Journée de l'unité nationale et Journée des forces armées

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Journée de l'unité nationale et Journée des forces armées
Image illustrative de l’article Journée de l'unité nationale et Journée des forces armées
Le président Sergio Mattarella rend hommage au soldat inconnu le 4 novembre 2016 à Rome.
Le président Sergio Mattarella rend hommage au soldat inconnu le 4 novembre 2016 à Rome.

Nom officiel Giornata dell'Unità Nazionale e delle forze armate
Première célébration 4 novembre 1919
Observé par Drapeau de l'Italie Italie
Type Fête nationale
Signification Armistice entre l'Italie et l'Autriche-Hongrie, fin de la guerre de 1915-1918, unification totale du pays (le territoires du Trentin-Haut-Adige sont intégrés à l'Italie)[N 1].
Date 4 novembre
Célébrations Dépôt d'une gerbe sur la tombe du soldat inconnu à Rome et dans d'autres villes.

La Journée de l'unité nationale et Journée des forces armées[2] (en italien : Giornata dell'Unità Nazionale e delle Forze Armate est une fête nationale italienne qui a lieu le 4 novembre. Mise en place en 1919 pour commémorer la victoire italienne durant la première guerre mondiale. La fin de la guerre aboutit, par le traité de Saint-Germain-en-Laye, à la cession de ce qui est aujourd'hui la région autonome du Trentin-Haut-Adige et de Trieste, ce qui est considéré comme la fin de la quatrième guerre d'indépendance italienne (it).

La date est fixée au 4 novembre, date d'entrée en vigueur de l'armistice de Villa Giusti (signée le ) et qui met fin aux hostilités entre l'Italie et l'empire austro-hongrois[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Train utilisé pour déplacer le corps du soldat inconnu du nord-est de l'Italie au monument à Victor-Emmanuel II en 1921.

Établie en 1919, la célébration du 4 novembre est l'unique fête nationale à avoir traversée les trois phases politiques du pays: l'Italie libérale, fasciste et républicaine[4]. En 1921, à l'occasion de cette célébration, les restes du soldat inconnu sont transférés des régions de front au nord-est du pays à l'autel de la Patrie à Rome[5].

En 1922, peu après la marche sur Rome, la fête change de nom et devient la « Anniversario della Vittoria » pour assumer pleinement la dimension militaire de l'évenement. Cet anniversaire de la victoire de la première guerre mondiale s'inscrit dans le cadre de la politique du nouveau régime politique de Benito Mussolini, qui s'appuie sur le bellicisme et dont les principaux cadres sont issus de l'armée — et plus particulièrement des arditi. Il faut attendre 1949 pour que la fête du quatre novembre reprenne sa forme initiale en célébrant les forces armée et l'unité de l'Italie[4],[6].

Après le premier conflit mondial et le traité de Saint-Germain-en-Laye qui stipule l'annexion de l'actuelle région du Trentin-Haut-Adige et la ville de Trente et, dans la nouvelle région du Triveneto la ville de Trieste, l'Italie complète son unité nationale initiée avec le Risorgimento. Ces acquisitions territoriales et l'ampleur du conflit font que ce dernier est considéré comme la quatrième guerre d'indépendance italienne. Cette dénomination, bien que peu utilisée de nos jours, a perdu de l'importance.

Jusqu'en 1976, le 4 novembre est un jour férié[3]. À partir de 1977, dans un contexte d'austérité, la journée dédiée aux forces armées et à l'unité nationale est déplacée selon la loi n°54 du au premier dimanche de novembre. Ainsi, la fête n'est plus fériée et est une célébration mobile[7],[N 2],[3],[2].

Au fil du temps, dans les années 1980 et 1990, l'importance de la fête décline[3]. Il faut attendre le début du nouveau siècle et l'action de revalorisation des symboles nationaux italiens du président de la république Carlo Azeglio Ciampi pour que cette date retrouve une célébration et une diffusion plus générale en étant de nouveau fixée au 4 novembre sans pour autant être férié[8]. Elle est désormais dédiée à tous les soldats tombés au combat[9].

Contestations[modifier | modifier le code]

Durant la période de l'automne chaud, la fête des forces armées a fait l'objet de critiques de la part de plusieurs parties de l'échiquier politique[3]. Lors de ce « Mai 68 qui dura dix ans », de nombreux mouvements d'extrême gauche et de « catholiques dissidents » ont donné vie à des manifestation pour demander la reconnaissance d'un droit à l'objection de conscience pour attaquer l'institution militaire[10].

Souvent, la contestation s'est illustrée par la distribution de flyers et le collage d'affiche proche des établissements de l'armée italienne. De nombreux procès eurent lieux pour l'« offense à l'honneur et au prestige des forces armées » et pour encouragement à la désobéissance[10].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La première guerre mondiale a parfois été considéré par les italiens comme une « quatrième guerre d'indépendance »[1]
  2. Tout comme la Festa della Repubblica qui est déplacée au premier dimanche de juin.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Elena Musiani, Faire une nation. Les Italiens et l'unité (XIXᵉ-XXIᵉ siècle), Paris, Gallimard, , 368 p. (ISBN 978-2-072-74445-7)
  2. a et b (it) « Le 4 novembre approche : Journée de l'unité nationale et Journée des forces armées », sur www.difesa.it (consulté le )
  3. a b c d et e (it) « Perché il 4 novembre è festa »
  4. a et b (it) « 4 Novembre 1918. Una data da ricordare » (consulté le )
  5. (it) « Milite Ignoto nell'Enciclopedia Treccani », sur www.treccani.it (consulté le )
  6. (it) « 4 Novembre - Festa dell'Unità Nazionale e Giornata delle Forze Armate »
  7. « LEGGE 5 marzo 1977, n. 54 - Normattiva », sur www.normattiva.it (consulté le )
  8. (it) « Il significato della festa del 4 novembre », sur www.arezzonotizie.it
  9. « 4 Novembre Giorno Unita Nazionale Giornata Forze Armate - Difesa.it », sur www.difesa.it (consulté le )
  10. a et b (it) « Oggi si celebra... », sur www.teleuropa.it