Le Théosophisme, histoire d'une pseudo-religion

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Le Théosophisme, histoire d'une pseudo-religion
Auteur René Guénon
Pays France
Genre Ésotérisme
Éditeur Nouvelle Librairie nationale
Collection Bibliothèque française de philosophie [1]
Lieu de parution Paris
Date de parution 1921
ISBN 2713800609

Le Théosophisme, histoire d'une pseudo-religion est un livre de René Guénon, édité en 1921, retraçant sous la forme d'une « assez solide démonstration historique[2] » la genèse et l'évolution de la Société théosophique fondée par Mme Blavatsky. L'auteur se propose notamment de démontrer que « les doctrines propagées par la Société Théosophique reflétent des conceptions purement occidentales, bien souvent modernes[3]… »

Contexte de la publication, origine des informations utilisées[modifier | modifier le code]

Article principal : René Guénon.

En 1921 R. Guénon publie son Introduction générale à l'étude des doctrines hindoues dans laquelle il remet en cause la plupart des études faites jusque là en occident sur les traditions orientales. Il y affirme l'existence d'un fond commun véridique que ces traditions partagent avec les antiques traditions occidentales. Participant de cette logique, il publie à la fin de cette même année Le Théosophisme puis en 1923 L'Erreur spirite. Il se donnera pour but à travers ces deux livres de montrer que les différents courants, issus des mouvances occultes de l'époque, et qui prétendaient avec un succès certain remplacer les religions existantes, n'étaient que des extravagances modernes. Si l'Introduction générale à l'étude des doctrines hindoues s'adressait plus particulièrement aux universitaires[4], Le Théosophisme cherchait à prévenir un public de sensibilité religieuse, et L'Erreur spirite la fraction de ce public qui pensait trouver dans les « phénomènes spirites » une vérification expérimentale de leur croyance[5]. Ce livre préparera ainsi la voie à son propre exposé des doctrines orientales, qui débutera en 1925 avec L'Homme et son devenir selon le Vêdânta[6]. C'est grâce à l'intercession de Jacques Maritain que le jeune homme trouve à publier ses premiers ouvrages à la Nouvelle Librairie nationale : l'Introduction générale à l'étude des doctrines hindoues et Le Théosophisme, histoire d'une pseudo-religion. L'ébauche de ce livre fera l'objet d'articles dans la Revue de philosophie[3],[7]. Une partie des sources utilisées par René Guénon sur les activités de la société Théosophique en Inde provient du Baptême de Lumière du Swâmi Narad Mani [8].

Selon Marie-France James : « Il est important d'être conscient que Guénon a rédigé sa dénonciation de la Société théosophique de Madame Blavatsky — aussi bien que celle de « l'erreur spirite » — afin surtout de contrecarrer les théories « grossières » de la réincarnation et du spiritisme, et de déblayer le terrain... pour laisser place à une théorie plus spiritualiste — « métaphysique » dira Guénon — celle des « états multiples de l'être » dont il amorcera la présentation pour le grand public dans L'Homme et son Devenir selon le Vêdânta (1925), suivi du Symbolisme de la Croix (1931) et des États Multiples de l'Être (1932)[9]. »

Contenu[modifier | modifier le code]

Justifications diverses[modifier | modifier le code]

Dans l'« Avant-Propos » de l'ouvrage l'emploi du néologisme « théosophisme » est justifié par la volonté de ne pas entretenir de confusion entre la « Société Théosophique » de création récente et la « théosophie» qui fait référence à un corpus de doctrines chrétiennes plus anciennes, auxquelles, selon lui, la Société Théosophique prétend faussement se rattacher[10]. De la même façon Guénon distingue dans d'autres ouvrages le « gnosticisme » de la gnose [11] ou le « traditionalisme » de la tradition[12].

Dans le chapitre premier Guénon explique ainsi le fait de ne pas consacrer une partie de son livre spécifiquement à la critiques des théories théosophistes : « on comprendra sans peine que l'étude de théories aussi inconsistantes ne puisse guère être séparée de l'histoire même de la Société théosophique ; c'est pourquoi nous n'avons pas jugé à propos de faire dans cet ouvrage deux parties distinctes, l'une historique et l'autre doctrinale, comme il aurait été naturel de le faire en toutes autres circonstances. »[13]

Quant au terme de « pseudo-religion » René Guénon l'a souvent employé, dans cet ouvrage ainsi que dans L'Erreur Spirite pour qualifier les mouvements modernes d'inspiration religieuses dans lesquels il ne voyait que des parodies de religions[14].

Chapitre I : Les antécédents de Mme Blavatsky[modifier | modifier le code]

Naissance en 1831, pas d'étude sérieuse, mariée à 16 ans. S'enfuit et commence une vie d'aventure en orient. Médium professionnelle dans un « club à miracles » au Caire en 1870 d'où, convaincue de fraude, elle part pour l'Amérique.

Chapitre II : Les origines de la Société Théosophique[modifier | modifier le code]

Arrivée à New-york le 7 juillet 1873. Liée aux milieux spirites elle se dit « envoyée et contrôlée » par un « esprit » du nom de « John King », rencontre avec le Colonel Olcott. 1875 ou 1876, nouveau « club à miracles » à Philadelphie, et nouvelle découverte de multiples fraudes. Le 3 avril 1875 mariage à Philadelphie, alors que le général Blavatsky vivait encore et qu’aucun divorce n’avait été prononcé, au registre elle se serait donnée trente-six ans, alors qu’elle en avait quarante-trois. Le procès en divorce ne tarda pas. Elle rencontre ensuite George Henry Felt mathématicien et égyptologue, membre de la société secrète Hermetic Brotherhood of Luxor, formellement opposée aux théories spirites. Elle est maintenant guidée par l'« esprit » au nom égyptien de « Sérapis ». Elle adhère avec le Colonel Olcott à cette société secrète, et prend ses distances avec le spiritisme pour glisser vers l'occultisme.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (J.-P. Laurant 2006, p. 121)
  2. (J.-P. Laurant 2006, p. 122)
  3. a et b (P. Chacornac 1958, p. 61)
  4. Le contenu de ce livre avait tout d'abord été proposé en mémoire de thèse
  5. (R. Guénon 1923, p. 3)
  6. Dans son livre « Les enjeux d'une lecture » J.-P. Laurant parle ainsi de ces différentes phases du travail de Guénon : « Dans son état des lieux, en complément de sa critique générale de de la pensée occidentale, Guénon a pourfendu spécialement les fausses spiritualités qui prétendaient redresser la situation sans être armées pour le faire. Il a dressé à la suite un tableau des grandes traditions culturelles et religieuses vivantes que l'on pouvait considérer comme héritières légitimes de la « Tradition primordiale » (J.-P. Laurant 2006, p. 23)
  7. (M.-F. James 2008, p. 212)
  8. (J.-P. Laurant 2006, p. 99)
  9. (Marie-France James 2008, p. 214)
  10. « Nous devons avant tout justifier le mot peu usité qui sert de titre à cette étude : pourquoi « théosophisme » et non « théosophie »? C’est que, pour nous, ces deux mots désignent deux choses très différentes, et qu’il importe de dissiper, même au prix d’un néologisme ou de ce qui peut paraître tel, la confusion que doit naturellement produire la similitude d’appellation. Cela importe même d’autant plus, à notre point de vue, que certaines gens ont au contraire tout intérêt à entretenir cette confusion, pour faire croire qu’ils se rattachent à une tradition dont, en réalité, ils ne sauraient se recommander légitimement, non plus d’ailleurs que d’aucune autre. » (R. Guénon 1921, p. 7)
  11. « illustration [cette distinction entre théosophisme et théosophie] à la tangente d'une opposition plus familière, celle de « gnosticisme » et de « gnose » que Guénon fait partiellement sienne» (M.-F. James 2008, p. 218)
  12. « Malheureusement, le «traditionalisme» n'est point la même chose que le véritable esprit traditionnel; il peut n'être, et il n'est bien souvent en fait, qu'une simple tendance, une aspiration plus ou moins vague, qui ne suppose aucune connaissance réelle ; et, dans le désarroi mental de notre temps, cette aspiration provoque surtout, il faut bien le dire, des conceptions fantaisistes et chimériques, dépourvues de tout fondement sérieux. »(R. Guénon 1927, p. 33)
  13. In (J.-P. Laurant 1975, p. 68) Celui-ci, à propos de ce chapitre et dans cette même page 68 note : « Guénon y pratique la méthode historique, démontrant avec une rigueur impitoyable les supercheries dans les « phénomènes » et les inconsistances doctrinales, sans oublier les indélicatesses de gestion »
  14. « Dans Le Théosophisme, Histoire d'une pseudo-religion (1921)… et dans L'Erreur spirite (1923), il [René Guénon] dénonça le caractère parodique de ces nouvelles religions à prétentions initiatiques, fondées sur des documents secrets fantaisistes, voire falsifiés, ou des erreurs d'interprétations évidentes des doctrines orientales »(J.-P. Laurant 1993, p. 59)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]