Maria Grazia Chiuri

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Maria Grazia Chiuri
Dior denver art8.jpg
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Maria Grazia Chiuri, née à Rome en [1], est une styliste italienne. Après Fendi, elle passe dix-sept ans chez Valentino avant d'intégrer Dior.

Biographie[modifier | modifier le code]

Son grand-père maternel étant mort lors de la Seconde Guerre mondiale, sa grand-mère se retrouve seule à élever leurs cinq enfants[2]. Sa mère rejoint alors très jeune un atelier de couture avant d'ouvrir sa propre boutique à Rome, mais poussera sa fille Maria Grazia Chiuri à faire des études[3].

Elle suit une formation à l'Istituto Europeo di Design de Rome, puis débute chez Fendi où elle conçoit des lignes de sacs à main[4].

En 1999, elle entre dans l'entreprise italienne Valentino, où elle est responsable des lignes d'accessoires[5]. Déjà, elle est approchée par Dior pour s'occuper de la ligne des sacs à main ; proposition trop restrictive qu'elle refuse[6]. En 2008, lors de la retraite de Valentino Garavani, elle est promue au sein de l'entreprise italienne codirectrice artistique de la marque, aux côtés de Pier Paolo Piccioli[7] qu'elle connait depuis ses études à l'Istituto Europeo di Design[6]. Ses débuts sont difficiles mais elle sait faire évoluer la marque romaine en quelques années[8]. Ses collections se caractérisent par un style « à l'italienne, romantique et précieux »[9].

En 2016, elle est nommée, par Sidney Toledano, directrice artistique des collections femme de Christian Dior[10] (haute couture et prêt-à-porter, six collections par an[2]). Succédant à Raf Simons, elle devient la première femme à occuper ce poste depuis la création de la marque en 1946[9]. Ses premiers défilés pour la marque française se caractérise par son minimalisme et ses revendications féministes[11].

Arrivée chez Dior[modifier | modifier le code]

La collection femme chez Dior a depuis la création de la marque, été gérée et confectionnée par des hommes, ce qui a parfois pu imposer aux femmes des vêtements inconfortables. En tant que nouvelle directrice artistique de Dior, Maria Grazia Chiuri est dans une position qui lui permet de faire changer les mentalités, notamment à travers ses créations revendiquant le féminisme dans un milieu pouvant être considéré comme sexiste. Lors d'une interview accordée pour Le Monde le , Maria Grazia Chiuri déclare : « Ma responsabilité en tant que designer, c’est de dire aux femmes qu’elles sont libres de choisir la manière dont elles s’habillent. Si elles ont envie de porter un corset contraignant, c’est leur affaire. Ma collection péplum comporte beaucoup de drapés confortables… Je propose, je n’impose rien[12]. »

Créations féministes[modifier | modifier le code]

Sous la direction de Maria Grazia Chiuri, Dior a créé divers vêtements revendiquant le féminisme. Par ailleurs, elle invite régulièrement, pour la présentation de ses collections, des artistes engagés[13].

  • Février 2020 : Lors de la 92e cérémonie des Oscars, Natalie Portman a choisi de porter une cape Dior que Maria Grazia Chiuri lui avait confectionnée sur mesure. Par dessus celle-ci était brodé le nom de chacune des réalisatrices qui ont marqué l'histoire du cinéma lors des derniers mois. Ainsi, nous[Qui ?] pouvions apercevoir le nom des réalisatrices : Lorene Scafaria (pour le film Queens avec Jennifer Lopez), Greta Gerwig (Les Filles du docteur March), Lulu Wang (L'Adieu) ou encore Marielle Heller (Un ami extraordinaire)[14].
  • Janvier 2020 : Lors d'un défilé Dior très stylisé, édifié dans le jardin du Musée Rodin, on[Qui ?] pouvait y observer 21 étendards, sur lesquels étaient brodés des phrases féministes, comme par exemple : « Les hommes et les femmes pourraient-ils être égaux [15] ? »
  • Septembre 2016 : Le slogan « We all should be feminist » (« Nous devrions tous être féministes »), phrase culture prononcée par l'auteure nigériane et icône du féminisme, Chimamanda Ngozi Adichie, s'est retrouvé imprimé sur des t-shirts blancs de deux mannequins lors du défilé Dior à la Fashion Week de Paris, pour la collection printemps 2017[16].
  • Mars 2020, des citations du manifeste de Carla Lonzi sont affichées durant la présentation de la collection inspirée des années 1970, telles que « Le patriarcat tue l'amour » ou « Nous sommes tous des clitoridiennes »[13].

Ouvrages de Maria Grazia Chiuri[modifier | modifier le code]

Maria Grazia Chiuri est, avec Pierpaolo Piccioli, auteure du livre Valentino : Objects of Couture, publié le . Cet ouvrage présente l'héritage de la conception d'accessoires par la légendaire maison de couture Valentino[17].

Récompenses et distinctions[modifier | modifier le code]

  • Lundi  : Maria Grazia Chiuri est décorée des insignes de Chevalier de l'ordre national de la Légion d'Honneur des mains de Marlène Schiappa, secrétaire d'Etat chargé de l'égalité entre les hommes et les femmes. Cette récompense a été reçue après le défilé Dior haute couture automne-hiver 2019-2020. Le prix a été remis pour honorer les valeurs et le message féministe que Maria Grazia Chiuri véhicule au travers de ses collections pour Dior et de ses collaborations avec des artistes féminines[18].
  • 2017 : Maria Grazia Chiuri reçoit le « Glamour Award du designer de l'année », ainsi que le « Glamour Award for The Fashion Force ».
  • 2015 : Maria Grazia Chiuri reçoit le prix CFDA (Council of Fashion Designers of America) pour ses créations chez Valentino[19].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Mariée à un Italien, Paolo Regini qui dirige une fabrique de chemises, elle vit à Rome. Le couple a un garçon, ainsi qu'une fille[3] dont elle est très proche[2].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Adrienne Ribes-Tiphaine, « Maria Grazia Chiuri et Pierpaolo Piccioli : le renouveau Valentino », sur Grazia, (consulté le 8 juillet 2016)
  2. a b et c Rocco 2018, p. 51.
  3. a et b Catherine Schwaab, « La mode "adiore" déjà Maria Grazia Chiuri », Paris Match, semaine du 6 au 12 octobre 2016, p. 68-75.
  4. Catherine Schwaab, « Maria Grazia Chiuri, une femme de fer dans une maison mammouth », sur Paris Match, (consulté le 10 juillet 2016)
  5. Carine Bizet, « Valentino Nuovo », Madame Figaro, no 21009,‎ , p. 50 à 53 (ISSN 0246-5205, lire en ligne)
  6. a et b Rocco 2018, p. 50.
  7. Charlotte Brunel, « La maison Valentino fête ses 50 ans », sur lexpress.fr/styles, L'Express, (consulté le 21 juillet 2012)
  8. Rocco 2018, p. 50 à 51.
  9. a et b Marie Périer, « Maria Grazia Chiuri nommée directrice artistique de Dior », sur Vogue, (consulté le 8 juillet 2016)
  10. « Maria Grazia Chiuri nommée directrice artistique de Dior », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le 8 juillet 2016)
  11. Rocco 2018, p. 48.
  12. https://www.lemonde.fr/m-styles/article/2020/01/23/pour-maria-grazia-chiuri-de-dior-il-faut-dire-aux-femmes-qu-elles-sont-libres_6026988_4497319.html
  13. a et b Karine Porret, « La mode doit-elle se mêler de politique ? », L'Express, no 3585,‎ , p. 78 (ISSN 0014-5270)
  14. https://www.lci.fr/sorties/oscars-2020-de-spike-lee-a-natalie-portman-les-messages-etaient-cousus-main-inegalites-syrie-kobe-bryant-2145051.html
  15. https://www.nouvelobs.com/mode/20200203.OBS24288/un-defile-haute-couture-peut-il-etre-feministe.html#
  16. https://madame.lefigaro.fr/style/calendrier-defiles-dates-fashion-week-paris-newyork-londres-milan-020916-116152 - https://www.jeuneafrique.com/362829/culture/mode-chimamanda-ngozi-adichie-inspire-dior-a-paris-fashion-week/
  17. https://www.rizzoliusa.com/book/9780847840847/
  18. https://www.vogue.fr/mode/article/maria-grazia-chiuri-honoree-de-la-legion-honneur-dior-mode-feministe
  19. https://www.google.com/search?client=firefox-b-ab&sa=X&sxsrf=ALeKk02LGk396AhvbY4GmunZE3VGcKqm0g:1583921812504&q=maria+grazia+chiuri+r%C3%A9compenses&stick=H4sIAAAAAAAAAONgFuLVT9c3NEw2KIw3rSxIUkLlaslmJ1vpJ5YnFqVAyPjyzLy81CIrMKf4EWMSt8DLH_eEpSInrTl5jTGYC796IT0uNte8ksySSiEVLkEpVLs0GKT4uVCFrJg0mHgWsSrkJhZlJiqkFyVWAankjMzSokyFosMrk_NzC1LzilOLAXJukpHHAAAA&npsic=0&ved=2ahUKEwi8yPHHmJLoAhWQkhQKHZO7D78Q1i8wD3oECBAQKA

Source[modifier | modifier le code]

  • Anne-Marie Rocco, « Portrait Maria Graia Chiuri : Aiguillon », Challenges, no 549,‎ , p. 48 à 51 (ISSN 0751-4417) Document utilisé pour la rédaction de l’article