Louise de Landsheere

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Louise de Landsheere
Alias
Loulou pour ses intimes
Martine puis Françoise pour la résistance
Naissance
Bruxelles
Décès
Bruxelles
Nationalité Drapeau : Belgique Belge
Pays de résidence Belgique
Activité principale
Journaliste
Autres activités
Résistante
Capitaine ARA[1]

Louise de Landsheere, Martine puis Françoise en résistance, née à Bruxelles le , est une grande résistante de la Seconde Guerre mondiale. Elle fut la conjointe de William Ugeux, responsable du Service de renseignement Zéro[2]. Arrêtée en mai 1942, elle sera déportée. Refusant de contribuer à l'effort de guerre nazi, elle connaîtra de sévères conditions de détention. Elle survivra à sa captivité et fut libérée par les Américains en 1945. Louise, « Loulou » comme l'appelaient ses amis, décède à Anderlecht, le .

La Libre Belgique clandestine - « Peter Pan » - 1942.

Biographie[modifier | modifier le code]

Louise de Landsheere est issue d'un milieu intellectuel catholique. Son père Paul de Landsheere est un résistant de la Première Guerre mondiale. Il était Directeur du compte-rendu analytique du Sénat. Après des humanités classiques, elle s'inscrit à l'école supérieure de jeunes filles de Bruxelles. En 1939, elle s'inscrit à l'école supérieure de commerce de l'Université catholique de Louvain.

Dès le début de la guerre, Louise de Landsheere souhaite œuvrer « contre » l'occupant. Son père, d'abord réticent, la met en contact avec William Ugeux qu'il a rencontré au journal Le Vingtième Siècle pour lequel il travaille en tant qu'informateur politique. Louise s'investit corps et âme, livrant des journaux de La Libre Belgique clandestine, contribuant à l'évacuation de résistants et de britanniques, participant au renseignement. Début 1941, elle est l'adjointe attitrée de William Ugeux.

Le , tandis qu'elle se rend chez l'imprimeur de la Libre Belgique clandestine, Lielens, elle est arrêtée par la gestapo. Interrogée Avenue Louise puis incarcérée à la prison de Saint-Gilles, elle sera jugée par un tribunal militaire allemand dans le cadre du procès de l'Affaire de la Libre Belgique. Comdamnée à sept années de travaux forcés, elle refusera de contribuer à la fabrication de munitions pour les Allemands, ce qui ne fit qu'aggraver ses conditions de détention. Le , elle est transférée vers le Zuchthaus d'Anrath, à proximité de Krefeld. En avril 1944, elle est transférée à la forteresse Jauer en Silésie.

Le , face à l'avance de l'Armée rouge, elle doit affronter une marche de la mort qui la conduira en Bavière, à la forteresse d'Aichach près de Dachau. Le , tandis que le typhus sévit dans le camp, Louise est libérée par les troupes américaines. Paul Lévy, correspondant de guerre, était sur place. Il organisera le rapatriement vers Bruxelles de celle qui l'avait fait évacuer vers l'Angleterre au départ de Bruxelles en 1942. À son retour, elle apprend que son frère Henry est décédé tragiquement, lors de la libération, renversé par un char allié tandis qu'il circulait en motocyclette[3].

En 1946, elle est journaliste pour «Cité nouvelle» puis pour «Vers l'avenir» (1947) et «La Cité» (1950 à 1952). En 1953, on la retrouve rédactrice au compte-rendu analytique du Sénat, fonction qu'elle exercera jusqu'en 1972 ou elle obtint le statut de sous-directeur à titre honoraire.

Louise de Landsheere était présidente de l'amicale de La Libre Belgique clandestine, de l'amicale féminine des Camps et Prisons d'Allemagne. Enfin, elle fut secrétaire générale de l'Union des services de renseignement et d'action (1962)[4],[5].

Reconnaissances[modifier | modifier le code]

  • En 2007, la promotion en sciences sociales de l'École royale militaire portera son nom (pour la première fois, une femme était ainsi mise à l'honneur)[4].

Publication[modifier | modifier le code]

  • Louise de Landsheere, Les mémoires de Louise de Landsheere - De la résistance à la marche de la mort, Éditions J. M. Collet, écrits en 1946, publié en juin 1989, deux mois avant son décès.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Agent de Renseignement et d'Action
  2. Son matricule était le "015"
  3. Louise de Landsheere, Les mémoires de Louise de Landsheere - De la résistance à la marche de la mort, Éditions J. M. Collet, juin 1989
  4. a et b Christian Laporte, La Libre Belgique, Hommage à une grande dame de la Résistance, 4 octobre 2007
  5. Louise de Landsheere, blogspot