La Mothe-en-Bassigny

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La Mothe-en-Bassigny
La Motte.jpg

La citadelle et le Mouzon (carte du XVIIIe siècle).

Présentation
Type
Destination initiale
château
Propriétaire
Communes
Statut patrimonial
Localisation
Situation
Coordonnées

Géolocalisation sur la carte : Haute-Marne

(Voir situation sur carte : Haute-Marne)
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Sur les communes d'Outremécourt et de Soulaucourt-sur-Mouzon dans la Haute-Marne, le site de La Mothe-en-Bassigny n'est plus aujourd'hui qu'une colline couverte de forêt. On y découvre des amas confus de pierres, témoins d'un passé douloureux. Ici se trouvait, avant 1645, la citadelle de La Mothe.

Histoire[modifier | modifier le code]

La citadelle a été fondée en juillet 1258, par une charte du comte de Bar Thibaut II (charte d'affranchissement du château de Saint-Hilairemont, ancien nom de La Mothe), sur un promontoire isolé de 506 mètres d'altitude, terre champenoise prise à Joinville, en limite du Duché de Lorraine, qui est alors un État d'Empire. Grâce à sa position et à son architecture fortifiée, elle devient, plus tard, la ville la plus puissante de Lorraine après la capitale du duché, Nancy. Important centre commercial et militaire, la cité va compter alors, jusqu'à quatre mille habitants et soldats.

Au XVIe siècle, les États y furent réunis pour la rédaction de la Coutume du Bassigny en 1506 et 1580.

Plan de la ville et siège de la Mothe en Lorraine par l'armée du roy tres chrestien Louis 14 commandée par Mr le Marquis de Villeroy en l'année 1645.

Au XVIIe siècle, pendant la Guerre de Trente Ans, le duc de Lorraine prend parti pour son suzerain l'Empereur, contre son cousin le roi de France. Charles IV de Lorraine perd rapidement toutes ses possessions excepté la Mothe, qui ne se rend au cardinal de Richelieu que le 26 juillet 1634, après cent quarante et un jours de ce premier siège de La Mothe, et malgré la résistance menée par le gouverneur Antoine d'Isches, tué par un boulet de canon le 21 juin 1634. C'est le Marquis de Villeroy qui, en prenant le commandement des forces royales le 24 juin 1634, réduit en quatre jours le bastion Sainte-Barbe[2].

Rétrocédée au duc en 1641, la ville est à nouveau soumise à un siège, du 25 juillet au 31 août 1642, puis libérée par Charles IV qui écrase l'armée française à Liffol-le-Grand.

La ville est de nouveau assiégée dès décembre 1642, jusqu'à la mort de Louis XIII en mai 1643. Dès qu'il sent son pouvoir suffisamment affermi, Mazarin poursuit l'œuvre de son prédécesseur et ordonne à Magalotti de reprendre le siège le 4 décembre 1644. La ville se défend vaillamment et Magalotti est tué sous le bastion de Vaudémont d'un coup de mousquet tiré par le chanoine Héraudel. Les bombes (utilisées pour la première fois dans un conflit en Europe), le froid, puis la famine ont cependant raison des assiégés qui se rendent le 1er juillet 1645, après deux cent cinq jours de résistance.

Contrairement à ce qui avait été convenu lors des accords de reddition, Mazarin fait démolir non seulement les fortifications, mais aussi tous les bâtiments : la ville est entièrement rasée. La population qui est chassée de la ville-forte est alors évaluée à 3 000 personnes.

Mémoire[modifier | modifier le code]

Après une existence de trois cent quatre-vingt-sept ans, La Mothe qui, de 1634 à 1645, a résisté à quatre reprises à l'armée du roi de France, n'est plus qu'une vaste ruine. Cela marque la fin de la Lorraine en tant qu'État pleinement souverain. Les ducs de Lorraine qui suivront dépendront fortement de la volonté des Bourbons de France, jusqu'au rattachement officiel à la France en 1766.

Cet épisode est resté longtemps une blessure profonde pour les Lorrains. Aussi après le découpage de la France en départements, on fit faire à la frontière de la Haute-Marne un petit décrochage pour y inclure le site de La Mothe. Ceci permit de rattacher un symbole potentiellement dangereux pour l'unité nationale à la Champagne, région fondatrice du royaume de France.

La destruction de La Mothe fit dès le XVIIIème siècle l'objet d'un poème longtemps connu parmi les Lorrains:

"Toi qui cherches La Mothe au milieu d'elle-même,

Et qui n’y trouves rien de ce qu’elle a été,

Vois ces murs, ces rochers, qui font, de tous côtés,

Les honteux monuments d’une rigueur extrême.


Vois ces affreux monceaux de pierres et de bois,

Qui semblent dans leur ombre et parmi leur ruine

Pouvoir donner encore des peurs et des effrois

A ceux qui travaillaient à sa fatale mine.


Ce funeste débris, ce vaste cimetière,

C’est La Mothe. Tu peux la connaître en un point :

C’est que, bien qu’abattue, elle donne matière

De crainte aux ennemis et de n’en avoir point."

Le 7 juin 1897 on inaugure, là où était la place du Palais du gouvernement, un monument financé par souscription. A cette occasion, le poète et écrivain Alcide Marot lut un long poème en alexandrin La Mothe[3].


Le site de La Mothe fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 4 octobre 2001[1] et d'importants travaux de restauration ont été effectués.

Le site est inscrit dans une gigantesque réserve Natura 2000 partagée entre la Haute-Marne et les Vosges.

Vestiges[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Les défenseurs de La Mothe[modifier | modifier le code]

Les signataires de la reddition Faict à La Mothe le dernier jour de juin mil six cent quarante cinq

  • Rémion : colonel d'infanterie, homme de confiance de Cliquot et témoin secret de la tentative de corruption par Saint-Marc
  • H. Saintoin : Erard de Lavaulx seigneur de Saint-Ouen-lès-Parey se livra comme otage aux Français.
  • Germainvilliers : Antoine Sarrazin, fils de Jean-Baptiste Sarrazin, lieutenant-colonel, conseiller du gouverneur Cliquot.
  • Lavosges
  • C. de la Mothe[4]
  • Provancher
  • François Aymé (auteur des Esmez de Deutout puis Esmez-Deutout, seigneur de Martinvelle), colonel du régiment d'Épinal
  • N. Le Noir
  • Sainctouain : Hector de Lespine, colonel, qui transmit la seigneurie de Saint-Ouen à sa fille, l'épouse d'Erard de Lavaulx.
  • De Mussy
  • De Marne
  • Mailfert
  • P. Gautier
  • Formouze
  • Roncourt : René de Roncourt, sénéchal de La Mothe, capitaine des bourgeois, puis sénéchal de Bourmont.
  • Malcuyt : Paul Malcuyt. Militaire. Il avait un frère, lieutenant, qui fut tué lors d'un siège de La Mothe.
  • Willermin : Charles de Willermin, fils de Claude de Willermin, officier de la garnison.
  • De Karbonnet
  • Bonviller : Jacque d'Ourches, fils de Marguerite Héraudel[5], Dame de Sauville en 1609 et de François d'Ourches. Colonel de cavalerie du régiment d'Ourches, seigneur de Bonvillet[6].
  • François di Vomcel
  • La Coste

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Histoire de la ville et des deux siéges de La Mothe, (1634 et 1645), M. Du Boys de Riocour, Éd. V. de Mongeot, 1841
  • Le Siège de La Mothe en Lorraine (1634-1644), éd.Louis Edme, 1903.
  • La Mothe. Citadelle lorraine aux confins de la Champagne, Catalogue de l'exposition organisée à l'occasion du 350e anniversaire de la destruction de La Mothe, Collectif Archives départementales des Vosges-Musée de Chaumont-Musée historique lorrain de Nancy, 1996 (ISBN 2-9509920-0-5).
  • Jean Charles, La Mothe-en-Bassigny - Place forte de la Lorraine face à la France, collection Itinéraire du Patrimoine, juillet 2002.
  • Nicole Sébline,La sénéchaussée de La Mothe et Bourmont, des origines à 1645, éditions Dominique GUÉNIOT.
  • J.-C. Chapellier (archiviste de la Société d'Émulation des Vosges), Les Défenseurs de La Mothe.

Fictions[modifier | modifier le code]

  • Le Chasseur de La Mothe, roman historique sur les sièges et la destruction de la vieille forteresse lorraine, Alcide Marot, Éd. Mathouillot, 1892
  • Les dernières violettes de La Mothe, Gilles Laporte, ed. Eska, 1997, (ISBN 2869116136)
  • La Mothe, colline oubliée Film documentaire dvd de 26 minutes, d'après le roman de Gilles Laporte, réal. Christophe Voegelé, coprod. Visuel Création et France 3 Lorraine-Champagne-Ardenne 2003

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « PA52000016 », notice no PA00079246, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  2. Philippe Martin (professeur d'histoire moderne à l'université de Nancy 2), Une guerre de Trente ans en Lorraine p. 285 et 369.
  3. Poème La Mothe d'Alcide Marot.
  4. La famille lorraine C. de la Motte portait D'or, à trois têtes arrachées de lions de gueules, lampassées, allumées et couronnées d'argent. (Annales de la Société d'émulation du département des Vosges)
  5. Armes Héraudel : D'azur, à la bande d'or, chargée de trois trèfles de gueules
  6. Fulaine: Le duc Charles IV de Lorraine et son armée, Jules Marchal: fragments détachés de l'histoire de La Mothe, BNF Tolbiac