L'Enracinement

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L'Enracinement
Image illustrative de l'article L'Enracinement
Couverture de la première édition, publiée en 1949

L'Enracinement, prélude à une déclaration des devoirs envers l'être humain est un ouvrage écrit par la philosophe française Simone Weil. Il a été rédigé à Londres entre janvier et avril 1943, alors que son auteure était engagée dans la France Libre et que le général de Gaulle souhaitait pour la Libération une nouvelle Déclaration des droits de l'Homme. Non achevé, il a été publié post-mortem par Albert Camus en 1949.

Argument[modifier | modifier le code]

Contrairement à la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 qui établit d'une part des droits et de l'autre des devoirs, Simone Weil établit que la notion de droits est subordonnée à celle d'obligation. « Un homme qui serait seul dans l'univers n'aurait aucun droit, mais il aurait des obligations »[1]. Pour elle, le droit naît de l'obligation ; dès lors, la loi des hommes doit procéder des devoirs pour faire exister les droits.

Simone Weil situe la préexistence de ces obligations dans l'universalité s'incarnant en chaque être humain. « Il y a hors de cet univers, au-delà de ce que les facultés humaines peuvent saisir, une réalité à laquelle correspond dans le cœur humain l'exigence de bien total qui se trouve en tout homme. De cette réalité découle tout ce qui est bien ici-bas. C'est d'elle que procède toute obligation. »[1]

Cette obligation engageant chaque homme envers tous les autres, est celle « de satisfaire aux besoins terrestres de l'âme et du corps de chaque être humain autant qu'il est possible »[1]. Simone Weil établit donc des besoins de l'âme qui à l'instar des besoins du corps, s'ils ne sont pas satisfaits, conduisent à la mutilation. Là où le corps a besoin de nourriture, de chaleur, de repos, etc., l'âme a ainsi besoin de reconnaissance, de responsabilité, de vérité, de liberté, d'intimité, etc. Parmi ces besoins, Weil parle de « l’obéissance consentie », seule légitimité de tout pouvoir politique.

« Les besoins d'un être humain sont sacrés. Leur satisfaction ne peut être subordonnée ni à la Raison d’État, ni à aucune considération soit d'argent, soit de nationalité, soit de race, soit de couleur, ni à la valeur morale ou autre attribuée à la personne considérée, ni à aucune condition quelle qu'elle soit. »[1]

Éditions[modifier | modifier le code]

La première édition (due à Albert Camus) a été publiée à Paris (Gallimard, coll. « Espoir ») en 1949 (381 p.). L'ouvrage a été réédité par Gallimard (dans la collection « Folio essais ») en 1990 (384 p., université du Québec).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Simone Weil, L’enracinement. Prélude à une déclaration des devoirs envers l’être humain, Paris, Flammarion, , 468 p., p. 77, 398-399

Liens externes[modifier | modifier le code]

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