Jacques Dauer

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Jacques Dauer
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Jacques Dauer (1926-2008) est un homme politique et journaliste français lié au gaullisme.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et engagement gaulliste[modifier | modifier le code]

Fils de l'imprimeur Edmond Dauer, petit-fils de Léon Dauer, Jacques Dauer est né le 20 janvier 1926. Il est d'ascendance alsacienne et corrézienne. Il commença son activité politique par des actes de résistance isolés avant de s'engager dans l'Armée française de la Libération, au 1er bataillon de choc. Il codirigea le "RPF jeunes" avec Pierre Lefranc, époque à laquelle il rencontra à plusieurs reprises le général de Gaulle, connut Michel Debré et André Malraux. Pendant la traversée du désert du général, il continua à servir la propagande gaulliste, alors que le RPF avait été dissout. Il prit part, notamment, au combat contre la Communauté européenne de défense. En 1959, il publia avec son ami Michel Rodet Le 13 mai sans complots[1], qui restera, selon Odile Rudelle, historienne du gaullisme, comme l'un des témoignages capitaux sur le déroulement du retour du général de Gaulle au pouvoir.

Le Mouvement pour la communauté[modifier | modifier le code]

Quelques années après, il fonda le Mouvement pour la communauté (1959-1962), qui avait pour objectif de défendre la politique algérienne du général de Gaulle, et dont certains membres se mêlèrent aux activités para-policières des barbouzes[2]. Ils furent démentis aussitôt par Jacques Dauer dans un communiqué de presse. Il est aidé dans cette tâche de contrer l'OAS à Alger, par Lucien Bitterlin[3]. Au cours de la lutte civile entre gaullistes et OAS, Dauer reçut de nombreuses menaces. Il peut toutefois disposer de moyens élevés fournis par la métropole[4].

Dauer finit par mettre fin à ce mouvement, et publia avec Michel Rodet Les orphelins du gaullisme (1962). Indéfectiblement liés à celui qu'ils appelaient 'le Général', ils n'émettent pas moins des réserves à l'égard du parti gaulliste officiel et vis-à-vis de tendances qu'ils jugeaient trop droitières à l'intérieur du gaullisme. C'est ainsi qu'ils prirent rang auprès des gaullistes de gauche, tout près de Léo Hamon, Philippe Dechartre et de René Capitant. Le duo Dauer/Rodet fonda ensuite le Front du Progrès (en 1964), où se retrouvèrent d'autres militants gaullistes comme Jean-Claude Brouart, Henri Vinatier, Philippe Lévy et Étienne Tarride. Hostile au 'dulcipompisme' (allusion à la politique de Georges Pompidou), Jacques Dauer soutint énergiquement la candidature de Jacques Chaban-Delmas, notamment au nom des idées sociales du gaullisme et du projet de participation, au centre de ses articles, de ses conférences et de ses revendications. Notons que depuis la création du RPF, Dauer exerçait parallèlement son métier d'imprimeur. Cette profession, dont il exalta la beauté et dont il défendit les prérogatives, lui donna la connaissance du monde de l'entreprise : cette expérience bénéficia à ses idées sociales et professionnelles. Par la suite, Jacques Dauer s'investit dans la politique locale, sans être jamais élu. Il travailla notamment à la formation des maires et conseillers municipaux au sein du MNEL (Mouvement national des élus locaux, dont il fut le président pour la Seine-et-Marne) après avoir réfléchi aux conditions de cette formation dès 1963, au Front du progrès. Ce souci fait de Dauer un précurseur. Il entra au RPR en 1980, où il côtoya Jacques Chirac, Bernard Pons, Michèle Alliot-Marie, Robert-André Vivien et Charles Pasqua. Il se détacha pourtant du RPR, jugé trop peu gaulliste et trop peu social[5]. En 1991, Jacques Dauer fit campagne contre le traité de Maastricht. En 1995, il apporta néanmoins son soutien à Jacques Chirac, qu'il critiqua par la suite parce qu'il enterrait le gaullisme.

Pendant une quinzaine d'années, Jacques Dauer anima 'Radio Arc-en-Ciel', où il accueillit et interrogea nombre d'écrivains, d'hommes politiques, et de journalistes, de Claude Michelet, Denis Tillinac et Richard Millet à Max Gallo, Raymond Triboulet, Marie-France Garaud, Pierre Messmer et Michel Debré, et de Philippe Tesson à Bernard Violet. Doué d'une grande culture historique (qui lui valut l'estime amicale de Pierre Chaunu et de Lucien Jerphagnon), Dauer s'est également intéressé aux questions religieuses, en luttant notamment pour l'autorisation de la messe en latin.

Dans les années 1998 à 2008, il prit part au courant souverainiste avec d'autres gaullistes comme Paul-Marie Coûteaux. En 1999, il signe pour s'opposer à la guerre en Serbie la pétition « Les Européens veulent la paix »[6], initiée par le collectif Non à la guerre[7]. Au sein de l'Académie du gaullisme, qu'il créa en 1994, puis qu'il présida de 1998 à sa mort[8], il organisa de nombreux dîners-débats à l'association des Français Libres, publia une 'Lettre de Jacques Dauer' transformée en 'Lettre de l'Académie du gaullisme'. Les derniers textes de Dauer éreintent Nicolas Sarkozy. Il est l'un des fondateurs, en 1997, de l'Alliance pour la souveraineté de la France, avec Francis Choisel et Bernard Chalumeau.

Il meurt le .

Références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Dauer et Michel Rodet : Le 13 mai sans complots (Ed. de la Pensée moderne, 1959)
  • Jacques Dauer et Michel Rodet : Les orphelins du gaullisme (Ed. Julliard, 1962).
  • Jacques Dauer (en collaboration avec Philippe Lévy et S. Giocanti) : Une France vivante dans une Europe libre (Albatros, 1991).
  • Jacques Dauer : Les matéologiens, du gaullisme à la langue de bois (Artefact, 1987).
  • Jacques Dauer : Sombritude, 1993 (roman préfacé par Pierre Chaunu ; Albatros).
  • Jacques Dauer (préf. Jean Charlot), Le hussard du général : entretiens avec Stéphane Giocanti, Paris, Table ronde, , 288 p. (ISBN 978-2710306184).
  • Christophe Le Dréau, "L’Alliance pour la souveraineté de la France et l’émergence du militantisme souverainiste (1997-2002)", Cahiers de l'IRICE, no 4, 2009.
  • Who'swho

Note : les Archives Jacques Dauer sont déposées au Centre d'histoire contemporaine de l'Institut d'études politiques de Paris.