Louis Marie Florent du Châtelet

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Châtelet.
Louis Marie Florent du Châtelet
Fonction
Député
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 66 ans)
Lieu de travail
Activités
Mère
Autres informations
Distinctions

Louis Marie Florent de Lomont d'Haraucourt, duc du Châtelet, né à Semur-en-Auxois, le et guillotiné à Paris le , est un officier et diplomate français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Naissance, jeunesse et mariage[modifier | modifier le code]

Issu de la maison du Châtelet (branche cadette de la maison de Lorraine détachée au XIIIe siècle depuis Thierry de Lorraine, seigneur d'Autigny, fils du duc Frédéric Ier de Lorraine), Florent Louis Marie de Lomont est le fils de Florent Claude, marquis du Châtelet et d'Émilie de Breteuil, célèbre femme de lettres et de sciences, amie de Voltaire. En 1740, il prend le titre de marquis du Châtelet. Plus tard, il porte alternativement celui de comte de Lomont ou de comte du Châtelet-Lomont. Enfin, à partir de 1770, il porte le titre de duc du Châtelet.

Le 24 avril 1752, il épouse Diane Adélaïde de Rochechouart. Le contrat entre les jeunes mariés, issus de deux des plus illustres maisons de France, est établi à Versailles, en présence du roi Louis XV, de la reine, des membres de la famille royale et des parents et amis de la famille.

Le 27 avril 1752, mariage à Puiseux-le Hauberger, Oise, France, de Louis Marie Florent Du Châtelet Lomont, Échevin de Monseigneur le Dauphin, Chambellan du Roi de Pologne Duc de Lorraine et de Bar, Colonel du Régiment de Quercy, domicilié de droit en la paroisse de Lunéville, et de fait en celle de de Saint Sulpice, à Paris, fils de Claude Florent, Marquis De Châtelet Lomont, Seigneur de Cirey, et autres lieux, Lieutenant Général des armées du Roi, Grand bailli d'Auxois, De Sarrelouis, et de la Marche en Barrois, Gouverneur de Sémur, Commandeur de l'ordre royal et militaire de Saint Louis, Grand Chambellan du roi de Pologne, domicilié à Lunéville en Lorraine, avec Diane Adélaïde De Rochechouart, domiciliée de droit en la paroisse de Songeons, diocèse de Beauvais, et de fait en la paroisse de Saint Sulpice à Paris, fille de François Charles Comte De Rochechouart, Seigneur de Faudoas, Clermont, Goirans, la Barthe, Baron des états du Languedoc, Lieutenant Général des armées du Roi, et de défunte Marie Françoise de Conflans d'Armantières, Dame de Madame la Dauphine, domicilié paroisse Saint Sulpice à Paris[1].

À la cour de Lorraine[modifier | modifier le code]

À cette époque, le jeune marquis du Châtelet est colonel du régiment de Quercy et chambellan de l'ancien roi de Pologne Stanislas Leszczyński, beau-père de Louis XV et depuis peu duc de Lorraine et de Bar à titre viager. Aussi demeure-t-il à Lunéville, où le roi polonais tient une cour brillante et où sa mère est morte quelques années plus tôt. En 1754, il est colonel du régiment de Navarre. Le 9 août 1754, il devient brigadier du régiment du roi, dont il est nommé colonel-lieutenant en 1767.

À la mort de son père en 1765, il hérite du château de Cirey.

Gouverneur de Semur-en-Auxois et de Toul, il est bientôt nommé maréchal de camp des armées du roi et fait grand-croix de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis.

Ambassadeur à Vienne[modifier | modifier le code]

En 1761, il est nommé ministre plénipotentiaire à la cour de Vienne. Cette même année, il est envoyé par Louis XV comme ambassadeur près de l'empereur romain germanique François Ier, ancien duc de Lorraine et de Bar en remplacement du duc de Praslin, nommé ministre.

Après la mort de Stanislas Leszczyński en 1766 et le rattachement des duchés à la France, Florent-Marie qui n'avait plus aucune attache à Lunéville, fait transporter à Cirey tout ce qui lui appartient dans cette ville. En 1768, il fut nommé ambassadeur de France en Angleterre et en 1770 « duc à brevet » (c’est-à-dire à titre personnel et non héréditaire).

La Révolution[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Révolution française de 1789.

En 1787, quand Louis XVI convoque les assemblées provinciales pour remédier aux embarras du trésor et réformer durablement les impôts et l'économie française, le duc du Châtelet est appelé à présider l'assemblée provinciale de l'Île-de-France, nomination signée par Louis XVI, où celui-ci lui donne la qualification honorifique de « cousin ». L'installation de l'assemblée, composée de membres des trois ordres, a lieu à Melun le 11 juillet. Le duc du Châtelet en prononce le discours d'ouverture.

En 1789, à la convocation des États généraux, l'effervescence, qui se répand jusqu'en province, touche aussi les « gardes françaises » dont le duc du Châtelet est colonel. Dans la crainte de les voir adopter des principes contraires à l'esprit de discipline, on leur interdit l'entrée des assemblées du district où s'expriment les agitateurs. Au début du mois de juillet 1789, quelques réfractaires, ayant enfreint l'ordre de se retirer dans leur caserne, sont conduits à la prison militaire de l'Abbaye, d'où le peuple, prenant leur défense, les en avait arrachés.

Le 12 juillet, le duc du Châtelet, impopulaire, est reconnu et poursuivi par la foule. Il se réfugie dans le dépôt de ses soldats, boulevard de la Chaussée d'Antin, où un soldat de la compagnie de Gaillac, Joseph Barbet, prend hardiment sa défense, le couvrant de son corps. Il réussit à entraîner ses camarades qui sauvèrent leur colonel et le mirent à l'abri dans l'hôtel de Richelieu, qui était leur quartier général.

Cela n'empêcha pas le duc d'être arrêté ; la Terreur n'épargnait personne, ouvrier, paysan ou duc, qui lui parut suspect. Le duc du Châtelet est guillotiné le 13 décembre 1793, place de la Révolution, âgé de soixante-six ans.

Possessions[modifier | modifier le code]

Louis Marie Florent, duc du Châtelet, possédait la baronnie de Cirey qui comprenait, les seigneuries de Cirey, Bouzancourt, Marbéville, une partie de celle Brachay, un tiers de celle d'Arnancourt, les droits de la Soignée de Morancourt, la mouvance Blumeray, les fiefs de Charmememont et de Boulevaux, les fiefs du pré Paulie à Cirey, et de Stainville à Fays, puis les seigneuries de Saint-Amand, Saint-Eulien, Haussignémont, Changy, Mertaut et Outrepont, la châtellenie de Pierrefite en partie, comprenant les seigneuries de Naive, Loisey, Culey, Rozières, Rupt, Erize-la-Brulée, Erize-les-Saint-Dizier et Rumont; les seigneuries de Lomont, Montboillon, Torpes, Amances, Senoncourt et Vy-les-Lures, le château de Semur, les terres d'Origny, Ville-Thierry et Varenne.

Descendance[modifier | modifier le code]

Diane Adélaïde de Simiane (vers 1800)

Louis Marie Florent du Châtelet et Diane Adélaïde de Rochechouart eurent un fils qu'ils nommèrent Paul Marie Florent du Châtelet. Au moment de la Révolution, le duc et la duchesse du Châtelet, craignant pour la vie de leur fils prirent la résolution de s'en séparer. C'est la duchesse qui donna son enfant à l'une de ses suivantes avec une bourse d'or pour qu'elle accepte de sauver son enfant. Le jeune enfant devint ensuite Paul Châtelet afin de ne pas compromettre sa vie.

Louis Marie Florent du Châtelet avait une nièce par alliance, la future Madame de Simiane, Diane-Adélaïde de Damas, fille de Jacques-François de Damas et de Zéphirine-Félicité de Rochechouart, sœur de la duchesse du Châtelet.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Archives Départementales de l'Oise, film 5Mi 2462, BMS 1634-1781, page 390, Puiseux-le-Hauberger, Oise, France.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Hubert Saget, Cirey après Voltaire : Florent-Louis-Marie du Châtelet
  • François-Alexandre de La Chenaye-Aubert, Badier, Dictionnaire de la noblesse, contenant les généalogies, l'histoire & la chronologie des familles nobles de France, l'explication de leur armes, & l'état des grandes terres du royaume, La veuve Duchesne, Paris, 1772, [lire en ligne], p. 319 ;
  • Histoire généalogique de la maison du Châtelet de Dom Calmet, Nancy, 1741 ;
  • Abbé Piot, « Cirey-le-Château - La Marquise du Châtelet (sa liaison avec Voltaire) », dans Mémoires de la Société des lettres, des sciences, des arts, de l'agriculture et de l'industrie de Saint-Dizier, tome 7, 1892-1894, [lire en ligne], p. 164
  • Archives du Tribunal du 17 août 1792, Archives nationales W248, dossier 6 (Cabanis, Boulland) et W248, dossier 7 (Lacroix)→ des pièces sur la famille Châtelet-Simiane (états de dépenses, faux certificats de présence ou d'émigration, etc.)
  • « Louis Marie Florent du Châtelet », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]