Johann Matthias von der Schulenburg

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Johann Matthias von der Schulenburg
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Biographie
Naissance
Décès
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VéroneVoir et modifier les données sur Wikidata
Lieu de travail
Activité
Grand capitaine et collectionneur d'art
Fratrie
Autres informations
Distinction

Johann Matthias von der Schulenburg, ou, en français, Schulembourg[1], né le à Emden près de Magdebourg et mort le à Vérone, est grand capitaine européen honorée de la distinction de maréchal, qui s'est notamment distingué au service de la Saxe, de l'Empire et de la République de Venise au XVIIIe siècle. Il est aussi connu comme un grand collectionneur d'art.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origine et carrière militaire[modifier | modifier le code]

Johann Matthias von der Schulenburg né à Magdebourg dans le duché de Saxe-Gotha-Altenbourg, le 8 août 1661, de Gustavus Adolphus, baron von der Schulenburg et de Petronella Ottilie von Schwencke.

Enthousiasmé par les exploits de Jean Sobieski, il s'engagea en 1679 (à 18 ans) comme simple volontaire dans l’armée polonaise où il fit ses premières armes[2]. De 1687 à 1688, il passa au service de l'empereur Léopold Ier de Habsbourg pour combattre les Ottomans dans le cadre de la Societas offensivi et defensivi belli, coalition composée du Saint-Empire romain germanique, de la république des Deux Nations (Pologne, Lituanie) et de la république de Venise à l'initiative du pape Innocent XI en 1684.

Après la signature du traité de Karlowitz qui mit fin à la guerre en janvier 1799, il participa à la Grande Guerre du Nord au service de Frédéric II de Saxe-Gotha-Altenbourg qui, allié au roi Auguste II de Pologne, y affronta les troupes du roi Charles XII de Suède. Il s'y distingua particulièrement au cours de la bataille de Kliszów du 19 juillet 1702 où il parvient à sauver l'armée saxonne menacée d'anéantissement par la victoire suédoise.

A partir de 1707, il participa à la guerre de succession d'Espagne au coté du Prince Eugène, auprès de qui il combattit à la bataille d'Audenarde et à la bataille de Malplaquet.

Vainqueur de Corfou et chef des armées vénitiennes[modifier | modifier le code]

Lors de la seconde guerre de Morée (1714-1718) qui opposa la République de Venise à l'empire Ottoman d'Ahmet III, le Sénat vénitien engagea Schulenburg pour prendre le commandement de son infanterie pour laquelle elle procédait à des recrutements massifs de troupes étrangères..

La situation était alors catastrophique. La République venait de perdre la Morée qu'elle avait conquise au cours de la guerre précédente à l'issue de la brillante campagne menée par le doge Francesco Morosini. La flotte ottomane s'était emparé de la plupart des positions vénitiennes en mer Égée et menaçait alors Corfou, clef de la défense vénitienne de l'Adriatique et de ses possessions de Dalmatie, voire Venise elle-même.

Recruté en 1715, Schulenburg organisa aussitôt la défense de Corfou et dont il prit lui-même le commandement. Début juillet 1716, les Ottomans débarquèrent des forces quatre fois supérieures à la garnison vénitienne et aux milices grecques dont il disposait. Le 8 juillet 1716, le chef des troupes ottomanes entreprit le siège de la citadelle lui opposa un mois durant une résistance opiniâtre.

Dans la nuit du 17 au 18 août, les ottomans, qui redoutaient l'arrivée de renforts vénitiens et de leurs alliées, lancèrent toute leurs forces dans un assaut massif qui submergea les premières lignes de défense.

Alors que la garnison tentait difficilement d'endiguer l'assaut des remparts, Schulenburg organisa une vigoureuse sortie qui renversa la situation. Entassés dans les fossés sans possibilité de manœuvre, les premières vagues d'assaut ottomanes furent massacrées. Prises de panique les vagues suivantes refluèrent en désordre vigoureusement poursuivies par leurs adversaires. Le 20 août 1716, les Ottomans rembarquaient précipitamment sous le feu des mousquets et de l'artillerie vénitienne en abandonnant leurs blessées et une grande partie de leurs armes et de leurs bagages.

Le maréchal s'embarqua à la poursuite où il réalisa des conquêtes territoriales prometteuses sur la côte albanaise, tandis que la flotte vénitienne réorganisée reprenait l'offensive. En 1718, le ressaisissement vénitien fut interrompu, au grand dam du maréchal, par la paix de Passarowitz conclue à l'initiative des autrichiens.

La victoire de Corfou eut un grand retentissement à travers l'Europe. A Venise, l'événement fut notamment célébré par la commande à Antonio Vivaldi de l'oratorio Judith Triomphante représenté l'année même de l’événement à l'Ospedale della Pietà en présence du Doge Giovanni II Cornaro et du maréchal. Un buste et une plaque placée près de la porte des Lions de l'arsenal de Venise honorent la mémoire du maréchal.

Doté d'une pension de 5 000 ducats, Schulenburg resta à la tête des armées vénitiennes pratiquement jusqu'à sa mort. S'il ne put empêcher le déclin militaire de Venise, notamment de sa marine, sur laquelle il n'avait pas autorité, il poursuivi les réformes de son prédécesseur Adam Heinrich von Steinau et plaida infatigablement en faveur du maintien de l'effectif et du bon ordre de l'infanterie et pour l'entretien des places-fortes.

Ses liens avec les milieux impériaux (notamment avec le prince Eugène) et la famille royale anglaise (le maréchal était le frère d'Ermengarde Melusine von der Schulenburg, maitresse officielle de George 1er, duc de Brunswick-Lunebourg (Hanovre), prince-électeur du Saint-Empire romain germanique et roi de Grande-Bretagne à partir de 1714). servirent la réorientation de la politique étrangère vénitienne, dont il fut un diplomate officieux.

Collectionneur et mécène éclairé[modifier | modifier le code]

Installé dans le palais Loredan sur le Grand Canal, Schulenburg s'affirma comme un grand amateur d'art à l'instar du duc Frédéric II de Saxe-Gotha-Altenbourg avec lequel il avait combattu.

En 1724, sa collection s'enrichit considérablement par l'achat de celle du duc Charles III Ferdinand de Mantoue,qui comprenait quatre-vingt-huit tableaux, dont des œuvres du Caravage, Corrège, Giorgione, et Giovanni Benedetto Castiglione, et un bas-relief par Pierre Puget.

Mécène, il s'adjoignit les services du peintre Francesco Simonini à qui il commanda des scènes de batailles et soutint Gianantonio Guardi, frère de Francesco Guardi, à qui il commanda notamment de nombreux portraits qui s’ajoutèrent aux chefs d’œuvres des artistes vénitiens, tels que Paolo Veronese et Tintoretto, qui ornaient son palais. De 1733 à 1738, il employa Giovanni Battista Pittoni comme consultant et restaurateur et à qui il commanda des peintures historique, et Giovanni Battista Piazzetta qu'il chargea d’acquérir des œuvres flamandes et qui a réalisé un inventaire de sa collection en 1739.

On doit au maréchal la commande d’œuvres de divers artistes, dont Bernardo Bellotto et Canaletto qui ont notamment peint une vue de Corfou, lieu de sa grande victoire. Son portrait a été peint par Bartolomeo Nazari, Giuseppe Nogari, Giacomo Ceruti, Gianantonio Guardi, Francesco Simonini et Giovanni Battista Piazzetta et sculpté par Antonio Corradini.

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Cf. Voltaire, Histoire de Charles XII, Bâle, Christian Revis, .
  2. Louis Gabriel Michaud,, Biographie universelle ancienne et moderne, t. 38., Paris, p. 456

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Alice Binion, Grove Art Online (ISBN 9781884446054, lire en ligne).
  • Pierre Daru, Histoire de la République de Venise, Paris, R. Laffont, 2004
  • (en) J.D.Links, Canaletto and his patrons, 1977, p. 62.
  • (en) Vernon J. Parry, M. A. Cook, A History of the Ottoman Empire to 1730: chapters from the Cambridge history, Cambridge University Press, 1976, p. 210.
  • Filippo Pedrocco, Visions of Venice: paintings of the 18th century, 2002, p. 153-154, 180.
  • (en) Filippo Pedrocco, Susan Scott, Venetian views, 2002, p. 136.
  • Zorzi, Alvise, La République du Lion, Paris, Payot, 1996.

Roman[modifier | modifier le code]

  • Sibyl von der Schulenburg, Per Cristo e Venezia, Padoue, Il Prato, 2015

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]