Jean-Baptiste Bô

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Jean-Baptiste Bô
Fonctions
Député de l'Aveyron

(1 an et 16 jours)
Gouvernement Assemblée législative
Député de l'Aveyron

(3 ans, 1 mois et 21 jours)
Gouvernement Convention nationale
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Mur-de-Barrez (Rouergue)
Date de décès (à 71 ans)
Lieu de décès Fontainebleau (Seine-et-Marne)
Nationalité Drapeau de la France Française
Parti politique Gauche
Montagne
Profession Médecin
députés de l'Aveyron

Jean-Baptiste Bô, né à Mur-de-Barrez (Rouergue) le et mort à Fontainebleau le est un homme politique français, député de la Convention nationale, accusateur public du département de l'Aveyron.

Biographie[modifier | modifier le code]

Vie pré-révolutionnaire[modifier | modifier le code]

Jean-Baptiste est d'origine bourgeoise, il est le fils de Josph Bô, sieur de Laussignac, avocat en parlement, maire de Mur-de-Barrez, et d'Agnès de Martres.

Il est d'abord militaire[réf. nécessaire] avant de se lancer dans des études de médecine. Le , il est reçu docteur par l'Université de Montpellier puis il s'établit dans sa région d'origine.

En 1773, il fait un riche mariage à Aurillac avec Marie-Françoise de Passefons de Carbonat (1753-1788), fille de Pierre de Passefons, seigneur de Carbonat, premier consul (maire) d'Aurillac, et de Marie-Hélène Lerou de Fraissinet, qui lui donne deux enfants mariés: Antoine et Marie-Hélène Bô de Laussignac.

Avec la Révolution, il se place à la tête du mouvement patriote de son pays natal. En 1790, il est élu procureur-syndic du district de Mur-de-Barrez.

Mandat à la Législative[modifier | modifier le code]

Le , Bô est élu député de l'Aveyron à l'Assemblée législative, avec 249 voix sur 407 votants. Révolutionnaire avancé, il siège avec la gauche. Au cours de ce mandat il se consacre surtout aux questions militaires et présente devant ses collègues un rapport sur l'état des armes existantes dans les magasins du royaume.

Bô conventionnel[modifier | modifier le code]

Le député Montagnard[modifier | modifier le code]

En 1792 Bô soutient la chute de la royauté puis est facilement réélu par son département à la Convention, avec 335 voix sur 495 votants. Son républicanisme intransigeant le porte tout naturellement sur les bancs de la Montagne. Au procès du roi, il vote pour la mort du roi, contre l'appel au peuple et contre le sursis.

Son activité parlementaire se concentre sur les questions d'éducation. Il entre ainsi en 1793 au comité d'instruction publique.

Les missions[modifier | modifier le code]

Mais c'est surtout en tant que représentant en mission que Bô va se forger une réputation. Envoyé en mission en Corse, il est arrêté à Toulon par des royalistes marseillais et enfermé pendant trois mois dans la cité phocéenne. Il est finalement libéré lors de la reprise de la ville par le général Carteaux le .

Bô est aussitôt renvoyé en mission dans le Nord-Est, où il réprime des troubles dans les Ardennes, puis dans l'Aube et la Marne. Il y fait de grandes réquisitions d'argenterie et transforme la cathédrale de Reims en magasin de fourrages. Il repart ensuite pour le Midi et s'installe dans le Cantal, le Lot et son Aveyron natal. Il y fait preuve d'une grande rigueur révolutionnaire et prend des mesures contre des fonctionnaires suspects à Aurillac, ce qui lui vaut de subir une tentative d'assassinat. En mars 1794, soutenant une motion de la société populaire de Cahors, il ordonne la démolition des clochers, mesure qui n'est pas appliquée. De plus il demande que les prêtres, qualifiés d'oisifs, soient employés aux travaux des champs.

Au printemps 1794 Bô est envoyé avec Bourbotte dans la Loire-Inférieure et en Vendée, où ils succèdent au fameux Carrier. En thermidor, il intercepte depuis Nantes une lettre de Fouché à sa sœur, dans laquelle le député nantais évoque à mots couverts le complot se préparant contre Robespierre. Bô écrit à l'Incorruptible pour lui révéler l'affaire et l'engager à éliminer Fouché sur le champ, mais sa lettre arrive trop à tard à Paris.

La réaction thermidorienne et l'arrestation[modifier | modifier le code]

Après la chute de Robespierre, Bô reste sur les bancs de la Montagne. Toutefois il fait preuve de modération et en janvier 1795 n'approuve pas la mise en place de nouvelles sanctions contre ses ravisseurs marseillais. Il s'apprête à partir pour une nouvelle mission auprès de l'armée des Pyrénées lorsque la réaction thermidorienne rattrape cet ancien robespierriste. Le 22 thermidor an III () il est dénoncé par Genissieu pour avoir peuplé la commission révolutionnaire d'Aurillac de prétendus royalistes. Tallien et d'autres réactionnaires obtiennent sa mise en accusation, ainsi que celles d'autres députés montagnards dont Fouché.

Fin de vie[modifier | modifier le code]

Amnistié à la séparation de la Convention, fin octobre 1795, Bô abandonne la vie politique. Sans fortune, il accepte en 1799 le poste de chef du bureau des émigrés au ministère de la Police dirigé par... Fouché. Il perd sa place après le 18 brumaire et s'installe à Fontainebleau pour pratiquer la médecine. En 1811, il publie une topographie médicale de sa ville de résidence.

Il décède en 1814 à l'âge de soixante-et-onze ans.

Source[modifier | modifier le code]