Laëtitia Perrais

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Laëtitia Perrais
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Biographie
Naissance
Décès

Laëtitia Perrais, née à Nantes le 4 mai 1992, est une serveuse de l'hôtel de Nantes à La Bernerie-en-Retz. Elle est enlevée, agressée sexuellement et assassinée par Tony Meillhon dans la nuit du 18 au 19 janvier 2011[1],[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Laetitia Perrais et sa sœur jumelle Jessica sont les filles de Sylvie Larcher, agente d'entretien à l'inspection académique et Frank Perrais, serveur. Le couple se sépare en 1993 car Frank Perrais frappe et viole sa femme[3]. Il est condamné le 16 septembre 1997 par la cours d'assises de Loire-Atlantique à cinq années de prison pour viol et tentative de viol avec arme[1].Les jumelles vivent alors chez leur mère, qui fragilisée par des années de mauvais traitements, est souvent hospitalisée pour troubles psychiatriques[4]. Elles sont, suite à l'hospitalisation de leur mère, accueillies par leur grand-mère, puis en 1997 Sylvie Larcher sollicite une aide éducative et le 1er décembre 1997 le tribunal pour enfants de Nantes ordonne une mesure d'assistance éducative en milieu ouvert au bénéfice de Jessica et Laetitia. Dès 1998, cette mesure d'AEMO est reconduite mais au domicile du père, Frank Perrais, car Sylvie Larcher n'est plus en mesure de faire face.

Placement en foyer[modifier | modifier le code]

Le 23 novembre 2000, suite aux problèmes scolaires rencontrés par les jumelles, une ordonnance de placement provisoire est prononcée, et les jumelles sont prises en charge à l'Aide Sociale pour l'Enfance (ASE)[5] et placées au foyer de Paimpoeuf. Les parents conservent l'autorité parentale mais perdent leur droit de garde[1]. Le 9 janvier 2001, les jumelles quittent Nantes pour être admises à La Providence de Paimboeuf.

Placement dans la famille Patron[modifier | modifier le code]

En 2005, elles choisissent de s'orienter vers une prise en charge par une famille d'accueil et sont envoyées pour une période d'essai chez Gilles et Michèle Patron qui habitent dans une maison à Pornic. Le 15 avril 2005 leur domicile est établi route de la Rogère à Pornic par le juge des enfants.

Gilles Patron, né en 1950 à La Montagne, chaudronnier de profession[6] est un ancien secrétaire comptable de la Direction des constructions navales à Indret. Sans emploi suite à un plan social, il devient assistant familial en 1995 pour le conseil général de Loire Atlantique. La famille Patron accueille dès lors des enfants placés en famille d'accueil. Au total la famille accueillie six jeunes en placement durable et 48 en placement provisoire[7]. Gilles Patron est également délégué des familles d'accueil pour le pays de Retz. Sportif, il est également investi en tant qu'entraîneur dans des associations sportives de judo, de football et de gymnastique.

Michèle Patron est une institutrice retraitée de l'enseignement catholique[6],[8].

Les jumelles continuent comme auparavant de fréquenter le collège Louise Michel de Paimpoeuf[1].

L'accueil dans la famille Patron est chaleureux et les jumelles s'y sentent bien. Elles découvrent une vie en famille traditionnelle et construisent un avenir en préparant leur formation.

À partir de 2006, Gilles Patron commencer à abuser sexuellement de Jessica[9], profitant des liens affectifs qui se sont noués avec elle. Jessica pense que sa sœur est également victime de celui qu'elles considèrent comme leur père adoptif[10], et ces dires sont confirmés plus tard par Léa, la meilleure amie de Laetitia[11]. En 2010 Léa dépose une plainte pour aggression[11] et une amie de Jessica dépose une main courante dénonçant des gestes intrusifs[12], .

En 2011 Laetitia Perrais travaille en alternance l’Hôtel de Nantes à La Bernerie-en-Retz dans le cadre de la préparation d'un CAP de serveuse dans un centre de formation à Saint Nazaire. Elle touche un salaire équivalent au SMIC. C'est une jeune fille sans histoires, elle a un petit ami nommé Kevin, roule en scooter et mène une vie rangée, mais témoigne dans les derniers mois de sa vie d'une tristesse remarquée par ses proches[1]. Elle rédige dans les semaines avant son enlèvement des lettres de suicide et d'adieu aux personnes qu'elle aime[11]. Jessica Perrais prépare un CAP cuisine[5] au lycée professionnel de Machecoul.

Enlèvement et meurtre[modifier | modifier le code]

Laetitia Perrais disparaît dans la nuit du 18 au 19 janvier 2011.

Déroulement de la journée du 18 janvier[modifier | modifier le code]

Dans la journée du 18 janvier 2011, Laetitia Perrais quitte son domicile route de la Rogère à Pornic à 10 h 30 en scooter pour se rendre à son travail à l'hôtel de Nantes à La Bernerie-en-Retz[1]. À 15 h pendant sa pause, elle voit Jonathan, un ami du lycée de Machecoul, qui l'emmène faire un tour dans sa voiture. À 16 h 6 quand elle reçoit un appel de son amie Lydia elle se dirige vers la plage. À 16 h 28, elle appelle son ami William et lui dit qu'elle vient de tromper son petit ami Kevin avec Jonathan. Sur la plage elle rencontre Tony Meillhon qui la prend en photo avec son portable et lui fait fumer un joint. Tony Meillhon et Laetitia Perrais se rendent ensuite au bar le Barbe Blues, où Gerald un ami de Meillhon lui fait remarquer la jeunesse de sa compagne. Laetitia Perrais reprend son service à 18 h 30. Sa patronne en arrivant la voit sur le parking avec Tony Meillhon, Laetitia s'éloignant de lui en l'apercevant comme si elle était gênée[13]. Steven, qui travaille avec elle entend cet homme lui dire que c'est lui qui viendra la chercher à sa sortie du travail le soir-même. À 21 h, Steven quitte son service et rentre chez lui en scooter. Il est suivi par Tony Meillhon dans une 106 blanche, qui le force à s'arrêter sur le bas coté en serrant son scooter, pensant qu'il s'agit de Laetitia. Steven lui indique alors qu'elle est encore au travail. Tony Meillhon récupère Laetitia à la sortie de son travail à 22 heures. Ils passent un moment au bar le Barbe Blues, mais Tony Meillhon se dispute violemment avec un homme prénommé Yvan. Tony Meillon emmène alors Laetitia au Key46, un bar lounge. Tony Meillhon emmène ensuite Laetitia au Cassepot, un hameau où habite son cousin qui est alors en voyage. Alors que cette dernière refuse d'avoir un rapport sexuel avec lui, il la jette violemment contre le mur puis la ramène à son scooter. Dans la voiture, Laetitia envoie des sms à son meilleur ami et confident, lui expliquant qu'elle vient d'être violée. À l'hôtel de Nantes, Anthony Deslandes, le fils de la patronne de Laetitia aperçoit Laetitia vers 1 h du matin penchée sur la vitre de la 106, visiblement en colère elle se dispute avec Tony Meillhon. Il voit également la 106 blanche repartir à très grande vitesse après le départ du scooter de Laetitia. Selon Yvan Jablonka, Tony meillhon comprend à ce moment-là que la jeune femme risque de porter plainte, or il est récidiviste et a déjà été condamné pour le viol d'un co-détenu. Il est de plus à ce moment en liberté provisoire[1].

Enlèvement[modifier | modifier le code]

Tony Meillhon poursuit alors le scooter de Laetitia Perrais et le percute alors que celle-ci est à 50 mètres seulement de son domicile. Il met la jeune femme dans son coffre et démarre en trombe. Gilles Patron entend des portières claquer et une voiture démarrer. Il sort de sa maison, mais ne voit pas le scooter de Laetitia.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f et g Ivan Jablonka, Laëtitia ou la fin des hommes, France, Editions du Seuil, , 385 p. (ISBN 9782021291209)
  2. « Le buste retrouvé dans un étang est bien celui de Laetitia », L'Obs,‎ (lire en ligne)
  3. Stéphane Durand-Souffland, « L'hommage pervers de Tony Meilhon à sa victime », Le Figaro,‎ (ISSN 0182-5852, lire en ligne)
  4. Danièle Georget et Emilie Blachere, « La double peine de Jessica Perrais », Paris-Match,‎ (lire en ligne)
  5. a et b Claire Devarrieux, « «Laëtitia», le corps du délire », Libération.fr,‎ (lire en ligne)
  6. a et b Patricia Jolly, « Gilles Patron, de victime à suspect », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  7. « Affaire Laëtitia Perrais : Gilles Patron, le père d’accueil, remis en liberté », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  8. « « Tout ce qu'on a fait de bien devient suspect ou mal » », leparisien.fr,‎ (lire en ligne)
  9. rédaction de RTL, « Nouvelles accusations de viol contre Gilles Patron », RTL,‎ (lire en ligne)
  10. Lucie Dancoing, « "Laëtitia a été violée comme sa sœur" », Paris Match,‎ (lire en ligne)
  11. a, b et c Ondine Millot, « Procès Meilhon : la face cachée de Laëtitia », Libération.fr,‎ (lire en ligne)
  12. « VIDEO. Le père d'accueil de Jessica et Laetitia Perrais jugé pour viols et agressions sexuelles », LExpress.fr,‎ (lire en ligne)
  13. Nadine Boursier et Frédéric Salle, « Disparition de Laëtitia : chronologie d'une affaire encore obscure », Ouest-France.fr,‎ (lire en ligne)