Ligne de Cravant - Bazarnes à Dracy-Saint-Loup

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Ligne de
Cravant - Bazarnes à Dracy-Saint-Loup
Image illustrative de l'article Ligne de Cravant - Bazarnes à Dracy-Saint-Loup
La gare de Saulieu
Pays Drapeau de la France France
Historique
Mise en service 1873 – 1882
Concessionnaires PLM (1863 – 1937)
SNCF (1938 – 1997)
RFF (1997 – 2014)
SNCF (depuis 2015)
Caractéristiques techniques
Numéro officiel 755 000
Longueur 116,585 km
Écartement Voie normale (1,435 m)
Électrification Non électrifiée
Pente maximale 15
Nombre de voies Voie unique
Trafic
Propriétaire SNCF
Exploitant(s) SNCF - Fertis (fret)

Longue de 116 km, la ligne de Cravant - Bazarnes à Dracy-Saint-Loup est une ligne ferroviaire française à écartement standard et à voie unique non électrifiée desservant la partie centrale du Morvan. Elle s'embranche à Cravant - Bazarnes sur la ligne de Laroche-Migennes à Cosne, dessert Avallon sous-préfecture de l'Yonne et Saulieu, puis se raccorde à Dracy-Saint-Loup à la ligne d'Étang à Santenay (via Autun).

Elle constitue la ligne 755 000 du réseau ferré national.

Historique[modifier | modifier le code]

La ligne entre Cravant - Bazarnes et Avallon, ainsi que la section entre Avallon et Maison-Dieu (partie d'un itinéraire « d'Avallon à la ligne de Paris à Dijon »), ont été concédées à titre éventuel à la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée par une convention entre le ministre secrétaire d'État au département de l'Agriculture, du Commerce et des Travaux publics et la compagnie signée le 1er mai 1863. Cette convention a été approuvée par un décret impérial le 11 juin 1863[1]. Les lignes de Cravant - Bazarnes à Avallon et d'Avallon à la ligne de Paris à Dijon sont déclaréee d'utilité publique par un décret impérial le 2 septembre suivant, rendant ainsi leur concession définitive[2].

La section entre Maison-Dieu et Dracy-Saint-Loup est concédée à la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée par une convention entre le ministre des Travaux publics et la compagnie signée le 3 juillet 1875. Cette convention a été approuvée à la même date par une loi qui déclare simultanément la ligne d'utilité publique[3].

La ligne a été ouverte par le PLM en trois étapes :

  • De Cravant - Bazarnes à Avallon le 20 octobre 1873
  • D'Avallon à Maison-Dieu le 19 juin 1876
  • De Maison-Dieu à Dracy-Saint-Loup le 23 août 1882

Le projet du Contrat de plan État - SNCF 1996-2000 mentionne trois lignes en Bourgogne exclusivement utilisées par des TER et présentant un taux de couverture inférieur à 25 %, destinées potentiellement à être transférées sur la route : Avallon - Autun ; Étang-sur-Arroux - Autun et Paray-le-Monial - Montchanin. La première est le sujet du présent article. Elle a comme principale vocation de relier le chef-lieu d'arrondissement d'Autun à la capitale et ne présente qu'un faible potentiel local, l'unique localité d'envergure desservie étant le chef-lieu de canton de Saulieu (environ 2 600 habitants).

Dès l'inauguration de la LGV Sud-Est, la ligne souffre de la concurrence avec cette dernière, dont la gare du Creusot TGV est reliée à Autun par des cars de rabattement. Ensuite, le service d'hiver 1994-95 voit la mise en service de deux autres lignes routières de rabattement, cette-fois ci depuis Saulieu, Semur-en-Auxois et Avallon vers la gare de Montbard qui bénéficie d'une desserte TGV. Simultanément, la desserte ferroviaire Avallon - Autun est réduit à un aller-retour quotidien, sans correspondance avec Paris. Comme résultat de la protestation locale, le service est légèrement amélioré en 2000, mais les voyageurs désertent le train car le système de renseignement horaire de la SNCF indique systématiquement des correspondances TGV et autocar[4].

Tracé - Parcours[modifier | modifier le code]

Le pont ferroviaire sur la Cure à Arcy-sur-Cure (à droite), au début du XXe siècle

À partir de Cravant - Bazarnes, la ligne remonte la vallée de la Cure, rivière franchie à 4 reprises, puis dessert Arcy-sur-Cure et Sermizelles à proximité du haut-lieu touristique de Vézelay. Elle pénètre alors dans la vallée du Cousin puis elle décrit un coude vers le nord jusqu'à Annay-la-Côte avant d'arriver à Avallon. Elle continue vers l'Est jusqu'à Maison-Dieu, origine d'un ancien embranchement vers Les Laumes-Alésia, dont l'emprise est aujourd'hui réutilisée par l'autoroute A6 sur 4 kilomètres. Elle s'élève ensuite dans une région accidentée où les sommets atteignent 800 m, traverse la petite ville de Saulieu et descend ensuite vers Dracy-Saint-Loup dans la vallée de l'Arroux dans une région de bois et de prairies.

Infrastructure[modifier | modifier le code]

Cette ligne est à voie unique sur l'ensemble de son parcours (les croisements des trains se font dans les gares de Cravant-Bazarnes et de Sermizelles-Vezelay). Le tracé est assez sinueux et il existe des déclivités de 15‰ sur de grandes longueurs de part et d'autre du point culminant à l'altitude 537 m, à proximité de la halte de Saint-Didier.

Il n'existe qu'un seul tunnel, celui de Saint-Moré de 208 m de longueur qui permet de recouper un méandre de la Cure.

La présence de courbes de faible rayon limite la vitesse des trains à 90 km/h jusqu'à Maison-Dieu et à 70 km/h (voire 50 km/h) au-delà.

Les gares sont de style PLM. Celle de Sincey-les-Rouvray a été classée à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1984.

Des travaux de modernisation des voies ont été réalisés entre avril et juin 2010 sur la partie Avallon Cravant - Bazarnes, dans le but d'améliorer vitesse (jusqu'à 110 km/h) et sécurité.

Exploitation[modifier | modifier le code]

Avec le changement d'horaire du , la ligne Avallon - Autun est définitivement fermée au trafic voyageurs, quinze ans après que le service avait été réduit, pour une première fois, à un unique aller-retour par jour (voir ci-dessus). Elle ne transporte plus qu'une cinquantaine de personnes en 2008, et l'horaire est restreint, pour une seconde fois, à un seul aller-retour. L'occupation des trains varie alors entre zéro et cinq personnes. La suppression de ces trains facilite l'organisation du trafic de marchandises, qui est ainsi soumis à moins de contraintes sur cette ligne à faible débit. Le principal client est l'établissement de La Roche-en-Brenil de la société belge Fruytier, travaillant dans le domaine du sciage et de la transformation du bois. L'exploitation ferroviaire, assurée par VFLI filiale de la SNCF qui l'a reprise de la CFD, pourrait passer à un opérateur ferroviaire de proximité en 2012[5].

Le service de substitution par autocars TER se limite à la section Saulieu - Autun, portant sur trois aller-retours du lundi au vendredi, deux allers simples le samedi et un aller simple les dimanches et fêtes. Le positionnement des circulations ne permet pas l'aller-retour dans la journée Autun - Saulieu. Quant à la section Saulieu - Avallon, elle n'est plus desservie que par cinq circulations hebdomadaires (aller le lundi et vendredi, retour le lundi et dimanche)[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « N° 11555 - Décret impérial qui approuve la convention passée, le 1er mai 1863, entre le ministre de l'Agriculture, du Commerce et des Travaux publics et la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée : 11 juin 1863 », Bulletin des lois de l'Empire Français, Paris, Imprimerie Impériale, série XI, vol. 22, no 1141,‎ , p. 159 - 166 (lire en ligne).
  2. « N° 11677 - Décret impérial qui déclare d'utilité publique l'exécution d'un chemin de fer d'Avallon aux lignes d'Auxerre à Nevers et de Paris à Dijon : 2 septembre 1863 », Bulletin des lois de l'Empire Français, Paris, Imprimerie Impériale, série XI, vol. 22, no 1151,‎ , p. 399 - 400 (lire en ligne).
  3. « N° 4443 - Loi relative à la déclaration d'utilité publique de plusieurs chemins de fer et à la concession de ces chemins à la Compagnie de Paris à Lyon et à la Méditerranée : 3 juillet 1875 », Bulletin des lois de la République Française, Paris, Imprimerie Nationale, série XII, vol. 11, no 266,‎ , p. 265 - 271 (lire en ligne).
  4. Pierre-Henri Émangard, Bernard Collardey et Pierre Zembri, Des omnibus aux TER (1949-2002), Paris, La Vie du Rail, , 466 p. (ISBN 2-902 808-83-6) ; p. 328-331 et 360-361.
  5. « La ligne ferroviaire Autun – Avallon fermée aux voyageurs fin 2011 pour être réservée au fret », sur Gens du Morvan (hebdomadaire régional) (consulté le 5 février 2012).
  6. [PDF] « Horaire de la ligne Avallon - Saulieu - Autun », sur TER Bourgogne (consulté le 5 février 2012).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]