le DB. Dictionnaire biographique de La Réunion, sous la direction de Michel Verguin et Mario Serviable, Édition Communication Loisir Information Presse / ARS Terres Créoles, tome 1, 1993.
  2. Nathalie Valentine Legros, « « Oté Commandeur » : maloya-dalon rue du Dragon », sur 7 Lames la Mer (consulté le 22 novembre 2017)
  3. « Le fonds Jean Albany Présentation et analyse génétique de deux poèmes », sur https://coma.revues.org, (consulté le 17 novembre 2017)
  4. « Fonds Jean Albany », sur http://www.calames.abes.fr (consulté le 17 novembre 2017)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]