Jean Reyssier

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Jean Reyssier
Illustration.
Fonctions
Maire de Châlons-en-Champagne
Député à l'Assemblée Nationale
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Châlons-sur-Marne
Date de décès (à 81 ans)
Nationalité Française
Parti politique PCF
Conjoint Madelaine Large
Enfants 2
Résidence Marne

Jean Reyssier, né le 31 mai 1922 à Châlons-sur-Marne (auj. Châlons-en-Champagne) et mort le 7 octobre 2003, est un homme politique français.

Ses obsèques qui se tiennent dans sa ville natale le 12 octobre, sont suivies par une foule imposante.

Origines et débuts politiques[modifier | modifier le code]

Jean Reyssier entre aux chemins de fer alors qu'il a 14 ans[1] comme élève-bureau.

Pendant l'occupation allemande, il œuvre dans la Résistance en tant que cheminot. Mais son principal projet est de rejoindre la Grande-Bretagne pour revenir combattre l'occupant nazi. Pour ce faire, il prend contact avec un groupe résistant début 1943 ; pour le voyage il se procure de faux papiers et prend l'identité de Jean Delgée, étudiant censé habiter Charleville-Mézières. Malheureusement, ce groupe de résistants ardennais fut démantelé, ses membres arrêtés et le projet ne put se réaliser. Malgré cela, il continuera son action de résistance jusqu'à la libération.

En 1944, il adhère à la CGT des cheminots où il deviendra rapidement délégué. Dans la même période, sur le plan politique et local, il devient l'un des principaux militants local au sein du PCF.

Il est élu conseiller municipal de Châlons-sur-Marne de 1953 à 1959[1]. Il fait alors partie de la commission des finances et du contentieux, ainsi que la commission de la famille et de l'enfance. Cependant, ses interventions débordent largement de ces deux domaines et notamment sur la création des transports urbains.

Maire de Châlons-sur-Marne (aujourd'hui Châlons-en-Champagne)[modifier | modifier le code]

Il conduit la liste d'Union de la Gauche et des Démocrates et devient maire de Châlons-sur-Marne le 18 mars 1977 avec 58,01 % des voix[2].

Il sera également Président de District et siègera au conseil régional de Champagne-Ardenne en tant que représentant de la ville.

Réélu maire en 1983, avec 51 % des voix dans un contexte politique national difficile pour la gauche, puis en 1989, avec environ 52 % des suffrages au deuxième tour[3].

Sous sa mandature, le quartier Saint-Dominique est réhabilité, construction de la maison des syndicats (qui porte désormais son nom) avec en son centre une salle polyvalente de 300 places dénommée Fernand Pelloutier, d'un palais des sports, d'un nouveau Centre de Secours Principal de Sapeurs-pompiers, de la crèche Louise Michel, de la salle de spectacle Pierre Dac[4] (La Comète-Scène nationale), du musée Schiller et Goethe (fermé par son successeur fin 2008). Dans le domaine de l'éducation il fait construire plusieurs établissements ; la bibliothèque Diderot, accueille le Centre national des arts du cirque et rénove les conservatoires de musique et danse[4].

Il instaure l'offre d'un dictionnaire à chaque élève châlonnais entrant en 6e, cette pratique n'est plus d'actualité.

Il milite pour la réconciliation franco-allemande et favorise le jumelage de la cité champenoise avec Neuss. Les habitants de cette ville allemande furent impressionnés par « son amitié et son humanité » écrivit le maire de Neuss, Herbert Napp.

Il fait également signé un traité d'amitié avec la ville Est-Allemande (RDA) Wittenberge, cette amitié est toujours en vigueur à ce jour.

Il est maire quand, la ville qui souffre d'un défit d'image entame les démarches pour reprendre le nom historique de Châlons-en-Champagne. Le projet, dont l'idée revient notamment au le conseiller municipal Roger Canard, est soutenu par un consensus au conseil municipal et une majorité des châlonnais. Il aboutira après la fin de son mandat[5].

Jean Reyssier est devancé par Bruno Bourg-Broc au premier des élections municipales de 1995[6]. Au second tour, il est battu avec 42,61 % contre 57,39 % face à son rival RPR[7].

Député de la Marne[modifier | modifier le code]

Lors des élections législatives de 1962, il se présente dans la 3e circonscription de la Marne[1], regroupant l'Est du département dont la préfecture.

Il est élu député de la Marne en 1986, à la faveur du nouveau mode de scrutin proportionnel. A l'Assemblée Nationale, il vote notamment contre les textes sur les licenciements et contre l'Acte unique européen[8]. Son mandat prend fin en 1988[9].

Le scrutin par circonscription est rétabli en 1988 et il se présente dans la 4e de la Marne, à laquelle appartient Châlons. Il arrive en tête de la gauche au premier tour avec 23,8 % des suffrages[10], mais s'incline au second. En 1993, il est à nouveau candidat. Malgré un score de 13,61 % sur la circonscription, loin derrière le député Bourg-Broc à 41,27 %, il accède au second tour. Il est battu avec 37,03 % des voix contre 62,97 %[11].

Conseiller général[modifier | modifier le code]

Il est élu conseiller général du canton de Châlons-sur-Marne en 1964, puis du canton de Châlons-3 de 1973 à 1994.

Décoration[modifier | modifier le code]

Le 17 juin 2000, le ministre des Transports, Jean-Claude Gayssot, remet à Jean Reyssier l'insigne de Chevalier de la Légion d'honneur.

Milieu associatif[modifier | modifier le code]

Après sa disparition, une association a été créée « Les Amis de Jean Reyssier », elle regroupe des personnalités politiques, des syndicalistes, des proches ayant connu Jean Reyssier et qui sont chargés de faire vivre sa mémoire.

Une biographie a été réalisée et éditée en novembre 2008 reprenant les moments importants qui ont marqué sa vie : "Un parcours militant exceptionnel".

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c « Profession de foi de Jean Reyssier – Elections Législatives du 18 novembre 1962 », sur Chalons-en-champagne-51000.com (consulté le 15 janvier 2014)
  2. « Élections municipales : La gauche l'emporte nettement », L'Union, no 9957,‎ , p. 1
  3. « Dossier spécial municipales 1995 », sur Le Point (consulté le 15 janvier 2014)
  4. a et b « Séance publique du Conseil municipal : dénomination de la maison des syndicats », sur site de la commune de Châlons-en-Champagne, (consulté le 14 janvier 2014)
  5. Fabrice Minuel, « Il y a 15 ans, Châlons changeait de nom », L'Union,‎ (lire en ligne)
  6. François Wenz-Dumas et Pascal Virot, « Le PCF entame son capital municipal. Plusieurs bastions communistes sont menacés dimanche prochain », Libération,‎ (lire en ligne)
  7. « Municipales : Les villes de plus de 100.000 habitants », Les Échos, no 16921,‎ (lire en ligne)
  8. Jean Morawski, « Jean Reyssier : la chasse à l'abstention », L'Humanité,‎ (lire en ligne)
  9. « Fiche de Jean Reyssier », sur Assemblée nationale (consulté le 15 janvier 2014)
  10. Jérôme Jaffré, « La revanche des notables », Le Nouvel Observateur,‎ , p. 51 (lire en ligne)
  11. Ministère de l'Intérieur, Résultats des élections législatives de 1993, document à télécharger sur data.gouv.fr (consulté le 15 janvier 2014).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]