Katarzyna Kobro

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Katarzyna Kobro
Katarzyna Kobro.jpg

Katarzyna Kobro, avec sa fille Nika. Automne 1938

Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 53 ans)
ŁódźVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Mouvement

Katarzyna Kobro ( - ), est une artiste polonaise constructiviste. Elle est connue pour ses sculptures faites de surfaces planes, éventuellement courbes, géométriques et colorées. Sa production est bien plus diverse. Elle est l'une des rares sculptrices de l'entre deux-guerres et l'une des plus importantes. La majorité de ses travaux se trouve au Musée Sztuki à Łódź.

Biographie[modifier | modifier le code]

Katarzyna Kobro est née à Moscou en 1898, le 26 janvier[1]. Sa mère est diplomée du Conservatoire de Musique de Moscou et apparteint à l'intelligentsia, elle s'appelle Eugenia Rozanow . Son père, Mikołaj von Kobro, dont le grand-père avait été ennobli en 1841 par le Tzar, est associé dans une compagnie commerciale basée à Riga, Moscou et Archangelsk. Il voyage beaucoup.

À 19 ans elle enseigne le russe[2]. En juillet 18, à vingt ans, elle entre au Syndicat des artistes peintres de la ville de Moscou. Ce syndicat, fondé en mai 1917, regroupe avec des artistes de l'ancienne génération et de la « moyenne », ceux de la jeune génération, les levtists, tendance de gauche, parmi lesquels Kasimir Malevitch, Olga Rozanova, Vladimir Tatline et Alexandre Rodchenko. Et à l'automne 1918, elle s'inscrit à l'École de Peinture, Sculpture et Architecture qui remplace l'ancienne école des beaux arts. Cette école et une autre, est baptisée Ateliers Libres d'Art d'État, niveaux I et II ( SVOMAS (en) I et II). Elle étudie dans le niveau II et Władysław Strzemiński dans le niveau I. En 1918, donc, ils font connaissance.

Chaque étudiant peut choisir son atelier, dans cette nouvelle école, et son professeur en conséquence. L'atelier sans professeur est une autre possibilité. Parmi les enseignants se trouvent Kasimir Malevitch, Vladimir Tatline, Aton Pevsner (Antoine Pevsner) et les frères Stenberg, spécialistes de l'affiche, en particulier de cinéma. En se basant sur de faibles indices on peut penser que Katarzyna a suivi l'atelier de sculpture de Tatline ou l'atelier Suprématiste de Malevitch[3].

Elle participe, au printemps 1920, à l'Exposition d'État qui se tient à Smolensk. L'exposition est organisée par l'antenne locale de la Division des Beaux Arts du Commissariat à l'Éducation du Peuple, IZO NARKOMPROS. Władysław Strzemiński y déploie une intense activité d'enseignement, en tant qu'organisateur et sur le plan créatif. C'est peut-être grâce à lui que la jeune étudiante a pu y présenter une sculpture. Il s'agit de ToS 75 - Structure : un massif assemblage de pièces métalliques usinées et récupérées, et d'une plaque en verre transparent (?) , dans cet assemblage,qui porte le titre sur ses deux faces[4]. Une grande assemblée des enseignants en art de tous les États a lieu en juin. Malevitch y participe.

Katarzyna et Władysław se marient (sur le registre) en 1920 à Smolensk[5]. Et fondent une nouvelle antenne d'UNOVIS, l'année même de sa dissolution à Vitebsk (Malevitch y est souvent invité). Ils réalisent des affiches pour les Télégraphes et participent probablement à une assemblé d'UNOVIS qui se tient à Smolensk en octobre avec Malevitch.



Elle est enterrée à Łódź avec sa fille Nika Strzemińska[6] (1936-2001) dans le carré orthodoxe du cimetière Doły.

La majorité de ses travaux se trouve au Musée Sztuki à Łódź (en). L'ensemble de ses œuvres était tellement d'avant-garde que le Musée national de Varsovie n'en a pas voulu.

Amie de Julian Przyboś et Jan Brzękowski, elle fit partie des groupes d'artistes constructivistes « Blok », « Praesens » et « a.r. » (pour « avant-garde authentique » ou « artistes de la révolution »).

Sculptures[modifier | modifier le code]

Elle a en effet révolutionné la pensée de la sculpture. Elle s'écarte de la perception de la sculpture comme un bloc, ce qui fonde la nouveauté de son apport. Sous l'influence du constructivisme, elle rejette en matière artistique l'individualisme, le subjectivisme et l'expressionnisme, leur substituant un objectivisme radical des formes. Son but étant de réaliser des œuvres abstraites, appuyées sur les lois universelles et objectives, découvertes par le biais de l'expérimentation et de l'analyse.

À l'origine de la conception sculpturale de Katarzyna Kobro se trouve le concept abstrait d'espace infini. L'espace ainsi conçu est homogène et ne possède aucun lieu particulier, aucun point de référence (comme pourrait l'être par ex. le centre dans un système de coordonnées).

À partir de là, Kobro tend par ses travaux à construire justement cette organisation de l'espace, afin qu'il n'y ait pas dans sa répartition spatiale une rupture entre le bloc sculpté et son environnement, mais que l'œuvre coexistant avec l'espace (ou intégrée si l'on préfère) devienne plus aisée à appréhender.

De cette conception d'homogénéité de l'espace, découle, évidemment, la suppression de la notion de « centre » dans la composition, puisque chaque point de la sculpture est d'égale importance aux autres.

Collections[modifier | modifier le code]

Les œuvres[7] les plus connues de Kobro[8], préservées dans le temps ou reconstituées, nous sont parvenues comme des sculptures abstraites, suspendues ou posées sur leur socle, faites de verre, de bois et de métal peints. Elle a aussi réalisé, jusqu'à la fin de sa vie, des Nus au style formel se rapprochant du cubisme.

Les sculptures avant-gardistes de Kobro ont été présentées à l'inauguration du Museum Sztuki de Łódź en 1931. Elles sont actuellement dans la Sala Neoplastyczna[9] (la salle des néo-plasticiens) du musée.

Le Centre de Création industrielle du Musée national d’art moderne-Centre Pompidou, à Paris, a acquis deux[10],[11] des Compositions spatiales en 1985.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Henry Moore Institute, 1999, p. 30
  2. Henry Moore Institute, 1999, p. 31
  3. Henry Moore Institute, 1999, p. 32
  4. Henry Moore Institute, 1999, p. 32, ancienne photographie dans le catalogue, n° II 1. p. 140.
  5. Henry Moore Institute, 1999, p. 33
  6. Nika Strzemińska : médecin, psychiatre, écrivain. elle a participé à la ré-évaluation de l'œuvre de ses parents par ses écrits.
  7. (pl) « Katarzyna Kobro », sur kobro.art.pl (consulté le 14 mars 2016)
  8. Encyclopædia Universalis, « KATARZYNA KOBRO », sur Encyclopædia Universalis (consulté le 14 mars 2016)
  9. (pl) « Sala Neoplastyczna. Kompozycja otwarta - Muzeum Sztuki w Łodzi », sur msl.org.pl (consulté le 14 mars 2016)
  10. « Réunion des Musées Nationaux-Grand Palais - », sur www.photo.rmn.fr (consulté le 14 mars 2016)
  11. « Réunion des Musées Nationaux-Grand Palais - », sur www.photo.rmn.fr (consulté le 14 mars 2016)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Penelope Curtis, Miroslaw Borusiewicz, Jacek Ojrzynski, Ryszard Stanislawski, Nika Strzemińska - fille de l'artiste -, Zenobia Karnicka, Janina Ladowska, Janusz Zagrodzki, Ursula Grzechca-Mohr et Andrzej Turowski, Katarzyna Kobro, 1898-1951 : Henry Moore Institute, Leeds, 25 March - 27 June 1999, Leeds et Łódź, The Henry Moore Sculpture Trust, et  : Muzeum Sztuki, , 186 p., 36 cm (ISBN 1-900081-96-2 et 83-87937-03-7).
  • (pl) Nika Strzemińska, Katarzyna Kobro, Warszawa, Scholar, .
  • (pl) Nika Strzemińska, Sztuka, miłość i nienawiść. O Katarzynie Kobro i Władysławie Strzemińskim [« L'art, l'amour et la haine. Katarzyna Kobro et Władysław Strzemiński »], Warszawa, Scholar, .[édition italienne : Arte amore e odio : Katarzyna Kobro, Władysławie Strzemiński e l'avanguardia polacca. (ISBN 88-7644-209-X) et (ISBN 978-88-7644-209-4)]
  • Strzemiński, W. and Baudin, A. and Kobro, K. and Jedryka, P.M., L'Espace uniste: Écrits du constructivisme polonais, Lausanne, Éditions L'Age d'Homme, , 214 p. (ISBN 9782825122129, LCCN 79351820, lire en ligne)
    W. Strzemiński et K. Kobro théorisent leurs activités plastiques en publiant dans différentes revues polonaises. Leurs articles sont ici regroupés et traduits
  • (pl) Grzegorz Sztabiński, Dlaczego geometria? problemy współczesnej sztuki geometrycznej [« 'Pourquoi la géométrie? Problèmes des œuvres géométriques contemporaines »], Łódź, Wydawnictwo Uniwersytetu Łódzkiego, (ISBN 8-37171-729-6).

Ouvrages généraux :

  • Musée national d'art moderne (Paris), Qu'est-ce que la sculpture moderne ? : [exposition], Centre Georges-Pompidou, Musée national d'art moderne, 3 juillet-13 octobre 1986, Paris, Centre Georges-Pompidou, , 447 p. (ISBN 2-85850-333-8).
  • Musée d'art moderne de la Ville de Paris, Années 30 en Europe : le temps menaçant, 1929-1939 : exposition du 20 février au 25 mai 1997, Musée d'art moderne de la Ville de Paris, Paris, Paris-musées ; Flammarion, , 571 p. (ISBN 2-87900-323-7).

Liens externes[modifier | modifier le code]