Jeannie de Clarens

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Clarens et Rousseau.
Jeannie de Clarens
Jeannie Rousseau (de Clarens).jpg

Jeannie de Clarens vers 1940.

Titre de noblesse
Vicomtesse (d)
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 98 ans)
MontaiguVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Jeannie Yvonne Ghislaine RousseauVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonyme
AmniarixVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Résistante, traductriceVoir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Membre de
Conflit
Distinctions

Jeannie de Clarens, née Rousseau le à Saint-Brieuc (Côtes-du-Nord) et morte le [1],[2] à Montaigu (Vendée), est une résistante déportée, membre du réseau Alliance.

Elle était grand officier de la Légion d'honneur, et titulaire de la médaille de la Résistance et de l'Agency Seal Medal décernée par la CIA.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Après la Première Guerre mondiale dans laquelle il a combattu, son père, Jean Rousseau, a été haut fonctionnaire au ministère des Affaires étrangères pour lequel il a effectué de nombreux voyages au Proche-Orient. Ce qui explique probablement que sa fille parle plusieurs langues dont couramment l'allemand.

Formation[modifier | modifier le code]

Après de brillantes études, elle a obtenu un diplôme de science politique.

Résistance[modifier | modifier le code]

R. V. Jones, R. James Woolsey et Jeannie de Clarens en 1993.

En mai 1940, après la débâcle Paris se vide et son père décide de quitter la capitale occupée. Il emmène son épouse et sa fille unique à Dinard. Le maire de la ville, ami de ses parents, la sollicite pour un travail d'interprète afin de faciliter les négociations entre les services locaux et les autorités allemandes. Walther von Reichenau, commandant de la 6e armée y a installé son Quartier général.
Dès cette époque, elle communique toutes les informations qui peuvent être utiles pour connaître les projets et les préparatifs de l'occupant.
En 1941, soupçonnée, elle est arrêtée par la Gestapo et emprisonnée à la prison de Rennes. Elle est relâchée par manque de preuves mais est contrainte de quitter la région. De retour à Paris fin 1941, Jeannie devient secrétaire dans un bureau de relations publiques, chargée de faire le lien entre l’occupant et les industriels français. En 1942, elle est recrutée par Georges Lamarque,« Pétrel » dans le « réseau Alliance » qui dirige le réseau de renseignement « Les Druides » et qui sera fusillé par les Allemands en 1945. Son nom de code dans le réseau est Amniarix[3].

C’est pourtant elle qui a réalisé un des plus grands exploits du réseau « Alliance ». Ayant réussi à être engagée dans un organisme professionnel d’entente entre le patronat français et les services allemands à la recherche de fournisseurs, elle a réussi à accumuler de nombreuses informations sur les « armes secrètes » (V1 et V2) mises au point par les Allemands à Peenemünde. Le rapport très précis et détaillé qu’elle transmet en 1943 décide les Britanniques à bombarder la base de Peenemünde. Le bombardement effectué le 18 août 1943 avec près de 600 avions fit d’énormes dégâts et tua plus de 500 techniciens et experts retardant ainsi de plusieurs mois les attaques de V2 sur l’Angleterre.
Le général de Gaulle qualifiera le réseau Alliance de « l'un des premiers et plus importants services de renseignements sous l'Occupation »[4],[5],[6],[7]

Déportation[modifier | modifier le code]

Elle est arrêtée à La Roche-Derrien le 28 avril 1944 en compagnie de Le Bitous, Jacques Collard, François Margeau. Emprisonnée et interrogée à la prison Jacques Cartier de Rennes, elle est déportée de Pantin le 21 août 1944 vers le KL Ravensbrück (matricule 57661). Son parcours : Torgau, une usine de munitions et d’explosifs, Königsberg. Elle est rapatriée par la Croix-Rouge de Ravensbrück en avril 1945.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. lefigaro.fr, « Décès de l'ancienne résistante Jeannie de Clarens », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  2. (en) « Jeannie Rousseau de Clarens, Valiant World War II Spy, Dies at 98 », sur The New York Times, (consulté le 29 août 2017)
  3. Les vétérinaires morts pour la France pendant la guerre de 1939-1945, dans le Bulletin de la Société française d'histoire de la médecine et des sciences vétérinaires, octobre 2010.
  4. Dossier de liquidation du réseau, conservé au Service historique de la Défense à Vincennes sous la cote 17 p. 72 (DIMI)
  5. « Amniarix, "The Reluctant Spy." », sur www.tournemire.net (consulté le 25 août 2017)
  6. L'arche de Noë. Marie-madeleine Fourcade, 1968, p. 567-568
  7. (en) « Honoring Two World War II Heroes — Central Intelligence Agency », sur www.cia.gov (consulté le 25 août 2017)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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interception sur France Inter "Jeannie dans la gueule du loup" du 6 juin 2004