Kwassa kwassa (Comores)

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Présentation[modifier | modifier le code]

Le kwassa-kwassa (ou kwasa kwasa) est le nom comorien des canots de pêche rapides de 7 m de long, à fond plat équipés de deux moteurs.

À l'origine, le « kwasa kwasa » est le nom d'une danse congolaise connue pour être très rythmée et saccadée. Dans l'archipel des Comores, le terme « kwassa-kwassa » a fini par désigner les canots, du fait qu'ils tanguent énormément. On parle aussi de « drame des kwassa » pour parler des personnes qui périssent chaque année en tentant de se rendre sur l'île de Mayotte dont la traversée de 70 km dans un bras de mer réputé pour être mortel[1] entre Anjouan et Mayotte.

Immigration clandestine[modifier | modifier le code]

Les kwassa-kwassa sont souvent utilisés par des passeurs pour l'immigration clandestine vers Mayotte[2] depuis les autres îles de l'archipel des Comores. Mayotte, restée française après l'indépendance du reste de l'archipel et désormais département d'outre-mer[3] français et région ultrapériphérique de l’Union européenne, attire une forte immigration comorienne. En 2014, 597 kwassa kwassas ont ainsi été interceptés par les autorités françaises, avec à leur bord 12 879 personnes, et 610 passeurs ont été arrêtés, selon des données de la Direction générale des Outre-Mer[4]. La traversée en kwassa-kwassa coûte 250 €, contre 1 000 € pour un passage en bateau privé[4]. Avec ces tarifs, un kwassa kwassa est rentabilisé même s'il est intercepté. Ces barques sont souvent « pilotées par des mineurs en raison de l'impunité pénale dont ils bénéficient »[5].

Polémique[modifier | modifier le code]

En juin 2017, lors d'une visite au Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (Cross) atlantique situé à Étel dans le Morbihan, une phrase du président de la République, Emmanuel Macron, dans une séquence captée par les équipes de l'émission Quotidien, déclenche une polémique sur les médias sociaux : « Mais le kwassa-kwassa pêche peu : il amène du Comorien. C’est différent. » Le député socialiste de Seine-Saint-Denis Daniel Goldberg — en tant que président du groupe d'amitié France-Union des Comores de l’Assemblée nationale — « invite Emmanuel Macron à régler les problèmes locaux plutôt qu'à en rire »[6]. De son côté l’ex-ministre écologiste Cécile Duflot, rappelle qu’un rapport du Sénat évalue à 7 000 à 10 000 le nombre de morts entre 1995 et 2012 liées à la migration en kwassa-kwassa[6]. Finalement, l'équipe de communication de l’Élysée reconnaît « une plaisanterie pas très heureuse sur un sujet grave », « complètement regrettable et malvenue »[7].

Mohamed Bacar Dossar, ministre comorien des Affaires étrangères, souhaite des excuses du président de la République Emmanuel Macron considérant que l'usage du terme du est « choquant et méprisant ». Pour les Comores, cette déclaration est à mettre « sur le compte de la jeunesse ». Les Comores attendent donc une solution à ce drame[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]