Jérôme Cavalli

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Jérôme Cavalli
Naissance
Lapeyrouse-Mornay (Drôme)
Décès (à 37 ans)
Thélepte, Tunisie
Mort au combat
Origine Drapeau de la France France
Arme Roundel of France.svg Aéronautique militaire
Grade sous-lieutenant
Conflits Seconde Guerre mondiale
Autres fonctions pilote d'essai

Jérôme Cavalli, né le à Lapeyrouse-Mornay (Drôme)[1] et mort pour la France le à Thélepte dans le sud de la Tunisie, était un aviateur français. Il fut un célèbre pilote d'essai, et un des meilleurs spécialistes de haute voltige aérienne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Jérôme Cavalli est le fils de Bortolo Cavalli et de Marie Joséphine Duc, dont le mariage a été célébré le à Aouste (Drôme). A l'époque, Bortolo Cavalli demeurait à Omblèze (Drôme) où il exerçait le métier de terrassier. Plus tard, Bortolo Cavalli achète une propriété à Coublevie (Isère), près de Voiron, au Lieu-dit « la Dalmassière, » où il s'installe avec sa famille et exerce son métier d'entrepreneur de travaux publics. Il a tracé plusieurs routes dans le département et autour de Voiron. Il est appelé sous les drapeaux en 1914[2].

Le , Marie Joséphine Cavalli (née Duc) décède à Voiron. Quatre ans plus tard, Bortolo Cavalli décède le à Coublevie. A cette époque, Jérôme a 15 ans. Il aidait déjà son père souffrant depuis 2 ans. Il termine les chantiers en cours, avant d'être recueilli dans la famille du côté de sa mère, pendant quelques années à Omblèze. L'idée de devenir aviateur lui est venue en voyant passer des avions alors qu’il gardait des moutons dans le massif du Vercors. Quelque temps plus tard, il alla vivre chez une autre tante de côté de son père, à Pennes-le-Sec (Drôme)[2].

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

En mai 1924, il intègre l'école des pilotes de Chalon-sur-Saône où il obtint une bourse de pilotage. Il est breveté pilote le . Il n'a alors que 19 ans. Après un stage de perfectionnement sur la base aérienne 125 Istres-Le Tubé, il est affecté le comme sergent pilote à la 6ème escadrille de chasse (escadrille des Sioux) du 35° Régiment d'Aviation à Lyon-Bron. Il y restera jusqu'en 1930[2].

Pendant son séjour à l'armée, il fut recordman des jours d'arrêt de rigueur pour indiscipline aérienne (tonneaux, looping, passage à très basse altitude en plein gaz, acrobaties, etc.) bref, tout ce qui est interdit par le règlement.

Le , il doit sauter de son avion en feu à 1 600 mètres d'altitude. Il tombe en chute libre de 1 200 mètres avant de réussir à déclencher l'ouverture de son parachute.

En 1929 et 1930 il participe au Meeting de Vincennes[2].

Carrière civile[modifier | modifier le code]

En 1930, il est remarqué par le constructeur Gourdou-Leseurre, qui le choisit pour présenter et réceptionner, en Turquie, plusieurs modèles d'un nouvel avion de chasse construit par la firme. Cavalli se fait très vite apprécier par ses qualités indéniables de pilote, et en particulier de pilote d'acrobatie.

En 1931, Jérôme Cavalli quitte l'armée de l'air[1] et entre chez Gourdou-Lesseure (il est engagé le ) pour assumer les délicates fonctions de pilote d'essai et devenir par la suite chef pilote de la firme. C'est désormais à Cavalli qu'incombe la tâche de mettre au point les prototypes d’avions terrestres et d’hydravions conçus par l'avionneur. Il est l'un des premiers à essayer le bombardement en piqué. Il participe aux premiers essais de train d'atterrissage rentrant conçu par Jean Leseurre.

Charles Gourdou possède une propriété dans le nord du Cher, à Argent-sur-Sauldre. Jérôme Cavalli vient régulièrement se poser dans un simple champ au beau milieu de cette propriété. Dans cette zone rurale peu habitée, il effectue des essais de largage de torpilles factices, à la grande joie des enfants des villages voisins[3].

En même temps Jérôme Cavalli peut donner libre cours à sa virtuosité. Bien que disposant d’un matériel peu adapté à ce genre de travail, il participe néanmoins, chaque année, à nombre de meetings et voit sa réputation croître très vite. Il devient, au fil du temps, l'un des meilleurs spécialistes de la Haute Ecole aérienne et des vols inversés. Plus tard, il disposera d'un avion spécialement équipé pour la voltige. Jusque-là, sa virtuosité n'avait retenu l'attention que des quelques initiés du Centre d'essais en vol de Villacoublay et de ses anciens camarades de Lyon-Bron. Son exhibition acrobatique de mai 1932 à Orly fut une révélation pour le grand public. Les journaux spécialisés et quotidiens ne manquent pas de souligner l'évènement.

En Juillet 1933, il figure brillamment au concours international de Lyon. L'année suivante, en mai 1934 à Rennes, dans la Coupe de France, il se classe second, derrière Michel Détroyat. Deux mois plus tard, il est classé 5e à la Coupe du Monde qui se déroule à Vincennes en juillet 1934. En août 1935 à Biarritz, au cours d’un match jugé par le public, il l’emporte sur Michel Détroyat.

En 1936, il effectue un grand nombre de démonstrations de bombardements en piqué sur Gourdou-Leseurre. La même année, il participe aux Jeux Olympiques de Berlin pour une démonstration acrobatique et voltige aérienne.

Le , lors d’un meeting aérien au polygone de Vincennes, il participe à un match aérien entré dans l’histoire de l’aviation sous le nom de « carré d’as ». Louis Massotte est surnommé par la presse « l'as de coeur », il est opposé à René Paulhan (« l'as de trèfle »), qui gagne le concours; Marcel Doret (« l'as de pique ») et Jérôme Cavalli (« l'as de carreau ») qui termine second dans les deux manches du concours[1].

Il participe à plus de 100 meetings en France et à l’étranger. Au Portugal, il est décoré de l’ordre du Christ du Portugal.

En 1938 il est sacré champion de France d’acrobatie aérienne au meeting de Saint-Germain-en-Laye. Parmi les compétiteurs, il y avait le Tchèque Novak, l’Allemand Gerhard Fieseler et bien d’autres grands noms de l’aviation[2].

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

En 1940 il entre au SCLAM (Section Civile des Liaisons Aériennes Métropolitaines), mais il n’est pas affecté à la ligne, il réceptionne des avions à Toulouse.

Début 1941, il est recherché par les Allemands. Sa tête est mise à prix. Il quitte la France pour le Maroc et tente de rejoindre la Grande-Bretagne via Gibraltar, mais sa tentative échoue. Il reste en Afrique du NordAlger) où il s'engage comme pilote de ligne au SGLA. A cette époque, les Alliés n'ont pas encore débarqué et, pour la petite histoire, on lui mettait très peu d'essence dans son avion pour éviter qu'il fuie en territoire britannique[2].

Jérôme Cavalli attendait impatiemment le moment de pouvoir faire enfin quelque chose d'utile pour un pays. Il voulait se battre. Il en trouve l'occasion avec l'arrivée des Alliés en Algérie en novembre 1942. Il s'engage comme pilote de chasse dans une unité combattante ré-équipée par les Américains : le fameux Groupe de chasse Lafayette (aujourd’hui basé à Luxeuil) comprenant deux escadrilles, celles des Sioux et celle des Cigognes. Jérôme Cavalli retrouvait l'insigne de son ancienne escadrille du 35ème régiment de Lyon Bron : une tête d'indien. Suit un entrainement intensifs et une familiarisation (en moins de quinze jours) au pilotage du Curtiss P-40 Warhawk, leur nouveau chasseur américain[2].

Le , le groupe Lafayette, commandé par Constantin Rozanoff, arrive sur le terrain de Thélepte dans le sud tunisien avec seulement une dizaine d'appareils. Thélèpte, situé dans la région de Tozeur, était l'un des terrains les plus importants utilisés par l'aviation américaine, sur un vaste plateau au sol sec et dur, situé à 800 m d'altitude entre les cols de Kasserine au nord et de Fériana au sud. Le , Cavalli est nommé sous-lieutenant[1] avec remise de son nouvel insigne d'escadrille[2]. Jérome Cavalli est tué le au cours d'un bombardement du terrain par des Messerschmitt Bf 109 de la Luftwaffe[1]. Il n'a pas eu le temps de mettre ses talents de pilote au service de la chasse française et de son pays comme il l'avait tant voulu. Ses camarades d'escadrille ont dit de lui : « Les Allemands l'ont tué au sol, jamais ils ne l'auraient atteint en vol. »[2].

Il est inhumé à Coublevie (Isère)[4].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f et g Bernard Marck, Dictionnaire universel de l'aviation, Tallandier, , 1129 p. (ISBN 2-84734-060-2), p. 196-197.
  2. a b c d e f g h i et j « Biographie », sur association "En envol avec Jérome CAVALLI", (consulté le 8 mars 2018).
  3. François Dabin, L'Aéro-club d'Aubigny : Un aéro-club comme beaucoup d'autres, Editions Publibook, , 186 p. (ISBN 978-2-342-01283-5, lire en ligne), p. 26-27.
  4. Marcel Catillon, Qui était qui ? : Mémorial de l'aéronautique tome 2, Nouvelles Editions Latines, , 220 p. (ISBN 978-2-7233-2053-5, lire en ligne), p. 44.
  5. Marc Bonas et Claude Dannau, « Jérôme Cavalli », sur Aérosteles, lieux de mémoire aéronautique, (consulté le 9 mars 2018).
  6. « Place Jérome Cavalli, Coublevie » (consulté le 9 mars 2018).
  7. « Une place Jérôme Cavalli à Coublevie (38) », sur association "En envol avec Jérome CAVALLI" (consulté le 9 mars 2018).
  8. « La place Jérôme Cavalli à Lapeyrouse-Mornay (26) », sur association "En envol avec Jérome CAVALLI" (consulté le 9 mars 2018).
  9. « Le discours d'inauguration prononcé par Madame le Maire de Valence Vendredi 21 avril, 11 heures pour l'inauguration de la rue Jérôme Cavalli, au lotissement "Les Portes du Vercors". », sur association "En envol avec Jérome CAVALLI" (consulté le 9 mars 2018).
  10. « Rue Jérôme-Cavalli », sur ledauphine.com, (consulté le 9 mars 2018).
  11. « Col Jérôme Cavalli : 842 m depuis Combovin » (consulté le 9 mars 2018).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bernard Marck, Dictionnaire universel de l'aviation, Tallandier, , 1129 p. (ISBN 2-84734-060-2), p. 196-197.
  • Marcel Catillon, Qui était qui ? : Mémorial de l'aéronautique tome 2, Nouvelles Editions Latines, , 220 p. (ISBN 978-2-7233-2053-5, lire en ligne), p. 44.