Marie-Célie Agnant

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Marie-Célie Agnant
Marie-Célie Agnant au librairie Olivieri.png
Biographie
Naissance
Nationalités
Activités
Autres informations
Genres artistiques
Distinctions
Prix du Gouverneur général : romans et nouvelles de langue française ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Liste détaillée
Prix littéraire Desjardins ()
Prix du Gouverneur général : romans et nouvelles de langue française ()
Prix Gros Sel ()
Prix Alain-Grandbois ()Voir et modifier les données sur Wikidata

Marie-Célie Agnant est une écrivaine québécoise née à Port-au-Prince (Haïti) Elle vit au Québec depuis 1970.

Biographie[modifier | modifier le code]

Marie-Célie Agnant arrive à Montréal en 1970. Après avoir enseigné le français et travaillé comme traductrice et interprète pendant plusieurs années, elle se consacre à plein temps à l'écriture[1].

Son enfance a été hantée par le règne de Duvalier. Elle dit de cette époque, lors d'un entretien avec Thomas C. Spear : « L’enfance sous Duvalier, c’est la peur et le désespoir du silence[2]. »

Auteure de poèmes, de romans et de nouvelles, elle publie aussi des romans de littérature d'enfance et de jeunesse. Conteuse et ayant une pratique théâtrale, elle a rencontré le Bread and Puppet Theatre du Vermont en 1980, troupe avec laquelle elle a collaboré[2].

Elle fait des tournées, conférences et prestations en Europe, en Amérique du Sud et aux États-Unis[1].

En 2017, elle remporte le Prix Alain-Grandbois de poésie de l'Académie des lettres du Québec pour Femmes des terres brûlées[3].

Écriture[modifier | modifier le code]

Ses textes, dans lesquelles elle aborde les thèmes de l’exclusion, de la solitude, du racisme et de la condition des femmes, ont été traduits en plusieurs langues, dont en espagnol, en anglais et en néerlandais[1]. Le corps de la femme noire, « corps torturé, corps esclave, corps exotique, corps maternel ou corps sensuel »[4] est également un thème présent dans son écriture.

Lucie Lequin, professeure en études françaises à l'Université Concordia, a écrit à propos de l'œuvre et des thématiques abordées par Marie-Célie Agnant[2] :

«  [Elle] construit une œuvre qui parle de l’humain – principalement des femmes – accablé par la vie et l’incapacité d’oublier. C’est que le poids de cette mémoire surchargée ne laisse jamais indemne. Néanmoins, au-delà de cet héritage lourd à porter, les femmes, sous la plume d’Agnant, en quête d’elles-mêmes, tentent de se reconstruire, ou pas, dans un monde décomposé, parfois putréfié, qui laisse peu de place à l’humain. De diverses façons, certaines d’entre elles sont enlisées dans leur cimetière intérieur, d’autres cherchent une neutralité tout aussi aliénante, tandis que certaines refusent le renoncement à soi et se battent pour leur soi, "debout dans la lumière, à affronter les coutelas" (Femmes au temps des carnassiers). Celles-ci veulent "vivre dans la dignité, vivre en femmes debout". »

Œuvres[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

  • La Dot de Sara, Montréal, Remue-ménage, , 200 p. (ISBN 2-89091-176-4)
    • La Dot de Sara, Montréal, CIDHICA, coll. « Connivence »,
  • Le Livre d'Emma, Montréal, Remue-ménage, , 168 p. (ISBN 2-89091-186-1)
  • Un alligator nommé Rosa, Montréal, Remue-ménage, , 240 p. (ISBN 978-2-89091-241-0)
  • Femmes au temps des carnassiers, Montréal, Remue-ménage, , 224 p. (ISBN 9782890915091)

Nouvelles[modifier | modifier le code]

  • Le Silence comme le sang, Montréal, Remue-ménage, , 101 p. (ISBN 2-89091-156-X)
  • Nouvelles d'Ici, d'Ailleurs et de Là-bas, Montréal, Éditions de la Pleine Lune, , 94 p. (ISBN 9782890244832)

Poésie[modifier | modifier le code]

  • Balafres, Centre international de documentation et d'information haïtienne, caribéenne et afro-canadienne (CIDIHCA), 1994. (ISBN 2-920862-82-0)
  • Et puis parfois quelquefois..., Montréal, Mémoire d'encrier, , 80 p. (ISBN 978-2-923713-15-1)
  • Femmes des terres brûlées, Montréal, Éditions de la Pleine Lune, , 90 p. (ISBN 9782890244504)

Littérature jeunesse[modifier | modifier le code]

  • Alexis d'Haïti, Montréal, Hurtubise, 1999; réédition, Hurtubise HMH, coll. « Atout » no 30, 2006. (ISBN 2-89428-897-2)
  • Le Noël de Maïté, Montréal, Hurtubise, 1999. (ISBN 2-89428-370-9)
  • Alexis, fils de Raphaël, Montréal, Hurtubise, 2000; réédition, Hurtubise HMH, coll. « Atout » no 47, 2006. (ISBN 978-2-89428-937-2)
  • Vingt petits pas vers Maria, Montréal, Hurtubise, 2001. (ISBN 2-89428-539-6)
  • Maria, Maria, Maria, Montréal, Hurtubise, 2001. (ISBN 2-89428-539-6)
  • L'Oranger magique, Montréal, Les 400 coups, 2003. (ISBN 2-89540-138-1)
  • La Légende du poisson amoureux, Montréal, Mémoire d'encrier, 2003. (ISBN 9782923153070)
  • La Nuit du Tatou : un conte aymara de la forêt péruvienne, Montréal, Les 400 coups, 2008. (ISBN 978-2-89540-382-1)
  • Un petit bonheur tout rond, Ed. Bouton d'Or Acadie, Nouveau Brunswick, 2019

Autres publications[modifier | modifier le code]

  • Créer, penser, informer, sous la direction de Micheline Cambron, Université de Montréal, 2005. (ISBN 2-923356-00-4)

Prix et honneurs[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c « Recherche - L'Île », sur www.litterature.org (consulté le )
  2. a b c d e f et g Thomas C. Spear, « 5 questions à Marie-Célie Agnant », sur ile-en-ile.org, 1 décembre 2009 (mis à jour) 26 octobre 2020 (consulté le )
  3. a et b ?, « Marie-Célie Agnant, lauréate du prix Alain-Grandbois de l'Académie des lettres du Québec », sur pleinelune.qc.ca, (consulté le )
  4. Françoise Naudillon, « Le continent noir des corps - Représentation du corps féminin chez Marie-Célie Agnant et Gisèle Pineau » Accès limité [PDF], sur Érudit, (consulté le )
  5. « Les prix d'excellence de la SODEP », sur Sodep (consulté le )

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Catherine Gilbert (thèse de doctorat), Le roman comme témoignage : l'œuvre de Marie-Célie Agnant, Université McGill, (lire en ligne)
  • Colette Boucher (thèse de doctorat), Échos identitaires chez Marie-Célie Agnant et ses lectrices : communication interculturelle et médiation culturelle, Université Laval, (lire en ligne)
  • Colette Boucher (dir.) et Thomas C. Spear (dir.), Paroles et silences chez Marie-Célie Agnant : l'oublieuse mémoire d'Haïti, Paris, Éditions Karthala, , 202 p. (ISBN 978-2-8111-0954-7)
  • (de) Beatrice Schuchardt, Räume der Verdrängung, Räume der Vertreibung im Werk Marie-Célie Agnants, in: Gesine Müller, Susanne Stemmler, éds., Raum, Bewegung, Passage. Postkoloniale frankophone Literaturen, Gunter Narr, Tübingen, 2009 (ISBN 9783823365150), p. 165 - 182.
  • Florence Ramond Jurney, « Entretien avec Marie-Célie Agnant », The French Review, vol. 79, no 2,‎ , p. 384-394.
  • Patrice J. Proulx, « revue de Le Livre d'Emma », The French Review, vol. 76, no 6,‎ , p. 1250-1251.
  • Antje Ziether, « Migration, imagination, poétique. Le paradigme transnational chez Marie-Célie Agnant », Études littéraires,‎ , p. 105-118

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]