Juan Luis Cipriani Thorne

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Juan Luis Cipriani Thorne
Image illustrative de l'article Juan Luis Cipriani Thorne
Biographie
Naissance
à Lima (Pérou)
Ordination sacerdotale pour l'Opus Dei
Cardinal de l’Église catholique
Créé
cardinal
par le
pape Jean-Paul II
Titre cardinalice Cardinal-prêtre
de S. Camillo de Lellis
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale par le
card. Juan Landazuri Ricketts
Archevêque de Lima (Pérou)
Depuis le
Précédent Augusto Vargas Alzamora
Archevêque d'Ayacucho (Pérou)
Évêque titulaire de Turuzi
Évêque auxiliaire d'Ayacucho (Pérou)

Blason
« Consummati in unum »
(it) Notice sur www.vatican.va
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org
(en) Articles sur www.cardinalrating.com

Juan Luis Cipriani Thorne, né le à Lima au Pérou, est un cardinal péruvien, membre de l'Opus Dei et archevêque de Lima depuis 1999. Il fut également critiqué par le prix Nobel Mario Vargas Llosa pour ses liens avec la dictature d'Alberto Fujimori, bien que Cipriani s'en défende.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Juan Luis Cipriani Thorne étudie au collège des marianistes et est un excellent joueur de basket-ball dans son jeune temps. Il a été joueur dans l'équipe nationale du Pérou. Il étudie le génie civil à l'Université nationale de génie du Pérou. Il œuvre dans son métier avant d'être ordonné dans la société sacerdotale de la Sainte-Croix (prêtres de l'Opus Dei) en 1977. Il obtient ensuite un doctorat en théologie à l'Université de Navarre.

Évêque[modifier | modifier le code]

En 1988, il est nommé évêque titulaire (ou in partibus) et évêque auxiliaire d'Ayacucho dans la province de Huamanga, avant de devenir archevêque de ce diocèse en 1995.

En 1996, il parvient à négocier la paix lors de la crise des otages japonais.

Il est nommé archevêque de Lima en 1999.

Cardinal[modifier | modifier le code]

Jean-Paul II le crée cardinal lors du consistoire du avec le titre de cardinal-prêtre de San Camillo de Lellis. Avec le cardinal Julián Herranz Casado, il est l'un des deux seuls cardinaux membres de l'Opus Dei. Il participe au conclave de 2005 et à celui de 2013 qui élisent respectivement les papes Benoît XVI et François.

En 2011, à l'occasion du 190e anniversaire de l'indépendance du Pérou, le cardinal prononce une homélie en la cathédrale de Lima. Il affirme : « Bien que parfois les deux concepts de Nation et de Patrie se confondent, il est nécessaire de les distinguer si nous voulons penser et procéder avec une absolue précision. La Patrie se réfère à un héritage reçu, cet ensemble de valeurs qui se transmettent d’une génération à l’autre et qui en viennent à constituer une sorte de capital que l’on partage et que l’on reçoit aussi en héritage. Le progrès ne naît pas de la destruction ou du changement systématique, et ne les exige pas non plus, parce qu’il est croissance dans la continuité. » À cette occasion, il cite le catéchisme de l’Église catholique de 1992 et la constitution pastorale Gaudium et Spes du Concile Vatican II[1].

Le 8 mars 2014, il est nommé membre pour cinq années du conseil pour l'économie du Saint-Siège[2].

Prises de position et controverses[modifier | modifier le code]

Le cardinal Thorne est connu pour sa position critique envers la théologie de la libération et envers certains groupes qu'il taxe de droit de l'hommisme[3].

Il a même qualifié d'ingénu le Préfet de la congrégation pour la Doctrine de la Foi, l'Archevêque allemand Gerhard Müller, pour avoir soutenu une rencontre entre le Pape François et le théologien Gustavo Gutiérrez [4],[5].

Avec le cardinal George Pell, il appuie la peine de mort pour les cas d'exception.

Sur les rôles du père et de la mère dans la famille chrétienne[6]:

"Dieu a mis le père à la tête des enfants et l'a rendu respectable, c'est-à-dire digne de respect; et tous nous avons vu dans notre famille que la maman s'occupe du bon fonctionnement de la maison. Ceci est le message de Dieu. Le père est l'autorité de tout le projet familial".

"La mère est celle qui modèle tout l'intérieur du foyer, l'ambiance de la maison. Elle corrige le caractère des enfants, prépare les fêtes d'anniversaire, veille à ce que les vêtements soient propres, installe les décorations et les fleurs dans les différentes pièces de la maison; elle donne les permissions aux filles et garçons pour les sorties, les avertit d'être prudents. Ceci est la tâche de la mère. Cela ne veut pas dire que le père et la mère sont égaux, mais ils ont la même dignité".

Sur les moyens de communication modernes[7]:

"Sur la question des cellulaires, combien d'infidélités, combien de foyers se rompent à cause de WhatsApp. Ce n'est pas que je sois rétrograde, mais quelqu'un doit dire la vérité. Combien de personnes sont dans WhatsApp, fabriquant l'infidélité. Rencontres équivoques avec une autre femme, avec un autre mari, le tout à travers d'un réseau plus ou moins anonyme".

Cipriani a fait l'objet de nombreuses polémiques et critiques de la part d'organisation de défense des droits de l'homme. Parmi les nombreux faits qui lui sont reprochés on peut noter :

  • son soutien et son implication supposée dans les crimes de la dictature d'Alberto Fujimori. Bien que Cipriani se défende de toute proximité avec le régime dictatorial, le prix Nobel de littérature Mario Vargas Llosa le dénonce à plusieurs reprises dans les années 2000 (Cipriani a entre-autre célébré le mariage de la fille du dictateur Fujimori)[8].
  • son refus de donner la communion aux personnes favorables à l'avortement[9] ainsi que son opposition avec divers jésuites (on note sa dispute avec le père Luis Bambarén Gastelumendi, alors président de la Conférence épiscopale péruvienne)[10].
  • selon certains adeptes de la théorie du complot : il serait impliqué indirectement divers meurtres (le Réseau Voltaire soutient qu'il aurait dirigé plusieurs massacres envers des personnalités progressistes et altermondialistes comme des membres péruviens du Mouvement des sans-terre et du Forum social mondial), mais ces faits ne sont pas avérés[11],[9].
  • toujours selon le Réseau Voltaire, il est soupçonné d'avoir commandité l'assassinat l'archevêque de Lima et cardinal Augusto Vargas Alzamora pour pouvoir prendre sa place[9],[12].
  • ses liens avec Vladimiro Montesinos, fasciste et criminel, à travers son soutient à l'amnistie accordée au groupuscule paramilitaire Grupo Colina[13].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.nd-chretiente.com/dotclear/index.php?post/2011/08/02/%C2%AB-La-Patrie%2C-c%E2%80%99est-l%E2%80%99amour-des-tombes-et-des-berceaux-%C2%BB
  2. (it) Salle de presse du Saint-Siège, « Comunicato della sala stampa della santa sede », sur press.vatican.va,‎ (consulté le 8 mars 2014)
  3. (es) L'Église catholique et les Églises évangéliques
  4. (es) [1]
  5. (es)[2]
  6. (es)Mgr Cipriani Testigos vivos de Cristo 1999 Ed. Rialp
  7. (es) [3]
  8. Joaquim Ibarz, Entrevista a Mario Vargas Llosa, escritor y ex candidato a la presidencia de Perú., La Vanguardia, Barcelone, 5 avril 2001.
  9. a, b et c Edgar González Ruiz, « L’Opus Dei au Pérou », sur Site officiel du Réseau Voltaire pour la liberté d'expression, Mexique,‎ (consulté le 24 mai 2016).
  10. (es) « Bambarén le pide a Cipriani que si no denuncia, se calle », sur Perú.21,‎ (consulté le 25 mai 2005).
  11. Jean-Yves Jézéquel, La Libération de l'Homme, vol. II, Editions Publibook, (lire en ligne), p. 79.
  12. Jean-Yves Jézéquel, La Libération de l'Homme, vol. II, Editions Publibook, (lire en ligne), p. 78.
  13. (es) Expreso y El Peruano, Pérou, Diarios, .