Le Zéro et l'Infini

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Le Zéro et l'Infini
image illustrative de l’article Le Zéro et l'Infini
Couverture de la première édition américaine.

Auteur Arthur Koestler
Pays Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Version originale
Langue Allemand
Titre Sonnenfinsternis
Éditeur Macmillan
Date de parution 1940
Version française
Traducteur Jérôme Jenatton
Éditeur Calmann-Lévy
Collection Pérennes
Date de parution 1945
Nombre de pages 247
ISBN 9782702135624
Chronologie

Le Zéro et l'Infini (Darkness at Noon) est un roman d'Arthur Koestler. Écrit entre 1938 et 1940[1], il est publié pour la première fois au Royaume-Uni en 1940, ensuite en France en 1945. Le roman fut originellement écrit en allemand et traduit en anglais par la maîtresse de Koestler, Daphne Hardy Henrion.


Présentation d'étendue "moyenne"[modifier | modifier le code]

Edition de 1945, Paris, le livre de poche n°35

Arthur Koestler est né en 1905 en Hongrie, il est juif. Il va vivre a Vienne où il étudie, puis journaliste à berlin et "pionnier" en Palestine; il est tour à tour journaliste à paris où il est correspondant pour des journaux allemands, à Berlin où il adhère au parti communiste. En 1932, en urss il assiste à un procès d’épuration. Il est envoyé en Espagne pour couvrir le soulèvement militaire et il y est arrêté et condamné à mort. Il fut epargné grace à une campagne de presse en sa faveur. A partir de ce moment là, il rompt avec le parti communiste A Paris à nouveau, il est consideré comme un suspect politique par la police française. Il est interné dans un camp en Ariege. Il sera relaché mais sera consideré désormais comme indésirable.

Au moment ou il écrit le romain Koestler est communiste, il a donc connu en URSS, un procès d’épuration a Achkhabad. Il a déjà fait l’experience des prisons espagnoles et la perspective de sa mise à mort. En 38 il s’interroge sur le bien fondé du stalinisme dit 'communiste' puis un camp d’internement français sous Daladier puis Pétain.


1. L’espace et le temps[modifier | modifier le code]

L’action se passe dans un pays totalitaire. Il n’est pas nommé mais on peut deviner que l'action se passe dans un pays slave (Union Soviétique) à la fin des années 30. (DANS LE LIVRE, il précise 1938 à 1940.) Le livre a été écrit en allemand et est publié en anglais en 1940. Ceci est donc une traduction. L’auteur s’est inspiré des grands procès de Moscou qui se sont tenus de 1936 à 1938 dans le but de supprimer un grand nombre d’opposants potentiels de Staline et surtout d’anciens compagnons de Lénine. Le "héros" Roubachof évolue pendant toute la durée du roman dans une cellule de prison. Il se remémore son histoire mais surtout il se pose des questions qu'il ne s'était jamais posé auparavant. Il analyse en fait son parcours de militant et les idées du parti. Lorsqu'il était encore un haut fonctionnaire, il effectuait des missions à l'étranger (Belgique, Allemagne...).


2. L’intrigue[modifier | modifier le code]

Roubachof, membre actif et important du Parti, est jeté en prison après avoir été « vendu » par sa secrétaire. Sa fidélité au Parti est mise en doute. Il se défend très peu, puis est incarcéré et « jugé ». Avant cela, il avait passé deux années de détention dans une prison étrangère. Une fois libéré, il avait été accueilli en héros pour avoir eu une conduite exemplaire. Pendant son séjour en prison "actuelle", il essaie de communiquer avec d'autres détenus en « morse ». Il est confronté aux rigueurs de la détention. Peu après, il est confronté à un haut fonctionnaire de la prison. Roubachof est suspecté d’être un opposant au seul et unique parti du pays. Il est forcé d'adopter l’idéologie du parti. Selon lui, soit il aura affaire à un jugement administratif (il sera jugé par des hauts fonctionnaires du parti sans aucune chance ni aucun espoir de s’en sortir) soit il aura affaire à un procès public (il pourra y être defendu avec beaucoup plus d’espoir et de facilité). Yvanof veut forcer Roubachof à avouer qu’il fait partie d’un groupe d’opposition. Ce qui est faux. Sa destinée dépend de sa facon de s’exprimer sur ce sujet et si oui ou non il reconnaît ses « soit disant » propres fautes. Ivanof donna 2 semaines à Roubachof pour réfléchir à son attitude tout en prédisant que le témoignage d’autres personnes, connues de Roubachof, serait de toute facon à sa charge. A partir de ce moment-là, les conditions de détentions de Roubachof s’améliorent. Va-t-il rester fidèle à sa conscience ou être fidèle jusqu’au bout au Parti en se soumettant à ses exigences ? Pourquoi le parti auquel il a adhéré lui demande-t-il de tels sacrifices ?

Au fil du temps, l'interrogatoire de Roubachof arrive. Car il a fini par céder aux propositions d'Ivanof. Celui-ci était venu expliquer " en ami " à Roubachof qu'il ferait mieux de se soumettre. Mais dans un premier temps celui-ci refuse catégoriquement. Le fait qu'il cède finalement le mène à un procès public. Entre les interrogatoires, Roubachof communique avec les autres détenus à l'aide de son pince-nez. Certains détenus lui parlent pendant qu'il effectue son tour de promenade. L'interrogatoire est mené par Gletkin, car Ivanof est condamné et fusillé pour n'avoir pas respecté les lois du parti. Roubachof l'a bien compris, l’individu est le zéro. Le Parti, c’est l’infini. C’est ainsi que les choses sont présentées à Roubachov lors de son premier interrogatoire. Roubachov le sait. Le voilà torturé à son tour par la machine à faire avouer et sommé de se prêter à la mise en scène macabre qui lui fera avouer qu’il est un traître, un renégat, un ennemi de la classe ouvrière.


3.Les personnages[modifier | modifier le code]

ROUBACHOF[modifier | modifier le code]

Membre important du parti, il eût plusieurs activités de haut fonctionnaire au parti puis il fit des missions de propagande à l’etranger. Il semble avoir "l'instinct du parti", avoir toujours bien fait les choses tout en sachant qu'elles doivent être faites selon les idées du parti et non selon sa conscience personnelle. Concernant son procès, il a peu de chances car son sort est déja décidé d’avance. Sa captivité l'oblige à une réflexion poussée sur le parti et son détournement en machine totalitaire trahissant la révolution qu'il a engendrée ; réflexion sur son existence et son implication au sein du parti, sur l'histoire, la révolution...

IVANOF[modifier | modifier le code]

Haut fonctionnaire de la prison, connaissant Roubachof antérieurement. Il est fidèle au n°1, appliquant ses ordres et idées à la lettre. Il doit faire avouer Roubachof. Il va mettre tout en oeuvre pour obtenir des aveux de Roubachof néanmoins celui-ci le fera par la psychologie du parti et non par la force pour qu’il endosse l’habit d’ennemi du peuple. Il va jouer avec la clémence pour arriver à son but mais c’est cela qui va le faire condamner à être fusillé car il a exécuté les ordres du parti selon sa conscience et non comme le veut le parti.

autres[modifier | modifier le code]

ARLOVA***** (à terminer)

Gletkin*** (à terminer)

les détenus de la cellule n°402 et 406*** (à terminer)


4. Le narrateur[modifier | modifier le code]

Le narrateur des faits est l'auteur. Lorsqu'il y a des dialogues, c’est Roubachof qui parle et plus particulièrement lorsque des notes de son livre où des propos antérieurs sont évoqués.

Le narrateur décrit ses impressions et à travers elles les mécanismes de la construction de la culpabilité. Il explique comment les interrogatoires crient la culpabilité du narrateur comme communiste convaincu. Il semble convaincu de l’intérêt du procès pour la construction du socialisme.


5. Le titre[modifier | modifier le code]

Le zéro ou l’infini. Le zéro représente la conception de l’homme dans un régime totalitaire. Il ne peut exister par lui-même, rien n’est fait pour lui. C’est à lui d’adhérer et de participer au système et s'il n’est rien, il peut être tué s’il s’oppose ou dérange le système du parti. Le but est que chaque individu mette tout en oeuvre pour la réussite de la collectivité, qui est représentée ici par le parti, et non l’inverse. L’homme est donc le néant et doit montrer l’exemple pour les générations à venir et doit aller jusqu’à se faire mutiler pour montrer l’exemple et préserver le peuple. L’infini c’est tout, c’est le possible, c’est la verité, le pouvoir, représentés par le parti. Mais l’infini exprime aussi la conception de l’homme dans les sociétés occidentales.

Nota: le titre français n'est pas la traduction littérale du titre original (Darkness at noon).


6. Thèmes et messages importants[modifier | modifier le code]

Le totalitarisme de la société russe. L’auteur ne dit pas qu’il représente ce qui s’est passé aux procès de Moscou, mais on s’en doute. Il montre les manières d'abuser l’opinion internationale. Même à l’intérieur de l’URSS, les aveux publiques des condamnés ne permettaient pas aux citoyens de douter. La société va être paranoïaque car elle va imaginer des dangers et des oppositions à l’intérieur et à l’exterieur du parti et met en scène des procès qui aboutiront à ce que l’accusé passe aux aveux. Les procès de Moscou ont transformé d’anciens compagnons de Lénine en victimes consentantes. Ils ont sacrifié tous ceux qui, profitant des difficultés de la politique de Staline, auraient pu s’y opposer et la mettre en difficulté. Ainsi Staline voulait consolider sans cesse son pouvoir et mener l’URSS comme bon il lui semblait. Nombre des accusés de ses différentes séries de procès étaient de nationalité Juive cf 'Blouses Blanches', Arthur London de l'aveu..).

Résumé Succint et autres analyses[modifier | modifier le code]

Accusé de s'être opposé au gouvernement, Roubachof est arrêté et jeté en prison. Ancien apparatchik et figure de premier plan de la Révolution russe, il est confronté à un système répressif auquel lui-même a collaboré durant sa carrière politique.

Le roman retrace au moyen d'analepses le parcours de cet ancien dignitaire jusqu'à son arrestation. Ses réflexions sur son passé et les interrogatoires auxquels il est soumis vont notamment l'amener à prendre conscience de la « fiction grammaticale », le « je » étant délaissé au profit du « nous » dans une société totalitaire où l'individu est considéré comme quantité infinitésimale par rapport à la collectivité, quantité infinie.

L'homme est un « zéro » puisqu'il doit faire « abnégation volontaire » de soi, il n’existe que comme la partie d’un tout « une multitude d’un million divisé par un million » et doit être au service du tout. La révolution n’a que faire de la morale : « le seul critère moral est l’utilité sociale », la seule « éthique politique » est « la fin justifie les moyens ». Les valeurs du gouvernement sont l’utile et la logique aux dépens de l’humain et du juste.

En prison, le personnage Roubachof se prête à une réflexion qui le mène à une conclusion surprenante, qui débute sur la complexification de l'économie depuis l'expansion du chemin de fer. Dans une démocratie, en période d'élection, le citoyen, l'érudit comme le paysan, avec sa vision très partielle de l'économie nationale, est quand même appelé à se prononcer sur la capacité d'un candidat à comprendre et contrôler ce système toujours plus complexe. Si bien que le citoyen devient de plus en plus incompétent dans l'exercice de sa démocratie. Et de conclure que dans ce cas inéluctable, la solution la plus sensée est le totalitarisme.

Juif hongrois d'expression allemande puis anglaise, Koestler peint l'individu aux prises avec les systèmes politiques modernes. Roubachof a été arrêté, car sa position ne correspond plus à l'évolution du Parti communiste, qui le condamne pour insoumission à la nouvelle doctrine politique.

Une critique du stalinisme[modifier | modifier le code]

Derrière le flou relatif de la narration perce une réalité historique particulière, celle de l'URSS stalinienne des années 1930 : les procès de Moscou, les Grandes Purges (1937-1938), un parti devenu machine totalitaire... ainsi qu'une réalité historique plus générale : la mise en place du totalitarisme et de sa vision inhumaine de l'individu. Arthur Koestler, ancien communiste et resté socialiste tout au long de sa vie, figure parmi les premiers intellectuels à dénoncer le détournement de la révolution socialiste à une époque où l'URSS est érigée en « paradis terrestre » par de nombreux penseurs et intellectuels occidentaux de gauche, où toute critique est dénoncée comme une manœuvre réactionnaire[2].

En France, malgré un indéniable succès d'édition, rares sont ceux qui, comme Francine Bloch, prennent publiquement la défense du roman.


Notes[modifier | modifier le code]

  1. À une époque où l'URSS est une alliée du Troisième Reich.
  2. Voir, par exemple, l'accueil réservé au Retour de l'U.R.S.S. d'André Gide.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]