Jean-Louis Scherrer

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Jean-Louis Scherrer
Naissance
Paris
Décès (à 78 ans)
Paris 15e
Nationalité Française
Profession
Distinctions

Jean-Louis Scherrer, né le à Paris et mort dans cette ville le (à 78 ans)[1], est un créateur de mode de haute couture français. Il fait ses débuts chez Dior avant de monter sa propre marque et d'en faire un temple du chic parisien dans les années 1980[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean Louis Scherrer était le fils du docteur Pierre Scherrer, médecin psychiatre, directeur de l'Hôpital Psychiatrique d'Auxerre.

Désirant devenir danseur professionnel, Jean-Louis Scherrer suit les cours du Conservatoire National de Paris, mais il est victime d'une chute qui l’oblige à changer de projet.

Poussé par sa mère, il se tourne alors vers la haute couture.

Devenu styliste à 21 ans, après l'obtention d'un diplôme de la Chambre syndicale de la Haute Couture parisienne, il entre chez Dior en 1956. Après la mort du couturier Christian Dior, il travaille avec Yves Saint Laurent, puis avec Louis Féraud.

En 1962, Il décide d'ouvrir sa propre maison de couture au 182, rue du Faubourg-Saint-Honoré. Il expose sa première collection (ses robes de cocktails fauves, à pois ou fleuris) dans une cave à vins. Dix ans plus tard, il s’installe au 51 avenue Montaigne et tente la création dans le prêt-à-porter[3].

Sept ans plus tard, il impose sa marque au Japon et celle-ci fait un triomphe[3].

En 1971, il réalise son rêve, en ouvrant une boutique avenue Montaigne. Le lieu devient un haut-lieu du milieu branché parisien. Il reçoit l'appellation « haute couture ».

En 1979, le styliste se lance dans la création de parfums : Jean-Louis Scherrer, suivi de Scherrer 2, et Nuits indiennes. Il inaugure sa ligne de fourrures. Parallèlement, il se diversifie avec la collection de différents accessoires : lunettes, chaussures et cravates[3].

En 1980, il reçoit le Dé d'or de la Haute couture parisienne pour sa collection « Russe » qui est un succès international[réf. nécessaire].

En 1989, la maison compte 160 personnes. Selon Stéphane Rolland, couturier et directeur artistique de la griffe de 1997 à 2007, « Jean-Louis Scherrer est un couturier emblématique des années 1980. C'est l'une des premières maisons à avoir aussi bien marché à ce moment-là. Ça a été une énorme maison[3] ».

Il vend une première fois son entreprise et son nom à des américains, puis rachète celle-ci pour un franc symbolique[4]. Au début des années 1990, Jean-Louis Scherrer décide de céder une seconde fois son entreprise, à un groupe japonais nommé Seibu[5] ; celui-ci le licencie[6] quelque temps après et confie le management et la direction à Jean-Claude Cathalan, l'époux de Hiroko Matsumoto[7]. Il s'agit de la première maison de haute couture à perdre son créateur originel ; suivront Guy Laroche, Givenchy

En 1994, la première collection au nom de Jean Louis Scherrer sans Jean-Louis Scherrer, par Erik Mortensen qui l'a remplacé, reçoit le Dé d'or de la haute couture parisienne.

En 1997, la création des accessoires et de la ligne de prêt-à-porter est déléguée à Stéphane Rolland. Deux ans plus tard, il lance une nouvelle ligne de prêt-à-porter masculin. La reprise de la direction artistique par celui-ci jusqu'en 2006 achèvera définitivement la marque en la reléguant au passé, ce, malgré une reprise fulgurante de Bouchra Jarrar et de Michel Harcourt.

En 2000, la maison Scherrer[n 1] ouvre sa première boutique à Pékin en Chine. Christian Clerc qui a été son directeur pendant quinze ans a largement contribué à sa renommée mondiale, en étant successivement son directeur commercial, directeur des licences, et enfin directeur général.

Au début des années 2000, la marque et l'entreprise Jean-Louis Scherrer sont rachetées à la holding STEFA/EK Finances par le groupe Duménil.

La maison cesse son activité haute couture en juillet 2007[8] puis ferme en 2008, sous le regard consterné de Jean-Louis Scherrer. Néanmoins, Aoyama commercialise une collection de montures optiques et solaires du nom de la marque qui s'adresse à la femme et à l'homme.

En 2011, la société JSB International, spécialisée dans le luxe accessible depuis plus de 30 ans, rachète la griffe, et souhaite lui donner un souffle nouveau d'après son PDG Bruno Bensoussan.

Le groupe JSB International annonce qu'une boutique Jean-Louis Scherrer ouvrira rue du Faubourg Saint-Honoré en Avril 2014[réf. souhaitée], la où, 30 ans plus tôt, le créateur avait ouvert son premier magasin.

La maison Jean-Louis Scherrer fait usage de codes bien précis au cours de son existence, le léopard, la jupe à pois, les épaules marquées et la taille écrasée, un style très graphique découlant de la passion du couturier pour l'époque Bauhaus.

Les clientes les plus célèbres sont Françoise Sagan, Anne-Aymone Giscard d'Estaing, la princesse Paola de Belgique, Raquel Welch, Claudia Cardinale, Jackie Kennedy, Michèle Morgan parmi d'autres[3].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Jean-Louis Scherrer, est promu officier de la Légion d'Honneur en 2008 par le président Nicolas Sarkozy.

Il est divorcé de Laurence Laetitia Coëffin, est le père de deux filles, Laeticia Scherrer (ex-mannequin[3]), et Léonnore Scherrer . Il meurt dans la Maison Jeanne Garnier dans le 15e arrondissement de Paris, et est incinéré au cimetière du Père-Lachaise.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La maison Scherrer est propriété (depuis juin 1997, date de sa cession par le groupe Seibu) de la holding STEFA/EK Finances, fondée sur la griffe Emmanuelle Khanh, à laquelle ont été ajoutées celles de Jacques Fath, et des chaussures Harel

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Décès du couturier Jean-Louis Scherrer », sur lefigaro.fr,‎
  2. Reuters, « La haute couture, un artisanat à la croisée des chemins », sur lepoint.fr, Le Point,‎ (consulté le 15 juillet 2012)
  3. a, b, c, d, e et f AFP, « Grand nom de la couture française, Jean-Louis Scherrer est décédé », sur http://www.liberation.fr,‎ (consulté le 20 juin 2013)
  4. Jacques Mouclier, Haute couture, Jacques-Marie Laffont,‎ , 270 p. (ISBN 2-84928-052-6), « À la hauteur d'une réputation », p. 89 à 91
  5. Jacques Mouclier, Haute couture, Jacques-Marie Laffont,‎ , 270 p. (ISBN 2-84928-052-6), « Jamais satisfait », p. 93 à 95
    Jacques Mouclier consacre, dans son autobiographie, deux chapitres aux déboires de Jean-Louis Scherrer.
  6. Mylène Dagouat, « Ainsi chuta Jean-Louis Scherrer », sur lexpress.fr,‎
  7. Témoignage de Jean-Claude Cathalan sous le titre « Une démarche très systématique », dans Jean-Pierre Thiollet et Marie-Françoise Guignard, L'Anti-Crise, Dunod, Paris, 1994, pp.26-28
  8. http://www.lepoint.fr/actualites/2007-07-02/la-haute-couture-un-artisanat-a-la-croisee-des-chemins/1037/0/190665

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]