Retour de l'U.R.S.S.

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Retour de l'U.R.S.S.
Auteur André Gide
Pays France
Genre Récit
Éditeur Gallimard
Collection NRF
Date de parution
Nombre de pages 125

Retour de l'U.R.S.S. est un récit de voyage d'André Gide publié en aux éditions Gallimard. Gide publie Retouches à mon « Retour de l'U.R.S.S. » en qui se veut une réponse aux critiques et aux injures[1] dont il a été victime à la suite de la parution de Retour de l'U.R.S.S.

Contexte[modifier | modifier le code]

Au début des années 1930, André Gide s'intéresse au communisme et s'enthousiasme pour l'expérience soviétique. Il est particulièrement actif dans divers cercles antifascistes[2]. En 1936, les autorités soviétiques l’invitent en URSS. Accompagné de quelques proches (Jef Last, Pierre Herbart, Louis Guilloux, Eugène Dabit), il accepte de partir.

Arrivé le à Moscou, quatre jours avant les funérailles de Maxime Gorki[3], André Gide prononce le sur la place Rouge un éloge funèbre de l'écrivain officiel du régime[4]. Il rend visite entre autres à Nikolaï Ostrovski et ne cache pas l'admiration que suscite en lui la personnalité du jeune écrivain[5].

Ses illusions tombent : au lieu de l’homme nouveau, il ne trouve que le totalitarisme. Il accepte progressivement l’amère déception que partagent ses compagnons et publie son témoignage la même année.

Retour de l'U.R.S.S.[modifier | modifier le code]

Plus qu'un véritable récit de voyage, Retour de l'U.R.S.S décrit le désenchantement d'André Gide et de ses cinq compagnons de voyage (Jef Last, Louis Guilloux, Jacques Schiffrin, Pierre Herbart et Eugène Dabit[6],[7],[8]) à l'occasion de leur séjour en Union soviétique.

Retouches à mon « Retour de l'U.R.S.S. »[modifier | modifier le code]

En réaction aux procès de Moscou, Gide revient à la charge avec Retouches à mon retour de l'URSS, où il ne se contente plus de faire part d'observations, mais dresse un réquisitoire contre le stalinisme. « Que le peuple des travailleurs comprenne qu'il est dupé par les communistes, comme ceux-ci le sont aujourd'hui par Moscou ».

« Du haut en bas de l'échelle sociale reformée, les mieux notés sont les plus serviles, les plus lâches, les plus inclinés, les plus vils. Tous ceux dont le front se redresse sont fauchés ou déportés l'un après l'autre. Peut-être l'armée rouge reste-t-elle un peu à l'abri ? Espérons-le ; car bientôt, de cet héroïque et admirable peuple qui méritait si bien notre amour, il ne restera plus que des bourreaux, des profiteurs et des victimes. »

— André Gide, Retouches à mon « Retour de l'U.R.S.S. », p. 132.

Réactions[modifier | modifier le code]

Le PCF, Louis Aragon en tête, et les autorités soviétiques tentent d’abord d’empêcher la publication de Retour de l'U.R.S.S. puis d’étouffer son impact par le silence. Dans un article paru en , Georges Friedmann critique l'analyse d'André Gide en ce qu'elle est celle d'un bourgeois ignorant tout des besoins et des aspirations populaires, et inspirée par une vision esthétisante du monde[9].

Après la parution de Retouches, c’est alors un nouveau déchaînement contre lui. Taxé de « fasciste », il est poussé vers la droite, dont il refuse de rejoindre les rangs. André Gide s'éloigne de ses sympathies soviétiques : L’homme nouveau n’est pas en URSS, la politique ne lui a pas apporté ce qu’il attendait[10].

Éditions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gide ouvre l'ouvrage avec la phrase « La publication de mon Retour de l'U.R.S.S. m'a valu nombre d'injures. » (Retouches à mon « Retour de l'U.R.S.S. ») p. 105.
  2. Michel Izard, Un moment de la conscience européenne, Terrain, no 17, octobre 1991.
  3. André Gide, Retour de l'U.R.S.S. : Retouches à mon Retour de l'U.R.S.S., éditions Gallimard, coll. « Folio », , 218 p. (ISBN 978-2-07-240892-2), p. 16.
  4. Le discours ne figure pas dans l'édition de la collection Folio, mais il peut être consulté sur le texte en ligne.
  5. Ibid., p. 48.
  6. Ibid., p. 29.
  7. Ibid., p. 172.
  8. Eugène Dabit tombe malade pendant le voyage et meurt à Sébastopol le . L'ouvrage lui est d'ailleurs dédié.
  9. Georges Friedmann, Europe, no 16, 15 janvier 1937.
  10. Journal, 8 mai 1937.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]