Claude François Chauveau-Lagarde

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Claude François Chauveau-Lagarde
Chauveau-Lagarde, Claude François, par Rouillard et Sudre, BNF Gallica.jpg

Chauveau-Lagarde, par Rouillard et Sudre, 1824-1825.

Naissance
Décès
Nationalité
Activité

Claude François Chauveau-Lagarde[1], né à Chartres le 21 janvier 1756 et mort à Paris le 19 février 1841 au 31, rue Jacob, est un avocat et homme politique français, célèbre pour avoir notamment défendu Marie-Antoinette et Charlotte Corday.

Biographie[modifier | modifier le code]

Premières années[modifier | modifier le code]

Né paroisse Saint-André, de Pierre Chauveau, maître perruquier, et de Marie Magdeleine Lagarde, après des études au collège de Chartres, il poursuit des études de droit à Paris.

La Révolution française[modifier | modifier le code]

Déjà l'un des avocats les plus connus de Paris, Claude François Chauveau-Lagarde se fit connaître du public dès le début de la Révolution. 1789 le remplit d'abord d'espoir et, quand les états généraux furent convoqués, il publia une Théorie des États généraux ou la France régénérée. Sous la Révolution il continua à exercer sa profession sous le nouveau nom de défenseur officieux qu'on avait donné à l'avocat. Son nom apparaît dans les listes des jugements civils dans la collection d'Aristide Douarche, Les Tribunaux civils pendant la Révolution. On y voit que le 16 mai 1793 il était l'avocat du général Francisco de Miranda devant le Tribunal révolutionnaire, alors que ce dernier avait encore une certaine bonne volonté envers les accusés ; l'efficacité de son plaidoyer fit acquitter son client, un triomphe pour l'accusé et son avocat. Pourtant, Marat dénonça Chauveau-Lagarde pour avoir fait libérer un coupable. On lui confia la défense de Louis-Marie-Florent, duc du Châtelet, de Jean Sylvain Bailly, de Madame Roland et de Charlotte Corday, qui avait assassiné Marat. Dans son cas, l'issue du jugement ne faisait aucun doute, il en était bien conscient. Il se limita à rappeler pour la défendre « l'exaltation du fanatisme politique » qui avait mis le couteau dans sa main.

Il se distingua par son courage moral sous la Terreur. Il dut défendre les Girondins modérés, en particulier Brissot, son compatriote de Chartres, qui avait deux ans de plus que lui. Il prit la défense de Marie-Antoinette, avec une chaleur qui attira les soupçons du Comité de sûreté générale ; dès que la sentence eut été prononcée contre la reine, il fut convoqué devant le comité, accusé de l'avoir trop bien défendue, mais il réussit à se justifier.

Madame Roland lui demanda de préparer sa défense, qu'elle avait l'intention de présenter elle-même devant ses juges. Il prit la défense de Madame Élisabeth, sœur du roi, sans être autorisé à voir sa cliente. Il dut aussi défendre les « vierges de Verdun » qui ont inspiré une ode à Victor Hugo[2], les vingt-sept défenseurs de Tonnerre et d'autres.

Quand fut instaurée la loi draconienne du 22 prairial an II (10 juin 1794), qui supprimait pour les accusés le recours à un avocat, il se retira dans sa ville natale. Là il fut arrêté, accusé de montrer trop d'indulgence envers les contre-révolutionnaires. Son mandat d'arrestation spécifiait qu'il devait comparaître devant le tribunal dans les trois jours, mais sa détention dura en fait six semaines, pendant lesquelles il resta très discret, et cela le sauva de la guillotine. Après le 9 thermidor de l'an II (27 juillet 1794) il fut remis en liberté.

Ses cosectionnaires l'élurent président de la section « l'Unité », la plus royaliste de la capitale. Compromis par l'insurrection royaliste du 13 vendémiaire an IV (5 octobre 1795), il fut condamné à mort par contumace. Il se cacha, attendant que le calme fût revenu assez longtemps, si bien que, quand il reparut finalement, la sentence fut annulée.

Après que, sous le Directoire, on fut revenu à un ordre plus normal, il reprit sa profession. En 1797 il fut chargé de défendre l'abbé Charles Brottier, qu'il fit acquitter, comme ce fut le cas pour plusieurs royalistes accusés de conspiration. Son courage et son éloquence habituels ne lui permirent pas néanmoins d'obtenir l'acquittement pour les « ravisseurs » présumés de Clément de Ris, Auguste de Canchy et Jean de Mauduison.

Après la Révolution[modifier | modifier le code]

Le 8 juillet 1806, il est nommé avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation.

Après la Restauration, il devint avocat au Conseil du roi et président du Conseil de l'ordre des avocats.

Le 23 août 1814, il est nommé chevalier de la Légion d'honneur.

En 1816, il assure la défense du général Jean-Gérard Bonnaire et publie une notice historique sur la vie de son client : "Exposé simple et fidèle de la conduite du général Bonnaire, ex-commandant de la place de Condé, accusé d'avoir ordonné le meurtre du colonel Gordon, envoyé au nom du Roi somme parlementaire à Condé, et d'avoir participé à ce meurtre."

En 1824, il s'associe à son compatriote François-André Isambert, avocat, dans l'affaire des déportés de la Martinique, où ils ont notamment en charge la défense de Cyrille Bissette, Jean-Baptiste Volny et Louis Fabien. Il publie alors un "Plaidoyer pour les sieurs Bissette, Fabien fils et Volny, condamnés à la marque et aux travaux forcés à perpétuité par la Cour royale de la Martinique."

En 1826 il est l'un des défenseurs de l'avocat François-André Isambert poursuivi pour provocation à rébellion car dans un article publié le 14 septembre 1826 celui-ci avait écrit que les gendarmes isolés et les agents de la police administrative n'avaient pas le droit d'ordonner de leur propre chef l'arrestation d'un citoyen.

En 1828, il est nommé conseiller à la Cour de cassation (section criminelle).

Il a longtemps travaillé à l'écriture de l'histoire de sa vie judiciaire : "Si Dieu me laisse le temps de la terminer, on y lira des pages bien curieuses."[3]

Un des ses fils, Urbain, né le 26 juin 1798 à Paris, est juge suppléant du tribunal de la Seine, il sera fait Chevalier de la légion d'honneur le 8 février 1860.

Obsèques[modifier | modifier le code]

Ses obsèques ont lieu le 22 février 1841. Les coins du drap mortuaire sont portés par Dominique-François-Marie de Bastard d'Estang, pair de France, le baron de Crouseilhes, conseiller à la Cour de cassation ; le baron Meyronnet de Saint-Marc, conseiller à la Cour de cassation et M. Hello, avocat général à la Cour de cassation.[4]

Il est enterré dans la 1re division du cimetière de Montparnasse à Paris.

Caractère[modifier | modifier le code]

D'un caractère aimable et enjoué, connu pour ses saillies, il faisait des vers. Quand il racontait quelque anecdote, sa parole était vive, animée, ses yeux brillaient avec éclat. D'une grande modestie et plein de dévouement pour ses amis.[5]

Hommages et postérité[modifier | modifier le code]

  • On a donné son nom à une rue de Paris dans le huitième arrondissement, la rue Chauveau-Lagarde ;
  • Chartres, sa ville natale, a attribué son nom à l'une de ses rues, qui relie la rue Pierre-Nicole à la rue Philippe-Desportes.

Aujourd'hui, les papiers personnels de Claude François Chauveau-Lagarde sont conservés aux Archives nationales sous la cote 476AP[6].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Né Chauveau, il fut officiellement autorisé à changer son patronyme en "Chauveau-Lagarde" par ordonnance royale du 10 janvier 1815.
  2. In Odes et ballades, octobre 1818.
  3. Journal de Chartres, 23 février 1841, article de l'avocat chartrain Doublet de Boisthibault.
  4. Journal de Chartres, 28 février 1841.
  5. Le Journal de Chartres, 23 février 1841, article de l'avocat chartrain Doublet de Boisthibault.
  6. Description du fonds conservé aux Archives nationales, salle des inventaires virtuelle

Sources[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]